LEGISLATIVES 2012 - Jacques Régnier, candidat indépendant dans la 7ème circonscription

Les Français établis hors de France éliront les 3 et 17 juin pour la première fois 11 députés dans 11 circonscriptions et seront désormais représentés au Sénat et à l'Assemblée nationale. Dans notre circonscription, la 7ème Europe centrale et orientale, voici les réponses à nos questions de Jacques Régnier, candidat indépendant

Jacques Régnier, candidat indépendant aux législatives des 3 et 17 juin 2012 dans la 7eme circonscription (DR)

lepetitjournal.com: Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Jacques Régnier: Ma formation, ma carrière professionnelle, rien ne me prédestinait à une entrée en politique. Mais les chocs de 2002 ont animé ma volonté: en avril à l’annonce des résultats du 2ème tour des présidentielles, et quelques semaines plus tard avec les législatives, où j’ai réalisé que non seulement je n’étais pas représenté à l’Assemblée nationale, mais encore que 35 à 40% des électeurs s’étaient abstenus. J’ai eu "mal à la France".
Une injustice a disparu: grâce à la loi de 2008, les Français à l’Étranger seront représentés dans l’Hémicycle cette année. Je m’attaque donc à l’abstention, encore trop forte aux présidentielles dans la circonscription. Un député sera t-il légitime s’il est élu avec 58% d’abstention ? Pas dans ma conception de la démocratie ! Et regardant l’offre proposée par les partis politiques dans la campagne pour les législatives de la 7e circonscription, j’ai décidé de m’engager pour proposer une autre voie, fédérative, allant bien au-delà des partis et du clivage gauche-droite.
Si certains Français à l’Étranger sont aujourd’hui dégoûtés de la politique, je veux leur en donner, ou redonner, le goût. Les aider à être vraiment représentés, indépendamment des partis qui sont logiquement focalisés sur les besoins des Français métropolitains.
Comme beaucoup d’autres aspects de ma vie en Allemagne illustrent ma personnalité et mon engagement politique, permettez-moi de vous inviter à visiter mon site pour plus de détails sur ma personne.

Être député de la 7eme circonscription qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Dynamiser la présence française dans cette circonscription est un défi passionnant : environ 150.000 Français vivent dans ces 16 pays qui totalisent plus de 200 millions d’habitants et dont la superficie est trois fois celle de la France. Et c’est une circonscription disparate : d’une part l’Allemagne, l’une des économies les plus fortes au monde et plus de 80% des votants, d’autre part beaucoup de petits pays, certains aspirant à intégrer l’Union Européenne.
Puisque les Français qui vivent dans ces pays ont une vie et des besoins différents de ceux de la Métropole par exemple en matière de travail, d’offre culturelle ou d’éducation au français, je veux faire entendre dans l’Hémicycle la voix de tous ces Français, pour les aider à mieux vivre et à mieux travailler dans leur pays, au-delà des programmes des partis politiques. Cela se fera par le travail législatif et par le contrôle du gouvernement, les missions-clefs d’un député.
Républicain dans l’âme, je soutiendrai tout projet ou proposition de loi, "de droite" comme "de gauche", tant que cela ira dans le sens des Français de la 7e circonscription. C’est pour cette représentation optimale que j’ai opté pour une candidature indépendante des partis.

Quelles sont vos priorités parmi les problématiques concernant les Français vivant à l’étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration…)?
Concernant la fiscalité à l’étranger, très discutée ces derniers temps, ma position est claire : la règle de territorialité de la fiscalité doit continuer et les Français résidant à l'étranger devront continuer à être imposé selon le système fiscal de leur pays de résidence.

Nous sommes dans une période économique difficile et le réseau de représentation – au sens large - a souffert ces derniers temps. À budget constant, il doit rester au minimum comme tel. J’analyserai les possibilités de croissance dans les régions et domaines qui en auront le plus besoin. Au besoin, des budgets supplémentaires seront levés, par exemple en augmentant le pourcentage d’autofinancement des structures, avec la location de locaux ou bien des cours de français prodigués.
Mon fer de lance est la dynamisation du réseau français, francophone et francophile dans la circonscription, pour créer de la valeur ajoutée et des opportunités de croissance et en fin de compte augmenter encore plus le rayonnement de la France. En effet, si chaque Français vivant à l’étranger est un ambassadeur pour notre pays, beaucoup connaissent mal ce que font les autres. Et peu connaissent l’ensemble des possibilités qui leurs sont offertes. Or il y a là un potentiel énorme d’expériences et de succès qu’il conviendra de faire partager avec plus de personnes. Un bon exemple allant dans ce sens est l’initiative France-Pologne.
J’insiste sur le mot francophile : dans la 7e circonscription, être Français est très bien vu par les autres étrangers, et ce statut privilégié ouvre des portes supplémentaires. Par exemple, des opportunités nouvelles pour l’industrie du tourisme en France ou bien pour l’exportation depuis la France. À terme, mener cette politique de dynamisation du réseau profite à la fois aux Français de l’étranger comme à l’économie de la Métropole et génère de la croissance. Un dernier exemple concret de dynamisation du réseau existant : le lycée français de Francfort avait 600 élèves en 2004. Plus de 1 000 élèves sont prévus en 2013. Plus qu’un lycée, cette institution, également soutenue par la ville de Francfort et par le Land de Hesse, est devenue un creuset multiculturel dans la région, bien au-delà d’une réussite française en Allemagne. Bref : un succès, dont le modèle pourra être exporté dans le reste de la 7ème circonscription.
Pour conclure, j’invite vos lecteurs à découvrir sur mon site le détail des premières mesures que je prendrai.

Quels sont vos liens avec l’Allemagne et quel est votre projet pour les Français établis dans ce pays ?

Âgé de 46 ans, marié à une allemande originaire de l’ex RDA et père d’un enfant binational de 3 ans et demi, j’habite Francfort depuis 15 ans. J’ai vécu et travaillé plus de la moitié de ma vie à l’étranger, dont 23 ans en Allemagne à Munich, Brême, Gelsenkirchen, Düsseldorf, Cologne et Mannheim. Je connais bien tous les Länder.
L’Allemagne est privilégiée par rapport aux autres pays de la circonscription : seul pays limitrophe à la France, l’économie y est forte, l’infrastructure et les réseaux comme les moyens de communication ou les structures de santé y sont excellents, etc. Dans ces conditions, et vu la situation de crise actuelle en Europe, la stabilisation du réseau de représentation, de l’offre culturelle, ainsi que la dynamisation du réseau existant profiteront à tous. L’offre éducative devra par contre s’aligner sur la croissance des inscriptions de nos élèves français.
Je donne un exemple concret de projet de dynamisation. Il y a 13 conseillers locaux de l’Assemblée des Français à l'Étranger (AFE) dans la circonscription. L’AFE est censée représenter aujourd’hui chacun d’entre nous. Et dix de ses conseillers existent pour l’Allemagne. Mais qui connaît le nom de son conseiller? Qui l’a déjà vu ? Qui connaît son programme ? Sans vouloir réinventer la roue, ces initiatives et associations, toutes louables, seraient beaucoup plus efficaces si certaines étaient remaniées et repensées dans une logique de dynamisation. Tout au moins en ce qui concerne les initiatives publiques.
Pour l’éducation : je suis pour la gratuité de la scolarisation de chaque enfant français scolarisé dans un établissement français, comme en Métropole. Il conviendra d’examiner les financements (PEC etc.) et d’équilibrer les frais de gestion de l’immense réseau éducatif français. Je suis pour l’octroi de bourses, basés sur des critères sociaux. Il faudra aussi améliorer d’autres mesures qui contribuent à l’enseignement du français, comme les programmes FLAM (Français Langue Maternelle), qui manquent actuellement de moyens.
Mais au-delà de ce programme général, il y a beaucoup de situations particulières: étudiants, couples français ou mixtes, célibataires, Français intégrés depuis de nombreuses années ou juste de passage, Français qui parlent bien l’allemand ou pas. Il y a aussi ceux qui cherchent un emploi en Allemagne, d’autres qui y ont été parachutés ou qui doivent y suivre leur conjoint ou partenaire … C’est pour ces raisons que j’ai opté pour une politique de proximité, et je serai toujours ouvert durant mon mandat à toute proposition venant de la circonscription pour améliorer tel ou tel aspect. Du reste, durant la campagne, chacun est déjà invité à me contacter directement.

Avez-vous des propositions concrètes concernant les Français vivant à Francfort et dans la région Rhin-Main ?

Pour les Français vivant déjà dans la région, je veux mettre encore plus en valeur l’offre riche déjà existante. Par exemple, de nombreux groupes de Français existent, mais malheureusement, tous ne se connaissent pas. Les Français de Francfort connaissent-ils ceux de Wiesbaden ou de Darmstadt ? Et les manifestations culturelles ou les offres d’emploi destinées aux Français sont multiples dans la région, mais toutes ne sont pas connues. En ce sens, je ne peux que souligner l’importance d’un journal comme le votre, qui participe aussi à cet effort de transparence.
Personnellement, le renforcement de certaines fêtes, par exemple celles autour du 14 juillet, animera encore plus la communauté française. Je soutiens également le développement de l’ Institut Français d’Histoire en Allemagne. Et le jumelage de Francfort avec Lyon, qui passe un peu inaperçu, pourra être mieux mis en valeur.
Je veux aussi faire mieux connaître cette région économiquement très importante et touristiquement intéressante à plus de Français, où qu’ils habitent (Paris est à moins de 4 heures et Strasbourg à moins de 2 heures en train). Entre autres, les industries de la finance et les activités liées à l’aéroport offrent un grand potentiel, pas seulement pour les Français de la région, mais encore pour tous ceux du reste de l’Europe. Tout le monde en profitera !

Propos recueillis par Anne Le Troquer (www.lepetitjournal.com/francfort) Jeudi 24 mai 2012{jcomments on}

Site de Jacques Régnier: http://jacquesregnier2012.com

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A relire: interviews des neuf premiers candidats: Ronan Le Gleut (UMP), Pierre-Yves Le Borgn' (PS), Nicolas Jeanneté (Centre, Ares), Jean-Claude Wambre (indépendant), Bruno Pludermacher (Cap21), Sylvie-Olympe Moreau (PRG), Eric Bourguignon (FG), Isabelle Robin (Pirate) et Denis Matton (PDL)

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