Beyrouth

CINEMA LIBANAIS - Présentation de la Lebanon Factory à la Quinzaine des Réalisateurs

 

COMMUNIQUE

 

Quatre jeunes réalisateurs libanais ont terminé avec leurs partenaires étrangers quatre courts-métrages qui seront projetés lors de l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, au festival de Cannes en mai.

Ces courts-métrages ont été produits dans le cadre du programme La Factory lancé il y a cinq ans et qui vise à encourager les jeunes réalisateurs des quatre coins du globe et à mettre en valeur des cinématographies locales.

Les films seront projetés pour la première fois le 18 mai. Les jeunes réalisateurs auront aussi la chance de présenter les projets de leurs premiers ou deuxièmes longs-métrages aux producteurs, distributeurs et autres professionnels présents lors du marché dans le cadre d’une plateforme de coproduction qui sera organisée dans le cadre du programme.

Un des quatre courts-métrages porte sur la crise des réfugiés syriens ainsi que sur l’obsession de l’immigration vers l’Europe. Deux autres abordent le sujet des changements humains et urbains à Beyrouth. On retrouve également la thématique des relations familiales ainsi que celle de l’influence des différences de classes sur les relations sociales.

Une expérience humaine
Dominique Welinski, créatrice de La Factory, indique qu’il s’agit de la cinquième édition du programme après Taïwan en 2013, le Danemark et la Finlande en 2014, le Chili en 2015 et l’Afrique du Sud en 2016.

« Nous avons choisi le Liban parce que ce projet vise à mettre en valeur des réalisateurs issus d’un pays où une certaine dynamique artistique bourgeonne et où grouillent les jeunes talents. L’idée de faire le projet cette année au Liban vient de mon désir et de celui de Abbout Productions », indique Mme Welinski.

Abbout Productions, de sa part, exprimé sa fierté d’avoir produit quatre beaux court métrages qui permettent de mettre la lumière sur les talents libanais dans un des plus prestigieux événements cinématographiques mondiaux.

La présidente de la Fondation Liban Cinema, Maya de Freige, assure que l’importance de ce projet réside dans la participation active du Liban au festival de Cannes et à un niveau plus personnel, ce projet aide les réalisateurs à présenter leurs projets de long-métrages durant des rencontres avec des producteurs et autres partenaires potentiels.

« Il s’agit d’une expérience humaine parce qu’elle rassemble des réalisateurs de cultures différentes et qu’elle se base sur le dialogue, l’ouverture, l’interaction culturelle entre eux et la coopération entre des façons de faire différentes. La Factory contribue à changer la vision des réalisateurs qui y participent vis à vis du  cinéma. » , souligne Dominique Welinski.

Les réalisateurs ont coécrit un scénario via Skype puis ils se sont retrouvés au Liban pour le tournage en mars. Tous considèrent aujourd’hui que cette écriture à quatre mains entre deux personnes de cultures différentes est une « expérience enrichissante et unique » et que leur complémentarité a été bénéfique à leurs films,. Le cinéma est une langue universelle qui peut être utilisée partout, ce qui a permis aux réalisateurs étrangers de dépasser le barrage de la langue, sans que cette dernière ne soit perçue comme un obstacle.

White Noise
Le Libanais Ahmad Ghossein, lauréat en 2011 du prix du meilleur court-métrage au Festival de Doha Tribeca pour My father is still a communist, a collaboré avec la Française Lucie La Chimia, spécialisée dans l’animation, pour le tournage de leur court-métrage commun White Noise (17 min), avec Saïd Serhan dans le rôle principal.

Le film aborde l’histoire de Saïd, un gardien qui travaille sous le pont Fouad Chehab à Beyrouth. Lors de son premier jour de travail, il prend sa fonction très au sérieux mais, au lever du jour, il se rend compte qu’il est désarmé face à ce qui arrive et qu’il ne protège effectivement rien.

« Le film traite de façon innovante la réalité de ce que vit Beyrouth, à travers l’histoire d’un gardien écrasé par la ville et la violence qui l’attaque de manière surréelle. Le film traite la solitude de l’homme dans la ville et le fait que celui qui a un devoir de la protéger n’arrive pas à le faire.», expliquent les réalisateurs.

Salamat from Germany
Salamat from Germany (17 min) de Rami Kodeih et de la réalisatrice bosnienne Una Gunjak raconte l’histoire d’un jeune libanais (Elie Njeim) qui se fait passer pour un réfugié syrien afin de pouvoir émigrer en Europe. Il achète alors un passeport syrien sans penser aux conséquences qui accompagnent le fait d’être un réfugié syrien aujourd’hui.

Pour les réalisateurs, « il ne s’agit pas uniquement de quelqu’un qui veut profiter de la crise des réfugiés syriens mais également de la tragédie que vivent les Syriens, de leurs histoires, de leur situation au sein de la société libanaise et de la souffrance des Libanais qui, eux aussi, essaient d’émigrer ».

Le premier court-métrage de Gunjak, The Chicken, a été projeté dans plusieurs festivals dont La Semaine de la Critique à Cannes en 2014 et Sundance en 2015. Il a obtenu 45 prix dont celui du meilleur court-métrage lors du Prix du meilleur court métrage des European Film Award en 2014. Kodeih a pour sa part obtenu le prix du meilleur documentaire au Beirut International Film Festival, en 2015, pour Wheels of War. Son court-métrage A Sheherazade Tale (2006) a été sélectionné à Clermont-Ferrand en 2008 et a obtenu le prix du Meilleur film arabe au Jordan Short Film Festival en 2007.

Hotel Al Naim
Hotel Al Naim de la Libanaise Shirin Abou Shaqra (14 min) et de l’Italo-Suisse Manuel Maria Perrone relate l’histoire de deux personnes qui se rencontrent au bord de la plage et qui se racontent leurs vies et leurs problèmes. Le premier est un entrepreneur qui construit un grand bâtiment à Beyrouth et le second, qui dirige un petit hôtel, a perdu beaucoup d’argent au jeu. Leur relation va rapidement laisser transparaître une sombre machination. Ahmad Kaabour et Sami Hamdan jouent les rôles principaux.

« Beyrouth est le cadre unique où se passe l’action du film mais la trame narrative pourrait avoir lieu n’importe où et n’importe quand. Le film aborde la rencontre de deux personnes de classes sociales différentes dans un endroit où les règles sociales disparaissent, la plage. C’est un film sur le machisme qui surpasse les considérations d’ordre social. »

Abou Shaqra a fait des études de sciences politiques à l’Université Saint-Joseph avant de s’inscrire au Studio national des arts contemporains du Fresnoy, en France. Perrone vient initialement du milieu du théâtre et a participé à la Filmmaker Academy du Festival du film de Locarno.

El Gran Libano
El Gran Libano (16 min) de la Libanaise Mounia Akl et du Costaricain Ernesto (Neto) Villalobos, met en scène les acteurs Souraya Baghdadi, Georges Diab et Alexandra Kahwagi.  Le film relate l’histoire d’un homme et de sa sœur qui se revoient pour la première fois depuis 12 ans, après que le frère s’est isolé dans une région rurale. Quand Bassem se réveille après une nuit d’ivresse à côté d’un lac et parmi ses poissons morts, il voit sa sœur Youmna devant lui avec un cercueil. Les deux personnages se rendent alors compte que, malgré leurs différences, ils partagent beaucoup de choses, simples et banales. Ils forment au final une famille et ont besoin l’un de l’autre. Les deux réalisateurs décrivent le film comme étant « triste mais porteur d’espoir, avec un mince fil entre l’optimisme et le cynisme ».

Akl enseigne la réalisation et l’écriture de scénarios dans des universités et des instituts aux Etats-Unis. Son dernier court-métrage, Submarine, a été projeté, entre autre, aux festivals de Cannes, Toronto, Hamptons et Dubaï. Villalobos a pour sa part vu son premier long-métrage, Por las Plumas, acclamé aux festivals de Toronto et San Sebastian.

 

La production
La société Abbout Productions produit les quatre films avec Dominique Welinski, initiatrice de La Factory, et avec la Quinzaine des Réalisateurs, en association avec la Fondation Liban Cinéma, qui soutient le cinéma libanais au Liban et à l’étranger, en coopération avec le ministère de la Culture,  en partenariat avec Ginger Beirut Productions, Platform Studios, Lucid, DB Studios, Hecat Studio, l’Institut des études scéniques et audiovisuelles de l’Université Saint-Joseph (Iesav) et Cineli digital et sponsorisé par IDAL, la Chambre du Commerce et de l’Agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban, TV5 Monde, Middle East Airlines, GroupMed, Medco et Ixsir.

 

 

 
A la Une à Beyrouth

TYR - Echappée belle au Sud-Liban

La ville historique de Tyr se situe à 83 km au sud de Beyrouth, sur le littoral sud du Liban. Figurant au patrimoine mondial de l'Unesco, Tyr est une…
Une internationale
Actu internationale
En direct du Moyen-Orient
Expat
Expat - Emploi

"Insécurité, négligence, esclavagisme": enquête dans les dessous des fermes australiennes

L’Australie, c’est easy, facile. Les salaires sont plus élevés, et il y a du soleil toute l’année. Forcément cela attire, et on a envie d’y rester. Pour cela, il faut remplir quelques conditions. Notamment réaliser 88 jours de travail en fermes. Si d’autres solutions existent, celle-ci est la plus utilisée par les PVTites. Disponibilités pour travailler toute l’année, pas besoin d’expérience, les gens se hâtent... Et tombent des arbres une fois qu’ils commencent à se faire arnaquer. Enquête au coeur des fermes et de leurs abus.
Expat - Politique

GESTION DE CRISE – Les consuls face à l’exceptionnel

Peu importe l’endroit ou le pays dans lequel vous pouvez vous trouver dans le monde : en situation de crise, la France par le biais de ses consuls protège ses concitoyens. Cette année, 89 consuls et consuls généraux exercent leurs missions à travers le monde. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec les ambassadeurs… Petit tour d’horizon de leurs missions et des actions qu’ils peuvent mener en cas de crise. 

TRIBUNE - La marginalisation des Français de l'étranger est En Marche

"Make French People abroad great again !Je me permets d'interpeller officiellement les 10 députés de la République En MARCHE à l'étranger. Dans le discours du President de la Republique à Versailles, comme dans le discours de politique générale du Premier Ministre on ne trouve aucune mention aux Français de l'étranger". Une tribune de Boris Faure, Conseiller consulaire des Français de Belgique
Magazine