ENTRETIEN - Andrei Ţăranu : "La campagne sera dure mais sans intérêt"

Depuis vendredi dernier (et jusqu'au 8 décembre) les partis politiques sont entrés en campagne électorale. Pendant un mois, les candidats s'affronteront pour les sièges de sénateurs et députés. Décryptage avec Andrei Ţăranu, politologue et professeur à la faculté de Sciences politiques de Bucarest

Photo : D.R.

Lepetitjournal.com/Bucarest - La campagne a commencé vendredi avec une accusation d'incompatibilité pour trois ministres du gouvernement par l'Agence nationale d'intégrité (ANI). Est-ce une coïncidence ? A quoi va ressembler cette campagne électorale ?  
Andrei Ţăranu -
La campagne va être d'une part très dure. D'autre part, elle ne va pas attirer énormément d’électeurs, ou alors seulement une certaine catégorie de personnes. Quant à la décision de l'ANI, il est difficile de dire si c'est une coïncidence ou pas. Néanmoins, d'après les éléments que l'on a en main, il est peu probable que ce soit un hasard. Il faut rappeler qu'il a toujours existé auparavant, pendant d'autres campagnes électorales, ce genre de dossiers qui ont éclaté au début des campagnes, afin de défier la concurrence. Il est possible que cette course électorale pour les législatives soit de ce type-là, une campagne sans grands messages politiques pertinents, mais plutôt avec des affaires lancées en pâture aux électeurs.

Est-ce que la crise politique de cet été a, d'une certaine manière, affecté l’intérêt des citoyens pour ces élections législatives ? Va-t-on le ressentir sur le taux de participation au vote ?
Pour certains, cette crise a renforcé leur antipathie vis-à-vis des hommes politiques, et cela pour deux motifs. Pour ceux qui soutiennent le président Traian Băsescu, ils ont compris que le boycott était une forme de protestation des plus faciles et des plus performantes. Quant aux autres, qui se sont opposés au président et qui ont été tout de même nombreux, ils ont l'impression que leur vote au référendum n'a pas compté, alors ils sont assez déçus. Dans tous les cas, le taux de participation aux élections législatives sera moyen et n'égalera jamais celui des élections municipales de juin, qui n'a jamais été aussi élevé depuis 2000. L’intérêt pour les locales est beaucoup plus important, car les électeurs connaissent le maire, les conseillers municipaux, des personnes qui sont proches et connues des communautés, ce qui n'est pas le cas des députés ou des sénateurs.

Gigi Becali est candidat pour l'Union sociale libérale (USL), le Parti national libéral chute dans les sondages, Dan Diaconescu se présente sur les terres de Victor Ponta, comment expliquez-vous tout ça ?
Concernant Becali, c'est une décision difficile à comprendre. De mon point de vue, même si je n'en ai pas la preuve, c'est pour des questions de financement. Quant à la chute du PNL dans les sondages, on a à faire à des alliances politiques, donc difficile de dire si cela aura une influence sur le vote pour l'USL. Mais au niveau local, l'USL a du poids, l’électorat la connaît, donc cela n’empêchera pas les électeurs de voter pour elle. Par contre, il est difficile de savoir à quoi joue Dan Diaconescu. Il se présente contre Ponta dans le département de Golj, de manière à ce que Ponta n'obtienne pas directement 50% des voies. Souvent, le Parti du peuple - Dan Diaconescu (PP-DD) utilise ce type de stratégie : voler des voies à l'USL, de façon à avantager l'Alliance roumaine de droite (ARD).
Propos recueillis par Julia Beurq (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 12 novembre 2012

 

Bucarest

CULTURE - Sauvez le grand écran 

La Roumanie est le pays européen qui possède aujourd'hui le moins de salles par rapport au nombre d'habitants. L'Association pour la promotion du film roumain (APFR) vient de lancer une campagne visant à sensibiliser le grand public sur la disparition des salles de cinéma. Un ample projet basé sur la réalisation d'un documentaire dont la première aura lieu lors du Festival international du film de Transylvanie (TIFF). Entretien avec Andrei…
A la une
France/Monde
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

TRANSITION DE CARRIERE - Les 3 freins les plus fréquents pour les expatriées

Suivre son conjoint en expatriation est une occasion qui permet de prendre du recul sur sa vie et sa carrière. C’est à ce moment-là que nous nous apercevons de tous les besoins que nous avons et nous souhaitons les rééquilibrer. Accompagnant des femmes en transition de carrière depuis plus de 3 ans maintenant, voici les 3 principaux freins au passage à l’action que j’ai identifiés.
Expat - Politique
Magazine
Les trophées 2014

TROPHEES 2014 - Revivez la soirée en vidéo avec France Diplomatie et France 24

À l'initiative du petitjournal.com, les "Trophées des Français de l'étranger" ont été remis à leurs sept lauréats jeudi 6 mars au Quai d'Orsay, en présence de Mme Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger. Découvrez les reportages consacrés aux lauréats sur France 24 et la vidéo officielle de la soirée réalisée par le ministère des Affaires étrangères