Bucarest

I, DANIEL BLAKE - Le portrait des laissés-pour-compte

 La rédaction du Petitjournal.com vous propose tous les jeudis une recommandation pour votre sortie grand écran de la semaine. Cette semaine, nous vous conseillons la projection de I, Daniel Blake, le nouveau film engagé de Ken Loach. Comme l’un de ses précédents films où le nom de son héros le faisait soudain sortir de l’ombre, My name is Joe, Ken Loach nous plonge toujours avec le même humanisme dans l’univers des oubliés du système. Un film important, notre Palme du coeur.

 

Ce film nous plonge aux côtés de son héros, Daniel Blake (Dave Johns), dans une lutte du quotidien pour préserver sa dignité. Menuisier de profession, Daniel Blake ne peut plus travailler à cause d’une maladie cardiaque et pourtant il se retrouve contraint de chercher un nouveau travail pour assurer sa survie. Daniel Blake c’est Ken Loach qui, à 80 ans, ne s’est jamais lassé de dénoncer toutes les injustices faites aux petits gens. Sa colère, son empathie et son humanisme ne se sont pas usés de film en film. Après la Palme d’or reçue au festival de Cannes en 2006 pour son film Le vent se lève, le cinéaste mène peut-être aujourd’hui, l’un de ses derniers combats, qui lui a, d’ores et déjà valu, d’être récompensé par une nouvelle Palme d’or. L’identification avec son héros est totale, ce qui rend le film encore plus bouleversant quand on connait un peu la filmographie de son auteur et ses luttes privées. Dans ce drame social qui est également une virulente satyre de la société anglaise d'aujourd'hui, Loach n’oublie pas pour autant l’humour - il faut voir Daniel Blake planté devant son clavier, impuissant, dans une de ces scènes à la fois drôle et crève-coeur dont seul Ken Loach a le secret - pour comprendre tout le génie subtil de la «Ken touch». Le film nous raconte ensuite l’histoire de deux naufragés s’accrochant l’un à l’autre, Daniel faisant la rencontre d’une jeune mère célibataire et démunie, Katie (Hayley Squires), prise avec lui dans la même broyeuse administrative. Cette histoire de fraternité humaine prouve, une fois encore, à quel point Ken Loach est un grand directeur d'acteurs. Sa caméra ne devance jamais les corps, elle ne les prend jamais de haut. Toujours fixé à taille humaine, l'objectif est là pour constater, accompagner, isoler les êtres filmés. Sa mise en scène opère comme un bain révélateur, nous laissant voir, petit à petit, la belle complexité des sentiments humains.

 

 

 

Horaires :

Cinéma Elvire Popescu:

Vendredi 10 mars à 20:30
Samedi 11 mars à 20:30
Dimanche 12 mars à 18:30

Cinéma Muzeul Taranului

Vendredi 10 mars à 20:15

Dimanche 12 mars à 18:15

 

 

I, Daniel Blake
Britannique, Français, Belge, 2016, 1h41min
Drame
De Ken Loach
Avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan Mckierman...


Critiques :

Positif : «Au moment où les alternatives politiques à gauche se réduisent comme peau de chagrin (...), la combativité jamais ébranlée de Loach est plus que jamais nécessaire pour pointer les errements de nos sociétés et guider les citoyens vers un autre monde.»

 

Le Monde : «Un héros ordinaire et magnifique [dans] l’un des plus beaux films de Ken Loach. Une oeuvre d’une rectitude singulière, qui évite la raideur par la vertu de sa profonde humanité.»

 

Télérama : «A 80 ans, Ken Loach n'a pas baissé les armes. Pas encore. Il a gardé intacts sa colère, son empathie, son humanisme. Sourd aux modes et aux postures cyniques, il peint, à nouveau, dans "Moi, Daniel Blake", "son" Angleterre (...) : ce peuple que plus personne, sauf lui, n'appelle la classe ouvrière.»


Synopsis :

Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…

 

 

 

 

Grégory Rateau (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Jeudi 9 mars 2017

 
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