Beyrouth

ATLAS DU LIBAN - « Les nouveaux défis » analysés par l’IFPO et le CNRS Liban

 

Présenté au Salon du Livre francophone de Beyrouth en novembre, l’ouvrage « Atlas du Liban – Les nouveaux défis » dresse sur 111 pages un portrait du pays et de ses mutations depuis 2007, date de parution du dernier atlas, produit par l’Institut français du Proche-Orient et le Centre National de Recherche Scientifique libanais.

Sous la direction d’Eric Verdeil, Ghaleb Faour et de Mouin Hamzé, cet atlas présente une cartographie détaillée de la géographie naturelle et sociale du Liban, basée selon ses auteurs sur des statistiques à la fiabilité inégale. Expliquant avoir été confrontés à des « sources publiques limitées » et « difficiles d’accès », les auteurs indiquent avoir compensé ce manque d’informations par des études publiques ou privées.

Pour rappel, aucun recensement national n’a été effectué depuis 1932, conduisant ainsi les directeurs de l’ouvrage à soulever « l’énigme de la population au Liban ». Paradoxalement, ce sont les chiffres sur les réfugiés syriens qui semblent les mieux documentés.

Divisé en six parties, le livre, avec ses cartes, montre les évolutions sociétales, économiques et géographiques du Liban, au gré des événements politiques et géopolitiques.  

Le premier chapitre « Géopolitique : un pays bouleversé » donne le ton. Placé « au cœur de la géopolitique régionale », Le Liban  a subi une « décennie de violence », notent les auteurs.  Sur le plan intérieur, les rédacteurs de l’atlas estime que l’équilibre politique libanais post-Taëf est « à bout de souffle ». La question des réfugiés syriens est largement abordée.

Les conséquences se font ressentir jusque dans l’économie du pays, c’est l’objet du deuxième chapitre intitulé : « Une économie déséquilibrée : des inégalités croissantes ». L’atlas décrit le Liban comme un pays moyennement développé cachant de fortes disparités. Dépendante des pays du Golfe, l’économie du pays s’appuie sur un secteur bancaire prédominant qui compense un déficit commercial important et une production peu soutenable.

Face à tous ces facteurs de fragilisation du pays, l’urbanisation intense et anarchique du pays, traitée au troisième chapitre, place ce dernier face à un défi majeur, celui de la préservation de son écosystème dans un contexte de crise des services publics.

La pression urbaine accroit des problèmes nés à la sortie de la guerre comme l’approvisionnement en eau et l’électricité. L’augmentation du nombre de véhicules accroit la congestion du réseau automobile, et la pollution. La crise des déchets, catalyseur d’un mouvement de contestation issu de la société civile, est l’un des symptômes de l’absence de gestion des pouvoirs publics.

Dans le dernier chapitre, intitulé « Urbanisme, aménagement et gouvernance territoriale », les auteurs de l’atlas constatent l’émergence des municipalités dans la gouvernance territoriale. Cette évolution, qui permet par endroit de pallier à l’absence d’Etat, créé un foisonnement incontrôlé d’initiatives qui risque de se transformer en inertie.

Hélène Boyé / La Rédaction  (www.lepetitjournal.com/Beyrouth) dimanche 29 janvier 2017

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