CAMBODGE/PORTRAIT - Avec Asia Motion, Isabelle capte l'avenir

Rencontre avec Isabelle Lesser. Photographe de talent, cette jeune Belge de 31 ans s’est fait un nom dans le monde de la photographie cambodgienne en lançant Asia Motion l'année dernière. Isabelle participe d’ailleurs au festival de photojournalisme de Perpignan début septembre. L’occasion pour elle de faire connaitre son agence à l’étranger.

Le parcours d’Isabelle dans la photographie, n’était pourtant pas tracé d’avance. C’est au cours d’un voyage en Israël à l’âge de 18 ans, qu’est née sa passion pour cet art. A l’époque, la jeune femme ne sait pas très bien ce qu’elle veut faire de sa vie. Durant son temps libre, elle photographie Jérusalem et devient vite accro à la photo. Sa décision est prise : elle sera photographe.

Un parcours et des expériences polymorphes 
S’ensuit alors, une période de formation, la jeune femme multiplie les expériences. Elle se forme dans une école de journalisme à Bruxelles, aux beaux arts et à la polytechnique de Londres. C’est durant ses études, qu’elle commence à exposer ses photos dans les galeries. Un stage à l’AFP lui est très utile, plus en terme de conseil que d’expérience : "la seule femme de l’agence m’a conseillée de partir à l’étranger pour faire de la photographie. Elle pensait que dans un autre pays, je pourrais plus facilement me faire connaitre." Ce conseil lui est également prodiguée par un individu qu’elle rencontre lors d'un stage à la Libre Belgique. Il lui recommande de partir au Cambodge, pays qu’il connait grâce à une amie qui y vit. Isabelle n’a jamais mis les pieds en Asie mais décide de tenter sa chance. Elle se rend au pays des Khmers en 2003. Sur place, l’artiste trouve facilement du travail. Après avoir travaillé pour un orphelinat, elle devient photographe officielle de plusieurs journaux et agences de presse dont le Phnom Penh Post, l’AFP et le Cambodian Daily.

C’est durant cette période qu’Isabelle se forme véritablement au photojournalisme : "j’ai rencontré des professionnels qui m’ont appris les bases du photojournalisme. De vraies pointures qui étaient là dans les années 1990 et qui m’ont tout enseignée."

Naissance express mais raisonnée d’Asia Motion
En septembre 2008, cela fait cinq ans que la jeune Belge est installée dans le Royaume. Comme tous les ans, elle retourne en Belgique pour les vacances. Mais à la différence des autres années, la rentrée ne s’annonce pas palpitante : "je n’avais pas de projets ou de travail prévu à mon retour au Cambodge. C’est pourquoi, j’ai eu l’idée de créer une agence de photographes."

Plusieurs motivations poussent alors Isabelle. Elle souhaite réunir les meilleurs photographes du Cambodge et développer une structure polyvalente et de qualité : "je ne voulais pas faire un 'stock photos' comme il y en a tant, mais quelque chose de solide, qui sorte de l’ordinaire." Par ailleurs, Isabelle veut repartir en Israël tout en laissant sa marque dans le royaume : "Lorsque j’ai créé Asia Motion, je souhaitais partir du Cambodge. Inconsciemment, j’ai crée l’agence pour y garder un pied". Et c’est ainsi que débute l’aventure d’Asia Motion. En trois mois, Isabelle met en place une agence de photographes, aidée dans cette tâche par sa mère et quelques amis. A peine créée, l’agence participe au premier Phnom Penh festival en novembre.

Dès ses débuts, la structure rencontre un franc succès, facilement explicable. Sa ligne de conduite est claire : fournir des photographies de qualité et de tous types. Pour ce faire, les neuf photographes de l’agence n’ont pas été choisis au hasard, chacun cultive sa spécialité. Photographies d’art, sociales - une des spécialités d’Isabelle - ou politiques, tous les genres sont à Asia Motion, comme le confirme Isabelle : "A nous tous, on sait tout faire, on est très bons."  Si le succès est au rendez vous, c’est également pour la qualité des images des photographes d’Asia Motion : "les photos racontent des histoires, tentent de susciter des émotions, une réaction chez celui qui les regarde."

L’agence est donc en passe de devenir l’une des plus réputées du cambodge. le rêve d’Isabelle est d’en faire un pôle de référence : "dans cinq ans , j’espère que nous serons mondialement connus et que mes photographes seront reconnus dans le monde entier" Cela semble en tout cas bien parti. A terme, la jeune artiste, espère développer sa structure hors d’Asie et notamment au Proche Orient. Le parcours d'Isabelle est la preuve formelle qu’un conseil avisé peut changer une vie. La jeune femme est consciente de sa chance : "le Cambodge m’a donnée l’opportunité de réussir et de tester mes limites, je lui dois tout."

Texte et Photo Julie Philippe (LePetitJournal.com Cambodge) vendredi 21 août 2009

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