Bucarest

MICRO-TROTTOIR – Le 14 juillet, vu par les expatriés français en Roumanie

 

Alors que la France s’apprête à célébrer sa fête nationale sur fond de commémoration niçoise, l’évènement est toujours perçu avec importance pour beaucoup de français expatriés. Du respect de la date à la volonté de se rassembler, Le Petit.Journal.com de Bucarest est allé à leur rencontre pour comprendre leur perception du 14 juillet.

 

 

 

Pierre, 72 ans, expatrié depuis 25 ans.  

«  Plus que pour cette date, j’ai avant tout un respect énorme pour les anciens. Cela semble flou aujourd’hui quand on célèbre le 14 juillet, mais il essentiel de se souvenir ce qu’il s’est passé ce jour-là. Ces gens-là se sont battus, ont souffert et certains en sont morts, on se doit de s’incliner devant leurs mémoires et leurs actes. Nous n’en serions pas là aujourd’hui sans ce qu’ils ont fait. Cela doit aussi être le cas pour les autres commémorations. Pour le 11 novembre par exemple (armistice de la 1ère guerre mondiale), je remarque que trop peu de jeunes sont présents. Pour beaucoup, cela semble faire partie d’un passé lointain et ils n’accordent à ces évènements que trop peu d‘importance. J’ai l’impression que la jeunesse perd ces valeurs et je trouve cela dommageable. »

 

 

Andréa, 25 ans, à Bucarest depuis 3 mois.

 « Pour moi le 14 juillet représente un événement national qu’il est important de célébrer. Il est vrai que le fait d’être à l’étranger me fait vivre l’événement de façon différente. C’est la deuxième fois que j’ai l’occasion de le faire à l’étranger et cela apporte une dimension particulière, c’est pour le coup vraiment l’occasion de se rassembler, de retrouver d’autres expatriés et de partager sur son expérience. Cela donne un sentiment d’appartenance au même groupe, et je pense que pour une personne qui est expatriée depuis longtemps, c’est l’occasion de se souvenir de ses racines. D’ailleurs, je n’aurais surement pas participé à une soirée sur ce thème en France. C’est dire à quel point la sensation est différente à l’étranger, alors qu’en France, je n’y accordais que peu d’intérêt. »

 


Pascal, expatrié depuis 28 ans.

« Pour ma part, je ne vais jamais aux commémorations faites par l’ambassade de France en Roumanie. Si je ne renie absolument pas le symbole de cette date, bien au contraire même, je juge l’attitude de l’ambassade à deux vitesses. Cela aurait été plus intéressant à mes yeux de faire un rassemblement populaire. En revanche, je ne manquerai pour rien au monde le défilé sur les champs Élysées. »

 

 

Clotilde, 41 ans, expatriée depuis 4 ans.

"Cette fête est pour moi un prétexte pour me retrouver entre Français car, pour m'intégrer ici, j'ai appris la langue et j'ai volontairement coupé les ponts pour me mélanger plus facilement avec des Roumains. Un soir dans l'année, je peux donc parler de mon pays, le célébrer, et faire de belles rencontres très rafraichissantes."

 

 

Marie, 28 ans, expatriée depuis 5 ans.

"Je ne vais pas célébrer le 14 juillet de manière officielle car l'atmosphère à l'étranger n'est pas la même pour cette fête. Des évènements sont organisés mais l'évènement n'est plus à l'échelle nationale, il n'y a pas la même ambiance. Ce jour-là, j'ai quand même une pensée pour mon pays."

 

 

Adrien Le Noel (www.lepetitjournal.com/bucarest) - Vendredi 14 juillet

Abonnez-vous à notre newsletter gratuite

Suivez-nous sur Facebook 

 

 
A la Une

PR. DENIS BUICAN - « La science ne doit avoir aucune limite »

Denis Buican est biologiste, historien des sciences, philosophe et poète. Il a combattu les théories de Lyssenko enseignées et imposées sous le bloc communiste. Banni de l’université, il continue dans le domaine scientifique et sera naturalisé français après avoir fui la dictature communiste roumaine pour Paris en 1969. Il a élaboré une théorie synergique de l’évolution et une nouvelle théorie de la connaissance, la biognoséologie. Avec le…

HORS PISTE AVEC GREGORY RATEAU - Mihail

En prolongement de son livre "Hors-piste en Roumanie", Grégory Rateau a rejoint l’équipe de RRI en français pour une série de portraits inédits…
Une internationale

DON'T GO TO ALGERIA – Tolt : "J’ai envie de découvrir les pays qui souffrent des préjugés"

Benjamin Martinie, alias "Tolt". Un an après avoir connu un franc succès avec sa vidéo « Don’t go to Iran » qui efface tous les stéréotypes entendus sur la République islamique, Benjamin Martinie, alias Tolt, revient avec une nouvelle vidéo, cette fois sur l’Algérie, tout en gardant le même concept. Le principe est simple, « Tolt » part deux semaines dans le pays en question, et y découvre sa culture et son peuple.
Actu internationale
En direct d'Europe
Stockholm - Actualité

6 FEVRIER – La fête nationale same

Depuis 1992, le 6 février, c’est la fête nationale same (samenationaldagen). Une occasion pour nous d’aborder la culture et l'histoire de…
Expat
Expat - Emploi

COACHING – L’effet miroir de mes parents

Chaque fois que ses parents viennent lui rendre visite à New-York, Bertrand a comme l’impression de se regarder dans « un miroir déformant ». Il ne se sent pas à l’aise en leur présence, culpabilise et a la désagréable impression d’être un fils indigne… Alors qu’il croyait qu’en fuyant la France il résoudrait son problème, il réalise en fait qu’il doit avant tout se faire face à lui-même. 
Expat - Politique

GESTION DE CRISE – Les consuls face à l’exceptionnel

Peu importe l’endroit ou le pays dans lequel vous pouvez vous trouver dans le monde : en situation de crise, la France par le biais de ses consuls protège ses concitoyens. Cette année, 89 consuls et consuls généraux exercent leurs missions à travers le monde. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec les ambassadeurs… Petit tour d’horizon de leurs missions et des actions qu’ils peuvent mener en cas de crise. 

TRIBUNE - La marginalisation des Français de l'étranger est En Marche

"Make French People abroad great again !Je me permets d'interpeller officiellement les 10 députés de la République En MARCHE à l'étranger. Dans le discours du President de la Republique à Versailles, comme dans le discours de politique générale du Premier Ministre on ne trouve aucune mention aux Français de l'étranger". Une tribune de Boris Faure, Conseiller consulaire des Français de Belgique
Magazine