Bucarest

COUPLE FRANCO-ROUMAIN - Charlie et Anca

Pour la Saint Valentin, nous inaugurons notre nouvelle rubrique "Je te iubesc" avec Charlie et Anca. Mariés depuis 6 ans, il est Bordelais, elle est « Ardeleanca ». Ensemble, ils ont créé « Casa de Pe Deal » (la maison sur la colline) dans le pittoresque village de Saschiz (région de Mures). LePetitJournal.com est allé à la rencontre de ce jeune couple franco-roumain qui a fait le pari de tenter une toute nouvelle aventure.

 

Lepetitjournal.com/Bucarest : Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Anca Dalmasso:
Nous sommes une jeune famille franco-roumaine, vivant en Transylvanie, à 20 km de Sighisoara, dans le petit village de Saschiz. Ici nous avons un atelier de transformation de fruits et légumes. Notre projet, Casa de pe deal, rassemble des activités agricoles, touristiques, culturelles et gastronomiques. Ce qu’on cherche à faire c’est combiner les traditions à l'innovation.

Pourquoi avoir choisi de venir vivre en Roumanie ?

Charlie Dalmasso: J'ai choisi de faire mon stage en Roumanie pour découvrir un pays de l'Est qui me semblait être un grand mystère avant son entrée dans l'Union Européenne.

A.D.: Je ne suis jamais partie. Je suis un produit local (rires)!
Ensemble, après nos études, nous avons décidé de rester en Roumanie, parce qu’on a hérité d’une petite maison avec du terrain, et parce qu’on a vu le potentiel local en agriculture et tourisme. Pour deux jeunes qui voulaient démarrer un projet dans ce domaine, le village et la région semblaient être le bon endroit.

Quand vous est venue l’idée de créer Casa de pe deal  ? Parlez-nous de ce projet un peu fou.

A.D.: Cette idée nous est venue en 2008. A l'époque il y avait déjà le courant "slow food" qui encourageait les gens de la région à ajouter de la valeur aux fruits et légumes en les transformant en conserves, confitures, et autres recettes locales. Nous avons pris l'idée très au sérieux et en 2010 nous avons été les premiers dans la région à ouvrir notre petit atelier familial. Nous avons en même temps créé et protégé la marque Casa de pe deal. Nous avons aussi été les premiers petits producteurs dans la régions à ouvrir un magasin en ligne, dans l’idée de raccourcir la chaîne alimentaire.

Cela n’a pas été trop dur pour toi Charlie de t’adapter à la culture roumaine et à un mode de vie rural ?

C.D.: Je proviens d'un village en France beaucoup plus petit que Saschiz, donc cet aspect là ne m'a pas dépaysé plus que ça. Les gens du village on été très ouverts et m’ont accepté très rapidement. Une fois la barrière de la langue dépassée, je me suis senti chez moi. Probablement ce qui a rendu la chose plus facile, c’est l’histoire de la région, marquée depuis très longtemps par le multiculturalisme.

Pouvez-vous nous raconter les difficultés que vous avez rencontrées aux débuts de votre projet ?

A.D.: Le manque de législation pour les petits producteurs a été l'un de nos plus grands défis. Il y a encore beaucoup à faire du point de vue législatif pour soutenir et encourager les petits producteurs et le tourisme rural.

Est-ce que le fait de réaliser ce projet ensemble, et de vous isoler d’une certaine façon, a mis à rude épreuve votre couple ou au contraire l’a consolidé ?

C.D.: Les rencontres avec des clients et des touristes du monde entier nous ont offert la chance de créer un réseau professionnel et personnel très large. Pour la vie personnelle, nous travaillons pour le même objectif mais nous avons chacun des charges de travail spécifiques et complémentaires, ce qui nous apporte un équilibre très important. Donc oui ça a renforcé notre couple!

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

A.D.: Cette année on va travailler sur deux fronts: il faut moderniser l'atelier de fruits et légumes et introduire de nouvelles recettes, et en parallèle nous travaillons pour ouvrir un atelier d'artisanat du bois.

Charlie, ayant vécu à la campagne en France, peux-tu nous parler des différences entre la campagne française et roumaine?

C.D.: J'ai eu la chance de venir dans une région, ici en Roumanie, qui ressemble un peu à celle d'où je viens avec des belles collines, des champs et des bois. La seule différence est qu’ici en Transylvanie tout est "plus impressionnant": les forêts et les arbres sont plus grands, les collines sont à perte de vue,... Pour ce qui est de la façon de vivre, en écoutant des témoignages d'anciens agriculteurs français, la Transylvanie les ramène à leur enfance. Les relations entres les hommes sont plus simples, la façon de vivre et de travailler plus rudimentaire (dans le bon sens !). Je ne sais pas s’il y a une façon de vivre qui est meilleure que l'autre, tout ce que je sais c’est qu’à chaque fois que je passe d’un pays à l’autre, je ressens un choc culturel !

Racontez-nous une journée type à Casa de pe deal.

A.D.: Il n'y a pas vraiment de journée type à Casa de pe Deal (rires)! Ou peut-être si, l'hiver, quand les activités sont beaucoup plus restreintes et qu’on prend le temps de réfléchir à ce qu'on pourrait mieux faire l'année prochaine, quels nouveaux produits on pourrait proposer. Par contre, pendant la saison agricole/touristique, les journées sont très mouvementées : dès le matin on commence avec la production, on change ensuite de vêtements pour aller participer à une réunion pour le GAL (Groupe d'Action Locale), on revient ensuite à la ferme pour accueillir un groupe de touristes qui vient faire une dégustation des produits locaux. Le soir, pas le temps de se reposer, on change encore une fois de vêtements pour aller jardiner. Bien-sûr, il faut trouver aussi le temps pour faire la cuisine (rires)! Si vous voulez, la journée type pour nous, c'est la diversité de nos activités et c'est notre choix parce que cela nous permet de ne jamais nous ennuyer. L’important c’est de garder le plaisir dans tout ce que l'on fait.

 

Casa de pe Deal est une marque développée par de petits producteurs qui propose une gamme de confitures et de produits artisanaux, mais également des produits nouveaux sur le marché roumain, comme la confiture de lait.

https://www.facebook.com/casadepedeal/

http://www.casadepedeal.com/magazin/


Grégory Rateau (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Mardi 14 février 2017

 
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