Bogota

Fête Nationale - Bienvenue dans une Colombie symbolique et emblématique

D’où vient le nom « Colombie » ? Quelles sont les origines des symboles colombiens ? Nous voici le 20 juillet, et cette année, les colombiens fêtent le 207ème anniversaire depuis le « Grito de Independencia », l’occasion de mettre à jours ses connaissances et devenir incollable sur le sujet !

Vous le savez bien, le 20 Juillet 1810 marque le début de la République de la Colombie, fière, souriante, merveilleuse terre de promesses, tout de même pourvue d’une actualité assez particulière. Le Traité de Paix entre le gouvernement de l’actuel président Santos et la guérilla des FARC commence enfin à devenir réalité. Après tout, rappelons que cette guérilla qui a plus de 50 ans d’activités armées et illégales vient de remettre leur armement aux autorités de paix de l’ONU, dans un esprit de légalité, d’évolution et de réconciliation. Ainsi, le bien-être de toute la Colombie se dessine sur un nouvel horizon moins lointain que jamais auparavant.

Ceci dit, bien que cette de remise au point du contrat social colombien ne soit pas la fin de toutes les difficultés du pays, c’est une nouvelle très attendue par le pays, mais aussi favorable pour l’ensemble de la région bolivarienne. Et oui ! Ne vous trompez pas : nous parlons bien ici de la Colombie, et non pas de notre voisin la Bolivie. Savez-vous ce qu’est la Colombie de Simón Bolívar, de Francisco de Paula Santander et de Francisco Miranda ? Non, peut-être, bien-sûr. Peu importe, soyez les bienvenus dans une Colombie symbolique et emblématique.

Commençons par le début. Pourquoi la « Colombie » ? Et bien, saviez-vous que le nom « Colombie » vient du patronyme de Christophe Colomb, utilisé pour la première fois par Francisco de Miranda pour parler de l’ensemble du « Nouveau Monde » et pas seulement de la région colombo-colombienne d’aujourd’hui ? En fait, ce terme faisait référence à cette personnalité mais concernait la totalité des territoires et colonies alors sous le régime espagnol et portugais. Aujourd’hui, seule la Colombie conserve le titre honorifique de cette personnalité à laquelle on attribue la découverte de l’Amérique. Cette fois-ci, nous parlons bien d’’une nation, avec ses propres lois, sa culture unique et comme vous le verrez également, ses symboles.

Au nombre de trois, ces símbolos patrios – éléments représentatifs du pays à l’intérieur de celui-ci et à l’étranger – sont les suivants : l’hymne de la république, le drapeau national et le blason d’armoiries.

L’Hymne National colombien

Il a été officiellement adopté en 1920 par le président Marco Fidel Suárez, après les arrangements de José Contreras pour sa version symphonique. Ceci dit, la composition musicale que nous connaissons appartient à l’italien Oreste Sindici et les paroles ont été rédigées par le président Rafael Núñez en 1887. Cette chanson nationale, si l’on peut la qualifier ainsi, fut initialement présentée au public comme une ode de célébration de l’indépendance de Cartagena de Indias, qui fut un des premiers centres urbains de l’ancienne colonie espagnole à connaitre la liberté du fardeau hispanique royaliste d’antan. Par la suite, cette musique a gagné une grande popularité et fut rapidement adoptée de manière spontanée comme Hymne National de la République de la Colombie. Un décret de juillet 1946 marqua de façon officielle son adoption par le gouvernement colombien. Le peuple colombien entonne avec fierté cet hymne, comme nous avons pu le constater lors des matchs de la Selección Cafetera à la coupe du monde de football de 2014 au Brésil. Un hymne qui serait, selon les colombiens, le deuxième plus beau du monde après la Marseillaise ! 

Le drapeau colombien

Photo : Wikipedia

Le drapeau de la Colombie a été conçu par Francisco de Miranda en mars 1806, et ensuite proclamé en 1811 par le Congrès qui reçut le même nom. C’est tout de même le père des patries dites bolivariennes, qui peu de temps après, ordonna que le drapeau proposé par Miranda soit adopté comme drapeau officiel de la Colombie. Le « Libertador » Simón Bolívar écrivit dans une lettre :

« Le pabellón de la victoire (…) que doit adopter toute la Nation est le même qui fut d’habitude utilisé lors de la première période de la république, celle-ci étant alors de trois couleurs : jaune, bleu et (rouge) incarné ».

Plusieurs versions expliquent l’origine des couleurs amarillo, azul y rojo qui caractérisent le drapeau colombien. Une hypothèse soutient par exemple que les couleurs jaune et rouge viennent du drapeau espagnol, auxquelles aurait été ajoutée plus tard la frange bleue pour représenter l’océan qui sépare la Colombie de l’Espagne. Une autre théorie prône une origine assez particulière, signalant que les couleurs du drapeau colombien seraient une preuve de remerciement de Francisco de de Miranda envers son amie l’Impératrice Catherine de Russie, le jaune étant la couleur de ses cheveux, le bleu celle de ses yeux et le rouge celui de ses lèvres incarnates. 

Cependant la version acceptée et à laquelle fait référence Francisco Antonio Zea en 1819 lors du Congrès de Angostura, dit:

 «Notre drapeau national, symbole des libertés publiques, aussi que de l’Amérique revendiquée, doit avoir trois franges de couleurs différentes : ainsi la première, jaune, représentant les peuples que nous aimons et l’amour que nous éprouvons par la fédération (grand-colombienne); la deuxième, bleue, couleur des mers, cherchant démontrer aux despotes de l’Espagne que l’immensité de l’Océan nous sépare de son fardeau omineux; et la troisième, rouge, ayant pour fin celle de faire comprendre aux tyrans qu’avant d’accepter l’esclavage qu’ils nous ont imposé pendant trois siècles, nous voulons les noyer dans notre propre sang, leur déclarant la guerre à mort au nom de l’humanité ».

Dans ce sens, les couleurs représentent de nos jours l’abondance et la richesse du sol colombien (le jaune), l’harmonie, la justice et la souveraineté ainsi que les deux océans qui touchent le territoire colombien (le bleu), et finalement la représentation du sang des héros de l’indépendance au sens de l’amour, du progrès, de la force et du pouvoir (le rouge).

Ne reste autre chose à dire que le drapeau a son jour de fête, le 7 août, date qui commémore la bataille de Boyacá, une bataille qui marque la fin du processus d’Indépendance de la Colombie proclamée ce jour,le 20 juillet.

Le blason d’armoiries de la Colombie

C’est en 1834 que le président de la République de la Nueva Granada (soit, Nouvelle Grenade, république réunissant les trois nations actuelles du Panamá, Venezuela, Équateur et Colombie) établit cet emblème. Autrement dit, nous devons au général Francisco de Paula Santander ce blason qui représente le pays à l’étranger dans toutes ses ambassades et consulats colombiens et qui contient des éléments distinctifs du pays.          

Ainsi les trois franges horizontales du blason sont composées de la manière suivante :

 - la frange supérieure de couleur bleue possède des feuilles d’or, une grenade et de chaque côté des cornucopia, c’est-à-dire des cornes de l’abondance contenant à gauche des monnaies d’or, et à droite des fruits tropicaux.

 - la frange centrale inclut une barretina, gorro frigio, ou bien bonnet phrygien, rappelant l’esprit de la république et dans ce sens, les valeurs de liberté de manière similaire à la Marianne française

 - la frange inférieure montre l’Isthme de Panamá, prouvant son importance pour le pays avant sa sécession appuyée par les États-Unis. La mer des Caraïbes, de même que l’Océan Pacifique avec deux embarcations y figurent. 

Le condor, oiseau emblématique des Andes symbolisant la liberté, surplombe ce blason. Il est représenté avec ses grandes ailes déployées et tenant dans son bec une couronne de laurier ainsi qu’un ruban blanc sur lequel figurent les mots Libertad y Orden, « liberté et ordre », la devise nationale.

Ce blason a souvent fait l’objet de débats en raison des critiques qui le considèrent anachronique, voir vide de sens, comme le pourrait être la troisième frange, non plus représentative de la nation colombienne. Une chose est claire de manière aussi redoutable et majestueuse  : l’emblème du condor  reste toujours intouchable.

Saviez-vous enfin que les deux autres emblèmes sont la fleur nationale de l’orchidée Cattleya trianae et l’arbre national Ceroxylon quindiuense (ou palmier de cire du Quindío) ? N’attendez plus et visitez la Colombie et ses richesses, aussi réelles que magiques, dans une terre extraordinaire et emblématique. Voici la Colombie, voici le pays de Colomb et Bolivar, voici cette Colombia Tierra Querida.  

Source : Site de la Cancilleria 

Esteban Vidal Medina, www.lepetitjournal.com/bogota, jeudi 20 juillet 2017

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