Bogota

CULTURE - Ces pirates français qui osèrent attaquer Carthagène !


Carthagène des Indes, un nom qui fait depuis toujours rêver et attise la curiosité. Si de nos jours, elle attire les touristes du monde entier par son charme colonial, son histoire et sa position géographique idéale, elle a longtemps été regardée avec convoitise par les pirates et les couronnes ennemies. Parmi eux : les Français.


Tout commence le 1er juin 1533, date à laquelle Don Pedro de Heredia, le conquistador espagnol, fonde la ville. Ce jour là, une croix et une épée furent plantées là où maintenant se trouve le port commercial de Carthagène. Rapidement de l’or, de l’argent et des émeraudes sont découverts et ainsi commença le commerce avec le vieux monde. La Couronne espagnole envoya des galions chargés de matériaux pour permettre aux colons de construire la cité et de vivre dans de meilleures conditions. Ces mêmes navires repartaient gorgés de ces métaux et pierres précieuses venant de Colombie mais aussi du Pérou, richesses dérobées aux Incas. La prospérité de la ville se fit entendre par delà les océans et dès lors les Anglais et les Français eurent un œil rivé sur cette ville aux trésors.

Il faut seulement attendre onze ans après la fondation de la ville pour que le premier Français arrive : Robert Baal. Robert Baal a eu la tâche facile car en 1544, la ville n’avait pas encore de fortifications. Il surprit les habitants, au petit matin, le jour du mariage d’une des filles de la famille de Pedro Heredia. Aussi les Carthaginois ne se préoccupèrent point des trompettes qui avertissaient l’attaque du pirate pensant qu’elles annonçaient le début des festivités. Mal leur en a pris car quand ils s’aperçurent de leur erreur, Robert Baal et ses hommes occupaient déjà la ville. Pedro Heredia après s’être battu jusque dans sa propre maison, s’enfuit avec sa famille hors de Carthagène, et dû verser une rançon pour que sa ville soit libérée.

En 1559, la ville dû faire face à une nouvelle attaque, celle du pirate français Martin Cote. Le gouverneur de la ville à cette époque, Juan de Villegas, rivalisa d’ingéniosité pour défendre la ville en faisant installer, dans les endroits où les hommes de Cote pouvaient débarquer, des fils barbelés empoisonnés. Marildo, le cacique de Carex (actuellement Tierra Bomba), attendait, lui, les pirates avec 500 indiens munis d’arcs et de flèches. Mais cela ne suffit pas et Carthagène fut envahie et dévalisée.

Les travaux de fortification de la ville démarrèrent en 1586. Cela n’empêcha pas Bernard Desjean, Baron de Pointis, corsaire envoyé par Louis XIV, de l’attaquer. Il arriva avec 19 navires et pas moins de 4.000 hommes. Ils prirent d’assaut le Castillo San Felipe, bombardèrent sans pitié la porte de la Média Luna et rentrèrent triomphant dans Getsemani. Malgré sa résistance, Carthagène capitula. Pointis quitta la cité un mois plus tard en laissant une ville saccagée et dépouillée. Même les églises avaient été démunies de leurs cloches. Il fut reçu par le roi Louis XIV à Fontainebleau et, à cette occasion, Pointis lui offrit une émeraude grosse comme le poing. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les flibustiers Ducasse et Galifet estimant que la répartition du butin n’était pas celle qu’on leur avait promise, retournèrent à Carthagène pour piller une nouvelle fois la ville, cette fois-ci, pour leur propre compte.

N’allez pas croire que seuls les Français ont attaqué la Perle des Caraïbes. Les Anglais ont aussi eu leur part, mais ceci est une autre histoire. C’est en tout cas en partie grâce à ces français et anglais que ces murailles emblématiques encerclent encore aujourd’hui la ville, murailles achevées en 1756 et dont le Roi d’Espagne disait qu’il aurait dû les voir depuis les fenêtres de son château, tellement elles lui avaient été onéreuses.

Pascale Girard Oudin, www.lepetitjournal.com/bogota, mercredi 17 mai 2017

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