Les Rohingyas, minorité musulmane apatride, peuvent-ils devenir citoyens birmans ? La question est au coeur des violences communautaires qui ont récemment secoué l'ouest du pays mais il semble exclu que le pouvoir y consente, préviennent les experts

Quelque 800.000 Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, vivent confinés dans l'Etat Rakhine, où des affrontements entre musulmans et bouddhistes ont fait depuis juin au moins 180 morts et 110.000 déplacés, principalement des musulmans.

Privés de nationalité par la junte au pouvoir jusqu'en mars 2011, les Rohingyas sont vus par la plupart des Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh, un ostracisme qui alimente un racisme quasi-unanime à leur encontre.

Mais l'ouverture politique a placé le nouveau régime sous les feux des projecteurs. "Nous voudrions que les problèmes (...) non résolus du statut des Rohingyas soient pris en compte par les dirigeants birmans de tous les bords politiques", a déclaré cette semaine le chef de la diplomatie britannique William Hague.

"A long terme, nous devons travailler pour donner aux Rohingyas une sorte de statut légal (...) avec un accès aux droits et services de base", a indiqué de son côté à l'AFP Vivian Tan, porte-parole du Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Mais quel statut ? Le gouvernement rakhine a lancé une enquête sur les musulmans de l'Etat pour déterminer s'ils sont citoyens, a indiqué à l'AFP son porte-parole Win Myaing. Mais les objectifs de ce recensement sont pour l'instant bien flous.

Les Rohingyas ne font pas partie des 135 "groupes ethniques" officiels à qui la loi sur la citoyenneté de 1982 octroie une citoyenneté pleine et entière. Et le fait qu'ils assurent avoir été sur le territoire avant 1823, début de la colonisation britannique, ne suffit pas.

"Nous n'avons pas l'intention d'accepter en tant que nouveau groupe ethnique les apatrides et ceux qui ne sont pas inclus dans les groupes ethniques officiels, comme les Rohingyas", a indiqué à l'AFP Zaw Htay, du bureau présidentiel.

Les autorités refusent même de reconnaître leur nom, faisant souvent référence aux "soi-disant Rohingyas". Une véritable "tentative d'ethnocide, c'est-à-dire de tuer l'identité culturelle d'un groupe", dénonce Maung Zarni, chercheur à la London School of Economics.

Les Rohingyas pourraient demander à être "citoyens naturalisés", une catégorie bénéficiant de droits moindres s'ils peuvent prouver leur présence dans le pays avant l'indépendance en 1948, poursuit-il. Mais "ils ont été privés de documents depuis des décennies" et la majorité ne pourra fournir de preuves de vie en Etat Rakhine.

D'autres analystes relèvent que le gouvernement ne peut prendre le risque de les naturaliser en masse face à une opinion publique qui les déteste, à trois ans d'élections cruciales pour la transition démocratique.

"Le gouvernement pourrait faire face à une réaction populaire violente s'il accorde la citoyenneté aux Rohingyas", prévient Nicholas Farelly, de l'Université nationale australienne. "Ce serait une tragédie si la question des Rohingyas était exacerbée par le besoin d'hommes politiques de s'assurer du soutien avant les élections de 2015".

La tentative d'un élu du parti majoritaire de refondre la loi sur la citoyenneté a d'ailleurs fait long feu mardi au parlement. Immédiatement rejetée par ses pairs, sa proposition n'était pourtant pas en faveur des Rohingyas.

"Ce n'est pas le moment de faire ça", a souligné Mann Kan Nyunt, également parlementaire de l'USDP, craignant les "doutes et les malentendus".

Quant à l'opposition démocratique, elle se garde bien de prendre le problème à bras-le-corps: la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi refuse de prendre position, appelant simplement à la fin des violences.

"Je ne pense pas qu'on doive utiliser son autorité morale (...) pour défendre une cause particulière sans chercher à connaître vraiment les racines du problème", a-t-elle récemment déclaré.

(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 15 novembre 2012

 
Une internationale

ENTREPRENDRE – L’aventure VivaLing continue en Chine

VivaLing, première académie de langue en ligne, se développe tous azimuts : ouverture en Chine, lancement de la première certification professionnelle pour l’enseignement des langues en ligne, une 5e langue - l’allemand - qui complète l’offre de l’anglais, du chinois, du français et de l’espagnol… Ce dynamisme est fondé sur une conviction : apprendre une langue à un enfant, "c’est créer des ponts entre les adultes de demain"
Postulez aux Trophées 2017

TROPHEES DES FRANÇAIS DE L'ÉTRANGER – Postulez !

Vous avez un parcours hors du commun à l’étranger ? Le 7 mars prochain, sept Français de l'étranger seront récompensés lors d’une soirée de prestige au Quai d'Orsay organisée par LEPETITJOURNAL.COM en présence de M. Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce Extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger. Alors n'attendez plus, postulez à cette cinquième édition ! Cliquez ici pour en savoir plus


Participez aux Trophées des Français de l'étranger !

Actu internationale
Actualités de nos partenaires

Quand l'expatriation dope les finances

Près de deux tiers des expatriés dans le monde sont propriétaires, et nombre d’entre eux s’accordent sur le fait que vivre à l’étranger est un atout pour concrétiser ses projets immobiliers.

NOËL EN EXPATRIATION – Pour des festivités réussies à l’étranger

Sous le soleil ou la neige, on se prépare doucement à fêter Noël. Mais dans la vie d’un expatrié, Noël fait partie de ces moments délicats à passer à l’étranger loin de sa famille et ces festivités peuvent avoir un gout doux-amer. Voici quelques conseils pour lutter contre le petit coup de blues de décembre
Expat
Expat - Emploi

ENTREPRENDRE – L’aventure VivaLing continue en Chine

VivaLing, première académie de langue en ligne, se développe tous azimuts : ouverture en Chine, lancement de la première certification professionnelle pour l’enseignement des langues en ligne, une 5e langue - l’allemand - qui complète l’offre de l’anglais, du chinois, du français et de l’espagnol… Ce dynamisme est fondé sur une conviction : apprendre une langue à un enfant, "c’est créer des ponts entre les adultes de demain"

COACHING - L’impact de l’expatriation sur la confiance en soi

Les gens vous perçoivent-ils comme quelqu’un de sûr de vous ? Comme une personne qui a réussi dans la vie et qui accompli beaucoup de choses ? Ils n’ont pas tout à fait tord, vous vous êtes tout de même expatrié, adapté à une nouvelle culture, un nouvel environnement et peut-être même avez-vous appris un nouveau langage ?
Expat - Politique

« 2017, la fin des tabous » – Discussion entre grands patrons et candidats à l’élection présidentielle

La 3ème édition du Sommet de l’économie de Challenges, titrée « 2017, la fin des tabous » réunissait des chefs d’entreprises françaises et des candidats à l’élection présidentielle pour aborder les mesures à prendre pour « redonner confiance à la France ». Mondialisation, énergies renouvelables, start-ups, formation professionnelle, directive travail détaché… Les décideurs ont confronté leurs idées, un exercice intéressant en cette période pré-électorale.

PARTI SOCIALISTE – Le Projet 2017 pour les Français de l’étranger

La fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste présente son Projet 2017 en vue des élections législatives. Véritable « boite à outil » pour les candidats – 5 sont connus à ce jour – ce document fait le bilan de l’action gouvernementale en faveur des Français de l’étranger et formule des propositions dans de nombreux domaines, avec "un impératif, celui du réalisme".
Magazine
En direct de nos éditions locales