Bucarest

AFTERIMAGE/LES FLEURS BLEUES - L’engagement de l’artiste et le prix à payer pour ses convictions

La rédaction vous propose sa recommandation cinéma de la semaine. Nous vous conseillons vivement de découvrir dans le cadre du festival Cinepolitica organisé à Bucarest, l’ultime film du mythique cinéaste polonais Andrzej Wajda, décédé l’année passée, «Afterimage». L’histoire d’une agonie, celle du peintre engagé Strzeminski persécuté par le régime stalinien.

 

 

 

Qui mieux qu’un visionnaire de la carrure d’un Andrzej Wajda pour tirer sa révérence en terminant sur le portrait engagé d’un peintre inventeur de nouvelles formes. Comme pour tous ses films, il est ici question de l’histoire de la Pologne et de la possibilité de la voir altérée dans ses valeurs profondes. Le parti unique est instauré, la stalinisation du pays peut commencer à se mettre en marche. Wajda connait le prix à payer pour s’opposer au système, le film ne baigne pas dans la lumière héroïque d’un été inspirant mais bien dans la grisaille d'un éternel hiver, celui de la solitude de l’homme, de l’artiste, persécuté pour ses idéaux et luttant jusqu’au bout, au nom de la vérité de son art. L’une des scènes les plus symboliques apparaît dès l’ouverture du film où Strzeminski (Boguslaw Linda) peint dans son atelier jusqu’à l’arrivée d’une équipe d’ouvriers qui se pressent d’installer un portrait de Staline au niveau de sa fenêtre, l’obstruant et plongeant ainsi son lieu de travail dans une lumière sanguinaire. Isolé, coupé du réel, prisonnier du prisme de la censure et de l’embrigadement, son monde est petit à petit contaminé par le régime et sa dictature de la pensée. Boguslaw Linda, monstre sacré en Pologne, revient au premier plan, magnifié par la photographie tout en nuances de Pawel Edelman, directeur de la photographie du film «Le pianiste» de Roman Polanski. Tous ensemble conjuguent leurs talents, avec une grande économie de moyens, pour faire de ce dernier film d’ Andrzej Wajda, un testament désespéré, à la hauteur d’une oeuvre, à présent, immortelle.

Horaires :


Cinéma Elvire Popescu:

Jeudi 20 Avril 2017 / 20:30

Fiche du film :

Pologne, 2017 (1h 38min)
De Andrzej Wajda
Avec Boguslaw Linda, Aleksandra Justa, Bronislawa Zamachowska plus
Genres Biopic, Drame

 

Critiques :

Le Monde : «Andrzej Wajda, dont les représentants du PiS au conseil municipal de Gdansk avaient refusé qu’il soit fait citoyen d’honneur de la ville, laisse ainsi, avec un très beau dernier film, un avertissement nourri de décennies d’expérience.»

Le Figaro : «Avec un lyrisme sombre et contenu, Wajda écrit d'un même mouvement une page d'histoire de l'art et d'histoire politique. Sa mise en scène décrit précisément les rouages de la machine totalitaire. Tout se tient.»

Les Fiches du Cinéma : «L’ultime chef-d’œuvre de Wajda : un testament magnifique et poignant.»


Synopsis :

Dans la Pologne d’après-guerre, le célèbre peintre Wladyslaw Strzeminski, figure majeure de l’avant-garde, enseigne à l’École Nationale des Beaux Arts de Lodz. Il est considéré par ses étudiants comme le grand maître de la peinture moderne mais les autorités communistes ne partagent pas cet avis. Car, contrairement à la plupart des autres artistes, Strzemiński ne veut pas se conformer aux exigences du Parti et notamment à l’esthétique du « réalisme socialiste ». Expulsé de l'université, rayé du syndicat des artistes, il subit, malgré le soutien de ses étudiants, l’acharnement des autorités qui veulent le faire disparaître et détruire toutes ses œuvres.

 

 

Grégory Rateau (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Jeudi 20 avril 2017

 
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