Bucarest

HISTOIRE D'UN LIEU - La librairie Carturesti Verona

La ville de Bucarest est connue depuis le 18ème siècle, et ce, jusqu’au début du siècle suivant, comme le petit Paris, pour ses cafés, son architecture néo-classique, alors prisée des classes aisées, et pour sa culture. Meurtri par le communisme, cet intellectualisme bourgeois reprend peu à peu ses droits, donnant lieu à des initiatives intéressantes tel que la réhabilitation de Verona N°13.

Initialement, Verona n°13 fut construite pour D.A Sturdza, homme politique et académicien, ancien premier ministre entre 1895 et 1909.
Bien que construite sur les standards alors en vigueur d’une maison familiale bourgeoise, avec un hall central donnant sur des pièces latérales symétriques, celle-ci fut rapidement transformée, après la mort de M. Sturdza, en librairie.

Malgré l'arrivée du communisme, Verona n°13 a su garder son authenticité. Le bâtiment fut transformé en librairie juste avant sa nationalisation par le régime communiste, ce qui a permis de conserver intact l’esprit de ce lieu. Le bâtiment aurait même servi, un temps, à entreposer les ouvrages qui ne suivaient pas la ligne politique du parti. Néanmoins, ces livres furent détruits petit à petit.
Une dizaine d'années après la chute du régime, Serban Sturdza, son nouveau propriétaire, décide de réhabiliter le lieu, c'est ainsi que vit le jour la librairie Carturesti Verona que nous connaissons aujourd'hui. Le projet commencé dans les années 2000 est façonné par une une ligne directive: « Voir le livre autrement ».

 

C’est avec cette idée que Serban Sturdza et son équipe se lancent dans la réhabilitation du bâtiment pour lui donner "une seconde chance". Ils décident donc d'en faire un lieu de découverte, où les livres sont mis à l'honneur, et l'espace, à présent consacré à la lecture, rayonne autrement.

Dès que l'on pénètre dans la bâtiment, on se rend très rapidement compte que la rénovation ne vient en rien compromettre l'authenticité du lieu. Grossièrement blanchis à la chaux, les murs et les plafonds gardent les marques de son histoire. La réhabilitation ne cherche pas à effacer, mais au contraire, à mettre en valeur la structure du bâtiment. Les moulures qui ornent le plafond sont simplement blanchies, et les parties qui n'ont pas pu être reprises sont détruites, laissant visible l'empreinte laissée par le temps.
Ainsi, les designers et architectes surlignent et rappellent que ce lieu à une histoire.

A l'opposé, les portes et le mobilier ont eu droit à une rénovation complète. Les motifs utilisés, bien que non authentiques, rappellent parfois avec humour, ceux du 18ème siècle.
La structure générale du bâtiment est mise à nue, laissant les matériaux bruts parler d'eux mêmes. Le bois et la brique se marient alors dans une ambiance chaleureuse et accueillante, chaque pièce apporte son lot de surprise, que ce soit le sous-sol, avec ses voûtes de briques protégeant une véritable cave à vin, ou bien son grenier, dévoilant l'imposante charpente de la bâtisse.

Ce projet apparait comme un symbole, invitant "à faire autrement", tout en promouvant la littérature, la culture et plus généralement la création.
La culture roumaine, renaît sous un jour nouveau par le bais de ce type de projets. L’Histoire qui, malgré ses déboires, vient imprimer sa marque indélébile, n'empêche pas les Roumains d'avoir la force d’entreprendre et de surprendre. Ils le doivent donc au courage et à la créativité d'une jeune génération de designers et d’architectes.

Le festival Street Delivery, existant depuis 2005, est en soit un exemple de cette dynamique du changement. La 12ème édition est prévue pour les 9-10 et 11 juin de cette année. Le festival fermera les rues aux voitures pour ouvrir l'espace au public. L’occasion pour chacun de découvrir ce quartier, connu et méconnu, au travers des arts et des métiers.

La librairie Carturesti Verona se trouve au nr.13 de la rue Pictor Arthur Verona

 

Allan Bourgeais (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Mercredi 16 mars 2017

 
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