Birmanie

RENCONTRE - Vincent Giraldo et Martin Huard, réalisateurs du documentaire "Birmanie: les chemins de la réintégration"

Du 15 au 19 juin 2017 a pris place à Yangon le 'Human Rights Human Dignity International Film Festival', un festival de films et documentaires se concentrant sur les droits de l'homme et la dignité humaine.  Aung San Suu Kyi, ministre des affaires étrangères, conseillère d'état et prix Nobel de la paix ainsi que Min Ko Naing, ancien prisonnier politique et leader influent dans la lutte démocratique ont parrainé l'événement. A cette occasion, lepetitjournal.com Birmanie a rencontré MM. Vincent Giraldo et Martin Huard qui présentaient leur documentaire "Birmanie - Les chemins de la réintégration", documentaire traitant du sort des prisonniers politiques Birmans ayant retrouvés la liberté après des années de captivité.

Vincent, journaliste et Martin, réalisateur pour BFM TV, sont tous deux basés en France. D'où vous est venue l'idée de ce documentaire?
Martin: Je viens en Birmanie depuis 2013, je suis tombé amoureux du pays dès le premier jour. j'y retourne environ tous les six mois. Donc Vincent et moi voulions faire quelque chose ensemble et la Birmanie est venue naturellement.  Ensuite on est tombé sur un article de Guillaume Pajot (NDLR : Birmanie : guérir de la torture, Libération, Avril 2015) qui traitait de ça et on a tout de suite accroché avec le sujet.

Vincent: Et puis ça n'avait pas été traité en vidéo. Il y a eu des articles mais pas de vidéo.  L'article de Guillaume était super et on s'est dit que ça serait vraiment bien de mettre ça sur pellicule. 


Le documentaire a déjà était diffusé dans d'autres parties du monde, il a notamment gagné un prix aux Etats-Unis, à Chicago. Vous en avez également fait un reportage pour France 24... Mais est-ce différent de le voir diffusé ici, en Birmanie?
Martin: Tout ce qui arrive au film, on ne s'y attendait pas. Et le passer devant un public birman, c'est vraiment génial. Certaines personnes qui sont dans le documentaire étaient là pour la diffusion de samedi soir... C'est vraiment bien qu'ils aient vu le film, qu'il ait été diffusé ici, devant un public birman. C'est une belle fin pour le documentaire.

Vincent: On ne pensait pas qu'on ferait autant de trucs avec ce documentaire. Pour moi, c'est en dehors du journalisme, c'est une belle respiration. On fait une chose en laquelle on croit. Et ici, parler des problèmes psychologiques, c'est compliqué. Ca existe ailleurs mais ici, c'est exacerbé. Donc si ce documentaire peut être notre petite contribution pour faire connaître ces gens auprès de la population... 

Parlez-nous du tournage, était-ce compliqué ?
Martin : Pas vraiment. Nous n'avons même pas fait de demandes d'autorisations spéciales ! 

Vincent : En fait, On a fait ça artisanalement, c'était notre matériel, notre argent, moi je suis journaliste, je n'ai pas d'expérience pour les documentaires...  On n'a pas fait de repérage par exemple. Donc pendant les deux semaines de tournage, on a quand même beaucoup improvisé... Et pour les témoignages, on a aussi beaucoup parlé avant, on ne mettait pas la caméra devant eux et voilà!

Martin :  Avant de venir, on avait pris des contacts, par Facebook par exemple, donc on a d'abord pris des contacts et après on y est allé, mais il n'y avait pas vraiment de préparation, pas de séquencier, pas d'interprète... on a eu de la chance ! Et au final, c'est une fois à Paris qu'on a écrit le documentaire avec ce que l'on avait... Mais non, on n'a pas eu de problème avec des personnes qui refusaient de parler. On a même peut-être interviewé trop de gens en fait... 

Vincent : Oui, sur place, c'est beaucoup une question de contact, quelqu'un connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un etc... Mais on ne pouvait pas mettre tout le monde. Même parfois pour des raisons techniques... Nous avons recueilli les témoignages de deux femmes qui étaient d'anciennes détenues politiques mais le son était trop mauvais pour être utilisé. C'est très dommage.

Avez-vous eu peur d'une quelconque censure ou pression? Comme ce qui est arrivé au documentaire 'Sittwe', inclus dans les projections du festival et finalement retiré de la  programmation à la dernière minute?
Vincent: La censure, tous les témoignages qu'on a montrés sont déjà plus ou moins connus donc il n'y a pas vraiment de raison... Mais pour 'Sittwe' c'est dommage, ça aurait été un beau message de le laisser passer... 

Martin: Il y a d'ailleurs eu un petit hommage à la cérémonie d'ouverture à ça. C'était courageux, je trouve. 

Vous repartez en France, Quelle image emportez-vous de la Birmanie avec vous?
Vincent: Ce qui me fascine ici, c'est le recul des gens. Ils ont un recul, un flegme impressionnant, certainement lié à la religion, par rapport aux conditions de vie. Et la gentillesse en général. Le festival va continuer sa route en Birmanie, dans une dizaine de villes, j'aurais vraiment aimé pouvoir le suivre... 

Martin: Moi ce qui me marque c'est la beauté, l'élégance des gens. Les chauffeurs de trishaw, par exemple, ils portent de belles chemises blanches, ils sont bien peignés...  Mais comme je le disais, j'aime la Birmanie et j'aimerais m'y installer. En fait, j'aimerais faire un nouveau film l'année prochaine, je voudrais faire un truc plus de création, plus narratif pour le cinéma, pas de voix off... pas de politique, une belle histoire!
SLF (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Lundi 19 Juin 2017

 

 

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