Buenos Aires

RENOVATION – Buenos Aires lance la transformation d’un célèbre bidonville

La mairie de Buenos Aires a eu la brillante initiative de transformer l’un des plus importants bidonvilles. La Villa 31 sera métamorphosée en quartier résidentiel flambant neuf.

A Buenos Aires, les contrastes économiques et sociaux sont parfois brutaux. Avec ses trois millions d’habitants, la capitale est logiquement la ville la plus importante d’Argentine en terme de population. Une concentration importante qui donne lieu à des différences sociales majeures. Si le centre-ville détient une population plus au moins aisée, le fossé peut être violent en suivant l’étendue de la ville. Son agglomération urbaine compte 14,5 millions d’habitants, et c’est ici que repose principalement la misère de la capitale. Nombreux sont les bidonvilles qui longent la périphérie de Buenos Aires, pourtant, l’un d’eux se trouve en plein centre-ville. Dénommé la « Villa 31 »,  il est connu pour être le bidonville le plus célèbre d’Argentine. En effet, le bidonville est collé au très chic quartier de la Recoleta, symbole du contraste saisissant entre les différentes classes sociales.

 

Une refonte totale

La mairie de Buenos Aires a pour objectif de métamorphoser le bidonville en un vrai quartier. Près de 40 000 personnes sont entassées quotidiennement dans ces bâtiments en briques de quatre à cinq étages qui dépassent parfois la chaussée de l’autoroute. La Villa 31 est le bidonville le plus ancien de Buenos Aires, il a vu le jour au lendemain de la crise de 1930. Depuis, les constructions sauvages, les rues en terre, les déchets et les jungles de fils électrique s’emmêlent et forment le symbole de l’extrême pauvreté qui sévit dans certaines zones du pays. Après des décennies de croissance non maîtrisée, la mairie compte investir massivement pour changer considérablement le bidonville et en faire un quartier.

Alors que le taux de chômage est de 50% et les services publics quasi inexistants, la mairie va débourser 320 millions de dollars, financés par la Banque interaméricaine de développement, dont un tiers ira directement à la Villa 31. Les différents objectifs sont clairs : aménager les habitations, mettre en place le câble électrique, le système d’égouts, le ramassage des ordures, et aussi des espaces de loisirs. Un projet considérable qui devrait s’étaler sur trois ans.

 

Un projet qui ne fait pas l’unanimité

Si l’idée globale semble très positive et bénéfique, elle ne ravit pas tout le monde. C’est le cas de certains habitants du bidonville qui ont développé leur commerce et leur activité. Avec la refonte totale de la Villa 31, ils craignent une hausse massive des prix des loyers. Au delà de l’aspect professionnel, c’est le quotidien de certains habitants qui est directement menacé. Des immeubles ont été construits sous la voie rapide et devraient être déplacés ou démolis dans le cadre de la transformation du bidonville.

Dans une ville où 8% de la population vit dans ces ghettos, la municipalité cherche à régulariser ce qui était informel. Via des propos relayés par l’AFP, Diego Fernandez, en charge de l’Intégration sociale et de l’urbanisme explique comment la mairie va procéder : « En voyant chaque situation, maison par maison, en mesurant les parcelles, en s’assurant que le type de construction est adapté pour l’obtention d’un titre de propriété, avec des crédits immobiliers sur le long terme pour que les gens payent, car payer donne des droits. » Un vrai travail de fourmi, qui demande de la précision et de la patience. Certains chiffres sont éloquents quant à la situation sociale de ce bidonville, seulement 27% des jeunes insèrent la vie étudiante ou professionnelle, contre 80% pour l’ensemble du Buenos Aires. La ville a donc décidé d’y transférer ses services d’éducation ainsi que 1500 employés, et compte finaliser le domaine éducatif en 2019, en ayant bâti un grand bâtiment et trois écoles publiques.

Autre symbole de la métamorphose du bidonville, la mairie a ouvert des bureaux à l’emplacement d’un ancien lieu de trafic de drogue. Un signal fort qui montre la volonté de la ville. A noter que le BID (banque interaméricaine de développement) y ouvrira d’ici deux ans ses bureaux dans un immeuble construit par les ouvriers du quartier. Le géant du fast-food McDonald’s a également confirmé l’ouverture d’un restaurant sur place, afin d’accompagner la redynamisation et la considération du quartier.

Vincent VILLEMER pour www.lepetitjournal.com/Buenos Aires Lundi 31 Juillet 2017

 

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