Cambodge

RUGBY - Une reconnaissance mondiale pour l’ONG Kampuchea Balopp

Ce lundi à Londres sera remis le "Rhino Grass Roots Trophy", un prestigieux prix qui récompense les meilleures actions et organisations contribuant au développement du rugby à travers le monde. Parmi les lauréats 2016, Kampuchea Balopp, une ONG franco-cambodgienne. À l’occasion de cet évènement, lepetitjournal.com Cambodge est allé à la rencontre de l’un de ses co-fondateurs, Jean-Baptiste Suberbie. 

Rugby fille Kampuchea Balopp

En arrivant à Phnom Penh en 2011, Jean-Baptiste Suberbie, fondu de rugby depuis son plus jeune âge, prend très vite conscience des potentialités de son sport au Cambodge. Il réalise notamment que le sport en général est absent des programmes d’enseignement, que la population est incroyablement jeune, et que les enfants ne vont bien souvent à l’école qu’une demi-journée par jour et qu’ils sont donc disponibles le reste du temps. Des atouts auxquels s’ajoutent, selon lui, le tempérament naturel des enfants cambodgiens, leur soif de sport, leur énergie et leur incroyable volonté. Après un court passage à la Fédération, il rencontre Nicolas Olivry, un autre passionné du ballon ovale, et c’est ensemble qu’ils décident de fonder Kampuchea Balopp, afin d’offrir l’opportunité aux enfants cambodgiens de découvrir le rugby et bien plus encore.

Le rugby, "la plus belle école pour construire la confiance, apprendre la solidarité, et faire face à l’adversité"

Depuis 2012, Kampuchea Balopp déploie ainsi toutes ses forces pour poursuivre les deux axes principaux de son action : donner accès au sport, et utiliser ce sport comme outil. Un outil pour construire et développer la mixité sociale, pour permettre l’intégration des handicapés, pour promouvoir l’égalité filles-garçons et, plus généralement, pour faire passer des messages éducatifs forts. En d’autres mots, l’éducation par le sport et, tant qu’à faire, par le rugby qui représente à ses yeux "la plus belle école pour construire la confiance, apprendre la solidarité, et faire face à l’adversité".

 Avec maintenant plusieurs années d’activité, Kampuchea Balopp peut se féliciter d’avoir rempli ses premiers objectifs. : ce sont en effet aujourd’hui entre 600 et 800 enfants qui jouent au rugby toutes les semaines dans les écoles et les ONG grâce son action. Sept entraineurs à temps plein ont été formés ou sont en train de l’être (formation certifiée par World Rugby). Ce métier proposé à plusieurs jeunes en situation d’échec scolaire constitue d’ailleurs à ce jour la plus grande fierté de Jean-Baptiste.

Kampuchea Balopp, une ONG plus que jamais dans la mêlée 

Kampuchea Balopp, qui ne compte pas s’arrêter là, multiplie les actions et les partenariats pour aller encore plus loin. Côté équipement, le premier terrain de rugby synthétique du Cambodge a été récemment inauguré. Un projet rendu possible grâce aux appuis conjoints de PSE (Pour un Sourire d’Enfant) qui a mis à disposition un de ses terrains et de la fondation Decathlon qui en a financé la construction. 

Côté compétition, l’ONG envoyait en juillet une délégation de joueurs pour participer à un tournoi international à Hong Kong. Parmi eux, des enfants de PSE, d’Enfants d’Asie, du lycée Descartes, de l’ONG Taramana, et aussi deux jeunes sourds. Une sélection symbole de la mixité et de l’intégration que Kampuchea Balopp souhaite promouvoir. 

Côté formation, des éducateurs sont actuellement formés à de nouvelles disciplines afin de devenir des professeurs de sport polyvalents, notamment auprès des enfants sourds et aveugles. Pour ce projet, ce sont cette fois l’UNICEF, Australian Aid et l’association Krousar Thmey qui se sont mobilisés à ses côtés.

Avec un ensemble de résultats plus qu’encourageants, Kampuchea Balopp poursuit une nouvelle ambition qui devrait se concrétiser dans un avenir proche : celle de ne plus se cantonner au rugby pour devenir une association d’accès au(x) sport(s). L’objectif : faire pratiquer trois sports dans l’année dans différentes écoles et ONG (13 à ce jour), à raison d’une ou deux heures de pratique hebdomadaire. Côté événement enfin, les “Kampuchea Balopp Days”, journées de rencontres entre toutes les écoles et ONG participant au dispositif, ne cessent de se démultiplier. La prochaine journée est prévue le dimanche 11 décembre sur les terrains de l’ISPP (International School of Phnom Penh), une date à noter dans les agendas pour tous ceux et celles qui souhaitent venir les encourager.

Autant de projets qui valent déjà à Kampuchea Balopp une réelle reconnaissance au niveau local, de l’ensemble de ses partenaires et bénéficiaires. La nomination dans le cadre du "Rhino Grass Roots Trophy" sonnerait comme la consécration  à l’échelle mondiale de ce travail mené avec passion depuis quatre années au Cambodge. Si le jury de Londres devait finalement lui préférer un autre lauréat parmi la "short list" établie pour la "World Rugby Conference and Exhibition" (Pologne, Georgie, USA, Angleterre), nul doute que l’ONG parviendra facilement à se consoler. Elle peut aujourd’hui d’ores et déjà se féliciter de compter parmi les plus importantes ONG permettant aux enfants défavorisés de pratiquer le rugby. Bien au-delà des titres, Kampuchea Balopp entend bien continuer à former des éducateurs, à favoriser l’insertion professionnelle à des jeunes, et d’offrir le sport (et tellement plus que ça !) à des centaines d’enfants cambodgiens.

Philippe Bonamy


(www.lepetitjournal.com/cambodge)

 
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