Bogota

Marc CABALE - Retour sur sa première année à la direction du Lycée Français Louis Pasteur


A quelques jours du festival « Lycée Français en Fête », le Lycée Français Louis Pasteur de Bogotá a ouvert ses portes au petitjournal.com de Colombie. Nous avons ainsi rencontré Marc Cabalé, qui arrive à la fin de sa première année en tant que proviseur. Ouvert depuis 1934, cette école affiche des résultats excellents (99% de taux de réussite au bac en 2016, et 81% de mentions). Trois autres Lycée Français existent en Colombie : le Lycée Français Paul Valéry de Cali (1956), le Lycée Français de Pereira (1980), et récemment le Lycée Français de Medellin (2015). 


 Photo de gauche à droite : Elisabeth Dumas (Directrice de la Maternelle), Marc Cabalé et Pascal Maffioletti (Directeur du Primaire)

Lepetitjournal.com Bogotá : Quel a été votre parcours avant votre arrivée à Bogotá ?

Marc CABALE: J’ai commencé ma carrière comme enseignant de sciences physiques et chimiques, en France et au Pérou dans le réseau AEFE pendant presque 8 ans. J’ai ensuite occupé un poste de proviseur adjoint en France pendant 3 ans avant d’intégrer l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Ma première mission s’est déroulée en République Dominicaine, où j’ai dirigé le Lycée Français de Saint-Domingue pendant 5 ans. Je suis arrivée à Bogotá en Septembre 2016. Je connaissais quelque peu la Colombie pour y avoir passé des vacances.

Quels ont été vos principaux défis rencontrés dans l’exercice de vos fonctions ?

Mon arrivée dans le Lycée Louis Pasteur et la passation avec mon prédécesseur se sont très bien déroulées. Le Lycée Français de Bogotá bénéficie d’une certaine liberté et autonomie quant au contenu. Le lycée connait beaucoup de projets et à tous les niveaux, c’est une richesse mais qu’il faut canaliser pour qu’elle soit la plus efficiente possible pour tous.

Comment est constitué le personnel enseignant et quelle est la répartition des étudiants par nationalités?

Nous comptons aujourd’hui 120 professeurs dans l’établissement. Le corps professoral est composé d’environ 50% de titulaire de l’éducation nationale française. L’autre moitié est constituée de professeurs de toute nationalité et tous profitent du plan de formation mis en place par l’AEFE au niveau de tous les lycées Français de la zone. 20% des élèves sont français, 70% sont colombiens et les 10% restant sont de différentes nationalités. Cette diversité est une des richesses des lycées Français

Comment s’organise la sélection de vos élèves à l’inscription ?

Il est plus facile d’intégrer le Lycée Français en maternelle, à la petite section, voire à la moyenne section. Pour ces inscriptions, nous donnons la priorité aux Français. En effet, la France offre chaque année pour notre établissement 2.200€ par élève pour la scolarité. C’est un côté que nous ne voyons pas mais qu’il est important d’éclairer. Nous privilégions ensuite les inscriptions enfants qui ont des frères ou sœurs déjà scolarisés, puis les enfants des anciens élèves, quelle que soit leur nationalité. 

A combien s’élèvent les frais de scolarité ?

Le prix est différent selon les niveaux. En petite-section, le prix mensuel est de 1.900.000  pesos, tandis qu’en première et terminale, il est de 860.000 pesos. Ces prix sont très différents et s’expliquent par des changements de réglementation Colombienne. En effet, les prix sont régulés par le ministère colombien. Ils évoluent également en fonction des résultats aux épreuves de l’IFCES (Instituto Colombiano para la Evaluación de la Educación) dans laquelle nous sommes situés dans le niveau « muy superior ».

Quelle est la capacité d’accueil de de votre établissement ?

Nous accueillions actuellement 1.960 élèves, de la maternelle à la terminale. Cet effectif est le même depuis 30 ans. Nous avons en moyenne 5 à 6 classes par niveau. La structure actuelle du bâtiment et notre volonté de conserver une qualité d’enseignement élevée ne nous permet pas d’accepter davantage d’élèves. 

Photo : Lycée Français Louis Pasteur, Bogotá

Avez-vous observé une augmentation de la demande d’inscription ?

Oui, il s’agit là de la problématique majeure de l’établissement. Nous ne pouvons répondre à la demande qui est trop élevée. Nous refusons en moyenne 250 demandes d’inscription par an. Certaines familles ne déposent même pas de dossiers d’inscription sachant qu’il n’y aura pas de place pour leur(s) enfant(s).

Quelles sont les mesures prises pour répondre au mieux à l’augmentation de la demande d’inscription ?

Nous étudions la possibilité de réaliser des travaux pour agrandir la structure actuelle, ainsi que la faisabilité d’un second lycée français à Bogotá.

Quelles sont vos principaux objectifs pour 2017 ?

Nous souhaitons revoir les horaires actuels du collège et lycée. Actuellement, les classes de collège travaillent entre 33h et 34h par semaine alors que les programmes français demandent 26h par semaine. En prenant compte de la règlementation colombienne, nous devrions atteindre entre 28h et 29h par semaine, ce qui permettra de dégager du temps pour développer les activités périscolaires, telles que des compétitions sportives, des activités artistiques et scientifiques. Il est souvent considéré que plus le nombre d’heures de cours est élevé, plus l’apprentissage sera bon, ce qui est faux. Nous savons tous que nous pouvons aussi apprendre sur d’autres types d’activités que purement scolaire et c’est ce que je souhaite développer. Participer à des rencontres, à des compétitions avec d’autres établissements est un aspect important du développement d’un enfant, tout comme mener plus d’activité proche de la nature. A la rentrée de Septembre 2017, nous allons également mettre en place des tests supplémentaires aux inscriptions en maternelle afin de mieux aider les familles qui souhaitent rentrer au lycée.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?

Les projets sont nombreux mais dans les plus présents, il est envisagé de déménager la maternelle. C’est un projet de plus de 30 ans, difficile à mettre en place pour diverses raisons : trouver un terrain proche du lycée et forcément une difficulté financière pour le prix du quartier où réside le lycée. Il existe aussi la possibilité de mieux exploiter le terrain actuel, et c’est sûrement une des options que nous prendrons ensemble avec le conseil d’administration et les représentants des personnels lors d’un comité de direction.

 Photo : D.Fellous/MIRA-V

Retrouvez toutes les information sur le festival « Lycée Français en Fête » qui aura lieu ce vendredi 19 mai 2017 au Lycée Français Louis Pasteur de Bogotá. 

Propos recueillis par Delphine Thébaud, www.lepetitjournal.com/bogota, mardi 16 mai 2017

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