STREET ART – Fonki, un graffeur entre style khmer et montréalais

Après le passage de Seth à Phnom Penh, c'est au tour du jeune graffeur d'origine khmère, Fonki, de laisser sa trace sur les murs de la capitale. Avec l'aide de Rithy Panh rencontré lors d'une conférence sur le Cambodge à Montréal, l'artiste revient au Royaume réaliser un documentaire sur le Street Art et la culture cambodgienne. Il se rend vite compte du potentiel de la capitale et les projets de graffitis fusent dans sa tête. Pour lui, "redonner une vie à un mur, c'est redonner une vie à la ville", même si les autorités ne sont pas forcément du même avis.

"Je vois mon art comme je me vois moi-même : en constant mouvement et évolution", explique le graffeur Fonki, étudiant en cinéma animation à l'Université Concordia de Montréal. C'est la quatrième fois que le jeune artiste séjourne au Cambodge, mais cette fois-ci, il est venu sans sa famille et dans le but d'améliorer son niveau de Khmer. Plus qu'un voyage linguistique, vivre au Cambodge aura été également une source d'inspiration : "Je voulais revenir car la culture est très riche, les Cambodgiens ont un style propre à eux, c'est une culture millénaire". Rapidement, il se rend compte que la scène du graffiti au Cambodge est très peu développée, c'est une aubaine pour lui : il va pouvoir innover, mélanger ses influences montréalaise et khmère.

"Puisqu'on a nos gardiens du traditionnel, je pense que le pays est prêt à aller de l'avant. Nous avons un passé riche et proche, les Cambodgiens ont beaucoup de choses à dire, cachés derrière leur sourire khmer". Pourtant, ses petites altercations avec les autorités démontrent qu'un grand chemin reste à parcourir pour que le Street Art soit compris et surtout toléré.

"Je ne suis pas venu pour faire du graffiti vandale"

C'est en passant tous les jours devant ce grand mur gris du boulevard de la Confédération de Russie que Fonki imagine son futur graffiti. Pendant un mois, il étudie le style traditionnel khmer, dit kabach, pour pouvoir le mixer avec son style montréalais déjà bien ancré dans sa personnalité. "Comme il y avait déjà un petit lettrage sur ce mur, je me suis dit que je pouvais en faire un autre, plus beau, plus grand" explique-t-il. Il expose alors son projet à la propriétaire du mur : "Je veux embellir la ville, je ne suis pas venu pour faire du graffiti vandale". Elle semble enchantée, il peut donc commencer à bomber.

Dès sa première journée, les ennuis avec les autorités commencent. Un policier plutôt ouvert lui explique : "Je trouve cela très joli mais les gens plus hauts placés peuvent penser que tu es un terroriste qui pose son emblème sur les murs. Reviens dans quatre jours". Lorsque Fonki peint à nouveau, un autre policier moins compréhensif lui passe au téléphone un des chefs de la police de Phnom Penh : "Envoie moi un dessin du produit final, je te dirai si c'est de l'art", lui dit-il. Il semble convaincu, lui donne son feu vert et Fonki finit son premier graffiti sans entraves sous l'œil curieux et amusé des Cambodgiens. Pourtant, une semaine après, le tag a été recouvert de peinture blanche : des policiers auraient obligé les propriétaires à l'effacer. "J'ai été vraiment étonné parce qu'on m'avait donné la permission. Mais ce n'est pas grave, j'essaierai de le refaire en mieux et puis de toute façon le graffiti est éphémère", relativise l'artiste.

Pour l'instant, il se concentre sur la production de son futur projet dont le vernissage se déroulera le 26 juillet à l'Institut Français. Fonki n'en dit pas plus, c'est une surprise !

Diaporama des oeuvres de Fonki à Montréal :

 

 

Lire aussi : STREET ART – L'artiste français Seth repeint les murs de Phnom Penh

Anaïs Chatellier (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Lundi 25 juin 2012

 
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