Cambodge

SANTÉ - Au Cambodge, les antibiotiques, ça ne devrait pas être automatique !

 

Dans les pays occidentaux, l’usage abusif ou erroné des antibiotiques générant des souches de bactéries résistantes est aujourd’hui un réel problème, défini comme une des plus grandes menaces de Santé Publique par l’Organisation Mondiale de la Santé. Sans action, on estime que la résistance aux antibiotiques pourrait être responsable de 10 millions de décès par an d'ici 2050, soit plus que le cancer aujourd'hui, et coûter jusqu'à 100.000 milliards de dollars à l'économie mondiale.

La résistance aux antibiotiques se définit par la capacité d’une bactérie à supporter des concentrations supérieures à celles utilisées en thérapeutique. Globalement, la résistance aux antibiotiques résulte d'une évolution par sélection naturelle. Lorsque les antibiotiques sont prescrits de façon inappropriée (posologie inadaptée, durée du traitement trop courte), les bactéries s’adaptent et peuvent devenir résistantes, elles continuent à se reproduire, en transmettant à leur descendance leurs gènes de résistance, ce qui produit rapidement une génération de bactéries résistantes. Certaines émergences peuvent aboutir à des impasses thérapeutiques ou à des situations dramatiques dans le traitement de certaines infections graves, véritable casse-tête pour les infectiologues et l’industrie pharmaceutique, qui se battent au quotidien dans une course contre la montre pour enrayer l’antibiorésistance. Malheureusement, très peu de nouveaux antibiotiques sont en cours de développement ou de mise sur le marché.

En Asie, l’ampleur du phénomène est sans précédent. Au Cambodge, Les docteurs Alexandra Kerléguer et Agathe de Lauzanne, qui travaillent à l’Institut Pasteur du Cambodge, le confirment : plusieurs études menées à l’Institut ont décelé de forts taux de résistance de certaines bactéries pouvant être responsables d’infections sévères (Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli, Staphylococcus aureus…). 

Touchant d’abord le milieu hospitalier, le développement de germes résistants a également affecté la médecine de ville. Les professionnels de santé s’en inquiètent également, d’autant que le contexte local favorise significativement l’émergence de ces résistances : faible revenu / niveau d'hygiène, surpopulation des villes, prescriptions inadéquates ou mauvaise utilisation, auto-médication, contrefaçon des antibiotiques, etc…

Evidemment, il parait impossible de tout vouloir révolutionner en même temps, mais de simples mesures de bon sens permettraient de limiter l’extension de l’antibiorésistance.

1°) Les antibiotiques ne sont pas nécessaires systématiquement

- Un antibiotique est un produit actif sur les bactéries. Selon son mode d’action, variable en fonction des familles d’antibiotiques, il ne sera actif que sur un certain nombre d’espèces de bactéries (ce qui détermine son spectre d’action). Leur utilité est indéniable, et sans eux, de nombreuses infections bactériennes seraient mortelles. Cependant, certaines pathologies courantes rencontrées en ville, rhume, pharyngite, laryngite ou encore certaines angines, sont souvent d’origine virale, et les antibiotiques ne seront d’aucune utilité pour la guérison.

- Un antibiotique ne fait pas baisser la température, il n’est d’aucun recours en cas de fièvre isolée.

2°) Les antibiotiques doivent être utilisés de façon appropriée

- Votre médecin va vous prescrire un antibiotique lorsque cela est nécessaire, il est important de respecter la durée du traitement et la posologie.

- Il ne faut pas acheter d’antibiotiques de sa propre initiative

- Il ne faut pas partager les antibiotiques prescrits avec d’autres personnes même s’ils présentent les mêmes symptômes ou utiliser des antibiotiques restant à la maison

- Toujours acheter les antibiotiques auprès de pharmacies fiables, en évitant les officines locales ouvertes sur la rue, vendant les médicaments au comprimé, sans traçabilité, ni conservation adéquate. Les chaînes de pharmacie à l’occidentale, approvisionnées par des fournisseurs reconnus, sont aujourd’hui la meilleure garantie pour éviter de tomber sur de faux médicaments, et donc de préserver sa santé.

 

Avec l’aimable participation de l’Institut Pasteur du Cambodge. (www.lepetitjournal.com/cambodge) jeudi 16 mars 2017

 

 

 

 
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