Bucarest

LE BUCAREST DE...Richard Edwards

Pour cette chronique "Le Bucarest de", nous sommes allés à la rencontre du chroniqueur et écrivain Richard Edwards. Amoureux des pierres, qui parfois nous racontent l'histoire des hommes, Richard a décidé de nous conter aujourd'hui l'histoire de son Bucarest à lui. Dans la lignée de ses chroniques d'un amateur sur Radio Roumanie Internationale, nous nous laissons à présent guider par ses mots et non plus par sa voix.

 

Bucarest, à tort ou à raison.


Bucarest n’est pas une ville que l’on peut décrire, comme on le fait de Vienne, de Budapest ou de Prague. Le temps que vous lisiez consciencieusement ce qui est écrit dans les guides de voyages, Bucarest en sera déjà à un autre moment.

Bien sûr, la municipalité propose, avec son « Bucharest City Tour » (!), un circuit en bus ou en voiture avec chauffeur pour que vous puissiez photographier, dans le sens de la marche, « Le Palais du Gouvernement », « l’Arc de triomphe », « La Maison de la Presse Libre», « l’Avenue de la Victoire » sans oublier les places : de « La  Révolution », de « L’Université », de  « L’Union », et « Charles de Gaulle ». Et le tour est joué.

 

Bucarest, la plus grande métropole de l’Europe orientale est une ville en mouvement permanent. Paul Morand écrivait, en 1935, qu’ « elle s’adapte à tout, même à l’impossible ».
Cela fait dire à son sujet : « Ville martyre du pouvoir totalitaire », « Petit Paris », « Ville du désordre », « Ville aux multiples centres ». Tout est vrai, tout est faux tant que l’on s’obstine à une nosographie comme on le ferait de la description d’une maladie, pour tenter un diagnostic rassurant notre logique mentale.

Les entrelacs des architectures tissent la ville, au gré des circonstances. Ainsi en est-il du style Brâncovanesc, à la fin du XVIIème, ou du style Byzantin, les Phanariotes ayant été des urbanistes actifs au XVIIIème siècle, créant des Maïdan, grandes surfaces de vie sociale, d’échanges commerciaux, avec fontaines, églises, et des maisons attenant à des jardins cultivables, puis les styles nés du tropisme de la ville pour l’Occident au XIXème siècle, sous influence Haussmannienne. C’est aussi le temps des grands parcs qui se créent en de multiples endroits. Et viendra le temps des communistes, celui de la construction des blocs collectifs, encore amplifié après le tremblement de terre de 1977, il suffit de se rendre dans le quartier « Drumul Taberei », la route du campement, à l’ouest de Bucarest. Le XXIème siècle voit fleurir les immeubles, à l’architecture dite internationale, certains, indigestes, mais aussi, à l’abri de rues plus discrètes, des maisons de belle facture.

 

Bucarest n’a jamais cessé d’être « habitée », et la cité continue d’être parcourue, arpentée, que ce soit sous la pluie, qui étouffe les canalisations jusqu’au débordement, le soleil, et sa canicule en été, la neige qui restera sur les trottoirs, de plus en plus grise, libérant une petite tranchée pour le piéton.

Bucarest n’a d’autre destin que d’être la ville en vie, qui vous attend.

Richard Edwards (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Vendredi 21 avril 2017

 

 
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