Cambodge

ENTRETIEN – Alain Gascuel, journaliste émérite et passionné du Cambodge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est autour d’un petit déjeuner que Lepetitjournal.com s’est entretenu avec le journaliste Alain Gascuel, célèbre éditeur de la revue « Cambodge Nouveau » dont il a assuré la production pendant 20 ans. Son dynamisme et sa verve font de lui un personnage incontournable de la communauté francophone. Il a accepté de partager, avec nous, son expérience ainsi que ses nouveaux projets. Une rencontre qui donne le goût et l’envie d’entreprendre à tout moment et à tout âge.

Depuis combien de temps êtes-vous installé au Cambodge ?

Cela fait déjà 22 ans ! Je travaillais, avant, comme pigiste en France quand j’ai rencontré un couple, lui français et elle cambodgienne. Ils m’ont convaincu de venir m’installer au Cambodge. Il s’agissait de Jean-Jacques Galabru et du Dr. Pung Chhiv Kek. Nous nous connaissions déjà depuis quelques temps, ils m’ont demandé de rejoindre la LICADHO pour faire un journal sur les droits de l’Homme qui s’est appelé « La Voix du Cambodge ». Nous avons réalisé ensemble 5 numéros pendant un peu plus d’un an puis le journal s’est arrêté car ce n’était plus une vocation essentielle à la LICADHO.

Racontez-nous votre aventure « Cambodge Nouveau ».

Après « La Voix du Cambodge », je me suis lancé dans une autre aventure, celle de « Cambodge Nouveau » pendant 20 ans. Il y a eu énormément de tentatives de journaux ici qui n’ont pas réussi, qui n’ont pas marché alors je suis heureux d’avoir duré si longtemps ! J’ai reçu beaucoup de soutien tant de la hiérarchie cambodgienne que de la communauté francophone. Tout le monde était motivé, de bonne volonté et investi dans mon projet.

Le journal, composé des rubriques politique, économie, finance et culture, paraissait uniquement en français, ce qui réduisait le lectorat. Je voulais proposer un créneau haut de gamme au niveau de l’information. J’ai pu obtenir de nombreuses interviews de gens responsables, de ministres, de chefs d’entreprises, de professionnels de l’opinion politique. Malgré tout, le journal était équilibré, restait neutre, objectif et non pro-gouvernemental. Le tirage n’a jamais dépassé 1000 exemplaires pourtant le journal a tout de même rencontré un grand succès, en particulier au sein de la communauté business et francophone.

Comme journaliste, j’ai trouvé cette expérience passionnante ! Cependant j’étais seul à m’occuper de tout et j’ai, au bout de 20 ans, décidé d’arrêter la production.

Dans quels projets êtes-vous impliqué à présent ?

Je me suis aperçu, en vivant au Cambodge, qu’il y avait certains vides à combler, notamment pour des personnes qui veulent s’aventurer en province. J’ai donc voulu créer un guide et une carte touristique du Cambodge. C’est un projet que j’ai entrepris avec Stéphane Masse.

Un des nombreux attraits du Cambodge est qu’il y a de la place pour les gens qui entreprennent et inventent quelque chose.

J’ai également eu la chance de rencontrer le cartographe du ministère des Travaux Publics et des Transports, Mao Phanarith, maintenant à la retraite. C’était un travail de grande précision parfois difficile car les villageois ne s’entendaient pas toujours sur le nom et l’orthographe de leur village.

Cela marche plutôt bien, on vient de me commander 70 nouveaux exemplaires de la carte ! Le guide « Road and Tourism Atlas » est au prix de 15$ et quant à la carte pliante « Map of Cambodia, Phnom Penh & other cities », elle coûte 8$.

Que pensez-vous du Cambodge aujourd’hui ?

C’est un pays passionnant, j’ai vu à quel point il s’est développé dans tous les domaines, l’électricité, le drainage, les services fiscaux, la médecine, la chirurgie, l’agriculture, l’éducation, etc.

Le Royaume continue à s’ouvrir sur le monde. Je pense que l’éducation y fait beaucoup. Un exemple qui me donne beaucoup d’espoir est celui de ma petite fille de 12 ans, Iris, cent pour cent khmère. Elle étudie le khmer dans une école de quartier, l’anglais dans une autre et prend des cours de français à l’IFC. Elle se donne à fond et est d’ailleurs une des meilleures élèves de sa classe.

Quant à la francophonie, si l’on veut que la langue française soit connue et reconnue au Cambodge, il faudrait pouvoir créer une émission à la télévision cambodgienne qui a un grand impact sur la population. Cependant les moyens financiers ne sont pas forcément là.

Un dernier petit mot à ajouter ?

Bonne chance pour Lepetitjournal.com ! 

Leïla Pelletier (www.lepetitjournal.com/cambodge) mardi 18 avril 2017

 
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