Bucarest

INFO-PARTENAIRE - Le Carrousel: «Ici, on essaye de développer l’envie et le plaisir, les enfants ne doivent pas être contraints»

 

Nous sommes allés à la rencontre de la fondatrice de la maternelle "le Carrousel", Camelia Veteleanu, une école où la langue française est à l'honneur. Camelia nous raconte comment lui est venue cette initiative, les valeurs qui y sont enseignées et les perspectives du Carrousel dans le long terme.


 

 

LePetitJournal.com Bucarest: Pouvez-vous nous présenter le Carrousel? Depuis combien de temps cette école maternelle de langue française existe-t-elle?

Camelia Veteleanu: On a commencé il y a trois ans avec un petit groupe d’enfants, dont les miens. Cette école est née d’un désir très personnel. Lors de la naissance de mon deuxième enfant, je n’ai pas trouvé de système qui correspondait à mes attentes, j’ai donc naturellement décidé de le mettre en place moi-même. Pour me lancer, j’ai choisi le modèle français. Je voulais créer une structure pédagogique et éducative où l’on accompagne l’enfant dans son éveil, où l’on essaye de développer ses facultés créatives et les Français sont à mes yeux les meilleurs dans ce secteur. De plus, le bilinguisme a une grande importance, il était donc impératif d’y enseigner une autre langue, mon choix s’est naturellement porté sur le français. Il existe d’autres structures d’apprentissages de cette langue ici à Bucarest mais nous avons voulu nous démarquer en essayant d’y apprendre le français de manière ludique et plus libre. Ici, on essaye de développer l’envie et le plaisir, les enfants ne doivent pas être contraints, ils ont réellement envie de s’épanouir au contact des autres enfants et des animateurs.


Vous avez développé en somme une école maternelle qui vous ressemble?

Oui (rires). Je suis très ouverte et pleine d’énergie, j’ai essayé de constituer une équipe qui partageait les mêmes valeurs pour que ce lieu soit chargé d’une énergie positive. J’aime beaucoup la vie et c’est justement ce que je veux transmettre aux enfants. Quant à mon français, je l’ai appris laborieusement en France puis en revenant ici et en travaillant pour une société française, j’essaye donc de leur faire gagner du temps dans l’apprentissage des langues et leur éviter mon parcours de croix (rires). J’ai aussi de la détermination car au début, les choses n’ont pas été simples, on était très peu, mes enfants et les enfants de mes amis, donc on avait pas forcément la crédibilité auprès des futurs parents. Et cela a quand même duré 6 longs mois.


Et par la suite comment les gens ont-ils décidé de vous faire confiance pour vous confier leurs enfants?

Et bien, j’ai fait en sorte de bien me préparer, en faisant une formation à Paris, en lisant beaucoup sur le sujet. En France, les structures publiques sont très bien développées, c’est un peu différent en Roumanie, où l’on va retrouver cela mais dans le domaine privé. On est plus libre d’entreprendre ici mais pour moi il était important de bien s’y préparer, de se fixer des objectifs, et d’avancer en ayant déterminé au préalable la direction que je désirai prendre, et que les éléments à mettre en place pour y parvenir, soient réalistes. Les choses se sont faites ensuite très naturellement, sans publicité, par le bouche à oreille.


Présentez-nous un peu le Carrousel et ses activités?

Au rez-de-chaussée, on a les salles réservées aux plus petits pour éviter qu’ils montent et qu’ils descendent les escaliers, avec une facilité d’accès vers la sortie très adaptée. On a des salles de jeux, d’éveil, des salles pour la sieste, les cantines. Au premier étage, on a les enfants un peu plus grands avec d’autres salles de jeux et pour finir, au dernier étage, on a des enfants âgés de 18 mois jusqu’à 6 ans, ils ont été intégrés cette année et c’est un groupe mixte. On organise régulièrement des sorties pour faire découvrir aux enfants leur environnement. Il y a des ateliers cuisine, pour leur apprendre à choisir les bons aliments, ceux qui sont bons pour leur croissance, pour leur bien-être. On leur apprend également à recycler les objets, à les réutiliser. Pour moi il est important de respecter la parité entre eux, de ne pas créer d’inégalités, c’est la raison pour laquelle pendant les périodes de fêtes on demande aux parents d’offrir des cadeaux qui sont plutôt des petites attentions, comme une chanson par exemple, de veiller à ne pas trop gâter leurs enfants, pour que d’autres, moins riches, ne soient pas lésés. Les valeurs qui sont enseignées ici vont leur permettre de grandir en étant ouverts sur les autres.


Quels sont les projets du Carrousel dans l’avenir?

Et bien, nous allons ouvrir une autre école à Pipera sur la demande de nombreux parents dont les plus grands enfants sont scolarisés à des distances telles, qu’ils désirent que leurs plus petits soient à proximité de leurs lieux d’habitation. Je crois que la proximité les rassurent et les soulagent après une longue journée de travail.


Pour les plus petits, acceptez-vous que les mères viennent accompagner leurs enfants dans un premier temps avant de couper le cordon?

Oui, on y est même très favorable et le temps dont l’enfant à besoin varie vraiment en fonction de ses aptitudes à s’ouvrir sur les autres. Les mères nous aident même parfois, elles participent pour aider les animateurs, préparer des sorties ou animer des activités d’éveil. Pour le moment, elles ont toujours été très respectueuses du travail effectué par notre équipe et elles leur laissent la liberté dont ils ont besoin pour prendre en charge leurs enfants. On constate que des enfants qui sont bien encadrés, qui développent leur sociabilité dans un environnement adapté, se mettent à parler plus vite et sans pression. On fait ce métier car on veut que nos enfants et les enfants des autres partent avec un maximum de chance pour être ensuite plongés dans le monde.

 

Grégory Rateau (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - mercredi 5 juillet 2017

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