Bucarest

ANA MARIA POPESCU - Portrait d'une championne

La rédaction du PetitJournal.com est allé à la rencontre d’une championne, l’escrimeuse Ana Maria Popescu. Multiple championne du monde et d'Europe par équipes, notamment aux derniers Jeux Olympique de Rio, elle a aussi été sacrée meilleure épéiste du monde plusieurs fois. C’est donc l’occasion de découvrir la femme qui se cache derrière l’athlète et de la laisser nous dévoiler ses secrets pour exceller.

Photo : Jurnalul National


Lepetitjournal.com/Bucarest : Comment est née votre passion pour l’escrime?

Ana Maria Popescu : A l’âge de 11 ans, je suis allée visiter pour la première fois une salle d’escrime. Personne dans ma famille n’avait pratiqué l’escrime par le passé et mes parents ne connaissaient pas grand chose à propos de ce sport mais ils voulaient que je pratique une activité sportive encadrée. Pour moi cette rencontre changea ma vie. Dès ma première visite, je suis finalement restée à l’entrainement et encore aujourd’hui j’ai le souvenir de cette salle remplie d’enfants habillés en blanc entrain de s’affronter, une épée à la main.


Comment vous préparez-vous mentalement pour les compétitions?

Junior, c’était très facile pour moi car je suis de nature perfectionniste et avec un esprit très combatif. Je n’avais pas besoin d’un bagage technico-tactique très solide, à cette période mon désir de victoire était ma plus grande motivation. Avec l’âge, j’ai appris à contrôler mes émotions et à transmettre seulement ce que je considérais être important dans une compétition. Ce dernier regard adressé à l’adversaire avant d’enfiler nos masques peut faire toute la différence dans un assaut. La maîtrise de soi joue un rôle très important même si probablement vous pensez qu’après 20 ans de compétition on s’habitue à gérer nos émotions, et bien non, elles sont toujours là et ça dépend de chacun pour faire en sorte qu’elles deviennent constructives.


Pendant toutes ces années d’entrainement, avez-vous eu un modèle?

Tous les enfants ont une idole, croient en un héros, moi je n’ai pas voulu ressembler à quelqu’un en particulier, j’ai juste souhaité devenir une championne même si à l’époque je n’avais pas une définition claire de ce que cela pouvait être. Après les premiers résultats, le monde de l’escrime me comparait avec Laura Badea (la plus valeureuse fleurettiste d’origine roumaine et championne olympique à Atlanta en 1996). Je n’étais pas d’accord avec ça et je me suis promis qu’un jour j’aurais de meilleurs résultats que ceux de Laura. J’ai encore du travail pour en arriver là mais je continue à me battre pour y arriver. Je suis compétitive, j’ai toujours voulu être la meilleure, celle qui écrit sa propre page dans l’histoire de l’escrime!


Vous avez été championne olympique par équipes en 2016 aux JO de Rio, deux fois championne mondiale par équipes en 2010 et 2011, et vous avez été sacrée meilleure épéiste du monde plusieurs fois. Comment réussissez vous à garder la motivation après toutes ces réussites?

On peut toujours faire mieux et aller toujours plus loin, il y a toujours d’autres défis à relever, d'autres médailles à gagner et je crois que, dans mon fort intérieur se trouve une source intarissable d’ambition. On me demande souvent ce que je désire le plus, surtout après le titre olympique, et ma réponse est toujours la même : je suis en compétition permanente avec moi-même et je me demande si je peux aller encore plus loin.


Vous avez eu votre part de défaites aussi, comment les avez-vous dépassées?

J’ai eu beaucoup à apprendre des défaites. L’échec m’a beaucoup plus motivé que le succès. Les Jeux Olympiques de Londres en 2012, ont étés l'échec le plus important de ma carrière. Mais j’ai continué car je n’aurais jamais pu accepter cette image de moi-même, à genoux, en larmes, et le fait que tout s’arrête là-bas! C’est difficile de tout recommencer après une défaite ou une compétition pour laquelle tu as beaucoup travaillé et dans laquelle tu as mis tous tes espoirs, mais il faut se relever.



Comment est perçue la Roumanie de votre point de vue? Croyez-vous que vos victoires changent l’image de la Roumanie à l’extérieur?

Les sportifs roumains, de par leurs résultats, ont toujours été des ambassadeurs de la Roumanie. Pour moi, la Roumanie m’a donné tout ce que j’ai aujourd’hui, grâce au sport. Je considère que c’est mon devoir d’être performante, de monter sur les podiums mondiaux, d’écouter l’hymne nationale et de montrer au monde entier les richesses de la Roumanie. Notre pays a été au fil du temps représenté par des sportifs du plus haut niveau, et l’histoire nous oblige à nous, qui sommes encore en activité, à garder cette exigence et à maintenir cette image!



Votre mari est champion national de polo, comment arrivez-vous à concilier la vie personnelle avec celle de sportive de haut niveau?

La vie dans une famille de sportifs peut paraitre belle à première vue, mais il y a des moments où on est loin l’un de l’autre pendant des longues périodes, étant tous les deux impliqués dans diverses compétitions. C’est quelque chose qu’on a assumé dès le début et on essaye toujours de voir le bon coté des choses. Depuis cinq ans qu’on est ensemble, nous n’avons jamais eu de vraies vacances, mon mari n’a pas toujours son repas préparé par son épouse, on va souvent seuls aux événements, mais cela nous permet de profiter et de vivre au maximum le temps que l’on a à disposition. C’est très important pour moi de savoir que l’homme qui est à mes cotés comprend mon activité et me soutiens!

 
Aujourd’hui c’est le 8 mars, la journée internationale des droits des femmes. Quel message désirez-vous transmettre à nos lectrices?

Mesdames, Mesdemoiselles, profitez de cette journée qui vous est consacrée, souriez, rêvez, croyez chaque jour dans votre rêve et travaillez pour le réaliser! La multi ani!

 

Propos recueillis par Gregory Rateau et Sarah Taher (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Mercredi 8 mars 2017

 
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