Cambodge

ATHLÉTISME - Véronique Messina, toujours plus vite de Siem Reap au désert de Gobi

Orthophoniste française installée à Phnom Penh depuis 2012, Véronique Messina accompagne ses patients, pour la plupart francophones, dans la correction de troubles d’apprentissage et de handicaps (tels les dysorthographies, les bégaiements, les troubles du raisonnement logique). Elle est également une athlète accomplie. Sa forme physique et mentale, associée à un entraînement régulier et bien évidemment une vie saine, la pousse à repousser sans cesse ses propres limites. 

En trois ans, depuis qu’elle s’entraîne régulièrement et qu’elle "travaille moins pour courir plus", Véronique a participé à plus de 23 courses, finissant pour la plupart du temps sur le podium. Elle est en effet arrivée 1ère féminine sur 13 courses, parmi lesquelles le semi-marathon de Phnom Penh qu’elle a remporté à trois reprises (2013, 2014 et 2015) mais aussi, sur des "multi day" et des distances bien plus longues, les courses Global Limits au Bhutan (200 km en 6 jours) et au Sri Lanka (210 km en 6 jours) et, dernièrement, l’ultra marathon du désert de Gobi (400 km en 5 jours). 

Une simple paire de baskets pour se sentir libre

Véronique Messina a sa façon bien à elle de voyager et de voir du pays. Si possible loin du goudron, des grandes routes et de la pollution et en ne jurant bien souvent que par ses baskets. Stimulée par ses dernières performances, elle s’est lancée en octobre dernier dans un tout autre challenge sportif aussi ambitieux que complètement fou : celui de participer à l’ultra-trail du désert de Gobi, une course particulièrement intense de 400 km entre les montagnes de l’Altaï, la steppe de Mongolie, le plateau tibétain et la plaine du Nord de la Chine. 400 km parcourus à pied en 5 jours, rien que ça, "un défi inaccessible" avant qu’elle ne décide de le relever. "Une course exceptionnelle, toute en démesure" où elle n’a cessé, concentrée sur ses objectifs, de se surprendre elle-même, gérant de jour comme de nuit l’effort, le rythme, les temps de pause, de sommeil (lorsque son cerveau stimulé par l’intensité de la course l’autorisait à dormir) et en évitant bien évidemment de se blesser. 

Dans le désert de Gobi en octobre dernier, Véronique a couru, marché, accéléré, ralenti, rebroussé chemin en s’accordant quelques courtes pauses, par exemple pour visiter des cavernes troglodytes abritant des bouddhas de plus de 2000 ans… Loin des grandes lignes droites goudronnées, elle s’est confrontée à des cours d’eau asséchés, des dunes de sable, des larges canyons abrupts et labyrinthiques, des plateaux rocailleux, des rivières et bien d’autres dénivelés. Mais aussi à des meutes de loups sauvages, histoire de la motiver un peu à prendre ses jambes à son cou et à accélérer le pas. Quand on parle de course à pied, chaque seconde compte, le chronomètre est en effet particulièrement intransigeant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui compte, c’est le mental 

Véronique a conscience que dès lors qu’elle parle de ses ultra-marathons, les quelques novices que compte son entourage peinent à croire que ce soit possible. Certains lui demandent même s’il lui arrive de se mettre à transpirer… Elle-même n’y croyait pas trop lorsqu’elle s’est lancée au Cambodge, pour la première fois, sur une distance de 128 km, abandonnée au 106ème kilomètre, vaincue par la fatigue, la démotivation de son rythme bien trop lent et par la nuit tombante. "Pour les ultras, ce qui compte, c’est le mental" explique-t-elle aujourd’hui, revenant sur cette course où elle ne disposait que de 28h maximum pour franchir la ligne d’arrivée. Véronique apprend à chaque course, développant autant son mental, ses performances et sa stratégie de course que sa capacité de récupération.

Sa journée-type ? Véronique se lève chaque jour à 5h du matin et s’entraîne environ 2h dans les rues de Phnom Penh sur 15 à 25 km, puis se recouche avant d’attaquer sa journée de travail. Elle se remet à courir le soir si elle finit plus tôt et ajoute à son emploi du temps de la musculation pour renforcer les abdominaux et le dos, ainsi que des séances de yoga deux fois par semaine. Côté alimentation et hygiène de vie, rien de bien strict, Véronique mange beaucoup de fruits et de légumes, évite de manger gras, consomme peu de protéines animales, ne boit pas d’alcool, se couche tôt, "sans vie sociale nocturne".

Propos recueillis par Nimith Chheng, mardi 20 décembre 2016

(www.lepetitjournal.com/cambodge

 

 

 
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