Cambodge

CHRISTINE OCKRENT - Comment fonctionne le métier de journaliste aujourd’hui ?

 

 

 

Lepetitjournal.com a rencontré Christine Ockrent, un nom du journalisme qui a marqué toute une génération et dont la réputation n’est plus à faire. Sa carrière en télévision, radio et presse écrite lui permet d’avoir une véritable expertise et réflexion sur le monde des médias et les nombreux bouleversements auxquels il doit faire face. Pendant son séjour au Cambodge, elle a accepté de nous accorder cette sympathique interview.

Quelle est votre réflexion sur les médias et sur le métier de journaliste ?

C’est un métier en évolution constante, en pleine mutation sous la pression des avancées de la technologie. Les outils dont disposent aujourd’hui les journalistes modifient aussi le rythme de travail. Quant aux groupes médias, leurs modèles économiques sont bouleversés par Internet.

Aviez-vous pressenti le bouleversement de la profession avec l’arrivée du numérique ?

L’ai-je pressenti ? Non mais je me suis efforcée de l’accompagner ! Quand j’animais le journal télévisé, il y avait beaucoup moins de satellites, beaucoup moins de possibilités de direct. L’accélération a été énorme. En reportage, les moyens de tournage et de diffusion étaient beaucoup plus lourds. En télévision, en presse écrite, en radio j’ai essayé, au fur à mesure, de m’adapter à toutes ces innovations.

J’anime, en ce moment, sur France Culture une émission hebdomadaire « Affaires Étrangères » consacrée à la géopolitique et à l’actualité internationale. La diffusion via Internet, par podcast, démultiplie l’audience de la radio et de cette émission en particulier. Dès qu’il y a accès à l’internet, on peut travailler partout avec une grande souplesse et un champ infini de sources.

Les journalistes sont des personnes souvent décriées, en lesquelles les gens n’ont pas toujours confiance. Qu’en pensez-vous ?

Rien de neuf sous le soleil ! J’ai toujours entendu dire du mal des journalistes ! La critique est d’autant plus facile car il y a toutes sortes de journalistes - de la même manière qu’il y a toutes sortes de médecins, d’avocats, d’enseignants…

Cette critique constante du journaliste est une dimension normale dans une démocratie comme la France. A chacun de faire son choix et d’accorder sa confiance à tel ou tel média, ou à telle ou telle signature ! Personne ne vous oblige à lire un journal que vous trouvez malhonnête ou à regarder une émission télé à laquelle vous n’accordez aucun crédit. Il y a une telle abondance, une telle diversité des sources de l’information que c’est à chacun d’assumer ses choix.

Il y a justement de nombreux supports en ligne se présentant comme de nouveaux médias mais qui diffusent des informations erronées. À votre avis, comment lutter contre ce phénomène ?

C’est un problème très difficile et de plus en plus préoccupant. On a pu le vérifier lors de la campagne présidentielle aux États-Unis ou encore lors du referendum sur le Brexit en Grande-Bretagne. Sur les réseaux sociaux, il y a de très bonnes choses, mais aussi le pire, qu’il s’agisse de théories complotistes ou tout simplement de fausses informations, de la propagande destinée à tromper le lecteur ou le spectateur. Je suis persuadée qu’il faut apprendre aux jeunes qui sont, par définition, les plus gros consommateurs d’Internet à choisir convenablement, à discerner et toujours vérifier les sources de ce qu’ils découvrent. C’est un apprentissage comme un autre, et il devient impératif.

Quelle est votre réflexion sur ce phénomène qui pousse de gros groupes industriels à acheter plusieurs journaux ? Y-a-t’il un risque d’autocensure ?

Les modèles économiques des médias sont en plein bouleversement et il y a des mouvements de concentration. L’implication des milieux d’affaires n’est pas nouvelle. En France par exemple, entre les deux Guerres Mondiales, les principaux journaux appartenaient à de grands groupes industriels surnommés « le Comité des Forges ». Je ne souscris pas à cette équation qui voudrait que l’appartenance de tel ou tel média à un grand groupe aboutit forcément à une forme de censure. Dans une démocratie comme la nôtre, la diversité et la concurrence l’emportent – aux journalistes de prouver qu’ils méritent leur indépendance et la confiance de leurs lecteurs.

Leïla Pelletier (www.lepetitjournal.com/cambodge) mardi 4 avril 2017

 
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