Beyrouth

ALAIN MARSAUD (LR-UDI) - "Pour une alternance raisonnée et raisonnable et non une opposition systématique et malsaine"

Investi par Les Républicains et l’UDI, Alain Marsaud, député sortant, supplée de Laurent Rigaud, est l'un des 11 candidats aux législatives dans la 10ème circonscription des Français établis hors de France.

Photo : Alain Marsaud (Photo fournie par le candidat)
Pouvez-vous nous rappeler votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?
La politique n’est pas pour moi « un gagne-pain » mais un engagement au service de mon pays et au service de mes compatriotes de la 10ème circonscription des Français de l’étranger. Nous assistons depuis quelques semaines à une sorte de « chasse aux sorcières » où l’inexpérience politique devient une qualité. C’est une situation absolument non justifiée, ni la solution.

On nous parle de « candidats de la société civile » mais c’est une chose qui existe déjà. Moi-même, avant de devenir député, j’ai été magistrat, en charge du service central de lutte antiterroriste et aussi cadre dirigeant dans diverses entreprises privées françaises présentes dans la circonscription.

Bien que la société civile soit présente au sein de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle est aujourd’hui sous-représentée. Je suis bien entendu pour un renouvellement de la classe politique mais je le veux progressif où les nouveaux pourront échanger et travailler en équipe avec les plus expérimentés.

Notre pays est dans une telle situation, économique et sécuritaire, qu’il me parait important de s’appuyer aussi sur les expériences passées.

Pour traiter un sujet aussi important que la lutte contre le terrorisme avec efficacité, vous devez vous appuyer sur les actions passées. C’est sans doute pour cette raison que mes proches m’ont plusieurs fois répété que ma présence à l’Assemblée nationale est à leurs yeux une nécessité. 

Entre votre activité parlementaire à Paris et votre circonscription, comment avez-vous réparti votre temps ?
Nul Français des 49 pays ne pourra se plaindre de n'avoir pu me rencontrer ou échanger librement avec moi tant ma présence fut globale et renouvelée. Cela demande d'ailleurs un engagement au quotidien.

J’entends depuis quelques jours des candidats dire qu’il faudrait vivre au sein de la circonscription pour connaitre les problèmes des Français de l’étranger, mais c’est faux ! D’abord, dans une circonscription aussi vaste, les problèmes des Français ne sont pas les mêmes qu’ils vivent au Cameroun, à Madagascar, à Maurice ou aux Emirats Arabes Unis. C’est en alliant une vision d’ensemble et une approche spécifique que vous arriverez à répondre aux préoccupations de nos compatriotes.  

Connaitre la circonscription est nécessaire mais pas suffisant. J’aimerais bien savoir comment les autres candidats malgré leurs compétences, comptent résoudre les problèmes de nos compatriotes sans avoir le minimum de connaissance du fonctionnement de nos institutions et notre administration, ni même être en relation avec les décideurs politiques et économiques. Bien que n’appartenant pas à la majorité, j’entretiens d’excellentes relations avec nombre des ministres nouvellement nommés comme notamment notre Premier ministre Edouard Philippe. Croyez-en mon expérience, que l’on trouve cela juste ou non, au vu du nombre de dossiers qu’ils ont à traiter, ce ne sont pas ceux de parlementaires inconnus qui seront prioritaires. Ce n’est pas une idée qui défendra vos intérêts mais bien une personne en chair et en os.

Je continuerai à partager mon temps comme je l’ai fait ces cinq dernières années, ce qui m’a permis de suivre les débats en commission et dans l’Hémicycle tout en étant présent auprès de mes compatriotes. Il faut avoir conscience, quand vous avez 49 pays à gérer et que vous devez en même temps être présent dans l'Hémicycle, il vous faut vous entourer de personnes efficaces pour vous accompagner dans vos actions.

Les élus locaux représentent ce relais essentiel, tout comme nos nombreuses associations. Je vois cette mission comme un travail collaboratif et toutes les bonnes volontés y sont les bienvenues.

Pensez-vous avoir pu faire entendre la singularité de la voix des Français de l’étranger à l’Assemblée ?
Pas assez et je le regrette. Nous avons beaucoup œuvré avec mes collègues de l’opposition et de la majorité présidentielle et avons souvent dû faire face à un manque total de reconnaissance du gouvernement pour les Français établis hors de France.

Par exemple, lorsqu’en 2012, le gouvernement socialiste et son ministre de l’Economie ont décidé d’étendre les contributions sociales de la CSG et CRDS aux Français de l’étranger et de suspendre la prise en charge de la scolarité. Ils n’ont pas trouvé utile de se concerter avec les parlementaires représentant les Français de l’étranger, ni de l’opposition, ni de la majorité. Je me souviens d’ailleurs m’être dit en découvrant de telles méthodes que nous aurions à nous battre ces cinq prochaines années pour nous faire entendre.

C’est la raison pour laquelle je me suis adressé il y a quelques jours, à notre Premier ministre, Edouard Philippe avec qui j’ai toujours entretenu d’excellentes relations, afin de l’alerter de cette situation et de l’impérieuse nécessité qu’il y a à mettre en place un véritable échange constructif avec les élus des Français de l’étranger. C’est en tout cas le sens de l’action que je souhaite entreprendre ces cinq prochaines années.

Quelle est votre réaction à l’élection d’Emmanuel Macron ? Souhaitez-vous si vous êtes élu soutenir son travail ou être dans l’opposition ?
Les Français se sont exprimés, il nous faut respecter ce choix et continuer à être force de propositions afin de garantir un meilleur avenir pour les générations futures.

Je compte rester sur la droite ligne des valeurs républicaines et gaullistes qui sont les miennes et qui m'accompagnent depuis le début. Je tiens à rester sincère, sans renier mes valeurs au profit de quelques votes supplémentaires, et j'espère que nos compatriotes sauront faire la différence entre quelques opportunistes et une personne constante tant dans ses actions que dans ses convictions.

Néanmoins, je suis pour et j’ai toujours été pour une alternance raisonnée et raisonnable et non une opposition systématique et malsaine qui reviendrait à bloquer notre pays ces cinq prochaines années. La France n’a plus de temps à perdre et il nous faudra mettre en œuvre les réformes indispensables dès le lendemain des élections législatives.

Je saurai faire entendre la voix de mes compatriotes lorsque les mesures ne seront pas à la hauteur de leurs attentes mais je saurai également défendre et encourager les initiatives du gouvernement lorsque celles-ci seront justes et efficaces. Cela a été le sens de mon action ces cinq dernières années. Lorsque que j’entends des candidats dire qu’appartenir à un parti revient à être esclave d’une politique dictée par des chefs, c’est très mal connaitre le fonctionnement de nos institutions et très mal me connaitre n’ayant pas pour habitude de défendre des idées ou actions qui ne seraient pas de nature à améliorer les conditions de mes administrés ou à redresser notre pays si mal au point.

En quoi les Français de l’étranger ont évolué ces 5 dernières années ? Quelles sont leurs préoccupations principales aujourd’hui ?
J'ai, au cours de ces cinq années de mandat, œuvré afin de moderniser notre modèle politique, notamment à travers de nouveaux outils qui m'ont permis de mieux appréhender les difficultés de nos compatriotes et grâce aux nombreux relais mis en place dans les pays de la circonscription, avec lesquels je travaille quotidiennement. En votant pour moi, vous votez aussi pour toute une équipe extrêmement mobilisée qui apporte depuis cinq ans maintenant, aide, soutien et accompagnement aux Français qui en font la demande.

Nos sociétés évoluent mais pas notre manière de gouverner. Pour ma part, j’ai décidé dès 2012, la mise en place de relais et de nombreux outils, notamment de communication, afin de mettre l'échange entre les administrés et le député que je suis, au cœur de mes actions.

Je souhaite que la France redevienne cette nation que le monde entier enviait tant pour ses innovations, sa culture, son ouverture sur le monde que pour son dynamisme économique. Cela passe par une reconnaissance de la France de ses communautés françaises à l’étranger. Je souhaite que ce gouvernement prenne enfin conscience que les Français de l’étranger ne sont pas des « vaches à lait » que l’on décide de taxer lorsque qu’on en a besoin mais bien un atout pour la France qu’il faut valoriser et accompagner.

Les préoccupations des Français ne s’arrêtent pas à leur circonscription. Aucun des candidats que vous avez interrogé, qu’il s’agisse du candidat du Cameroun ou encore de la candidate de gauche, n’a fait de propositions qui concernent la France de manière générale.

Bien sûr il est nécessaire de faire des propositions qui concernent les Français de la circonscription, elles sont sur mon site internet, mais le député que vous allez élire, c’est un député de la Nation qui aura à se prononcer et à travailler sur des sujets très divers, pas uniquement des sujets qui concernent les Français établis hors de France.

Vous ne pourrez pas agir avec efficacité si vous n’avez pas une vision claire pour notre patrie et une connaissance du fonctionnement de nos institutions, de nos administrations et de nos entreprises de l’étranger mais aussi de métropole.

Quels projets vous semblent les plus importants à défendre si vous êtes réélu ?
Au-delà des solutions à apporter à nos compatriotes que j’ai eues l’occasion d’exposer dans les e-mails que j’ai souhaité leur adresser, deux chantiers sont indispensables si nous voulons assurer la survie de notre nation.

Tout d’abord redresser la situation économique de notre pays. Nous ne pouvons continuer à nous endetter et à voir nos alliés se développer sans nous. Cela passe par des réformes essentielles et une réorganisation profonde de notre pays. Les élus doivent également prendre part à ces efforts par une réforme de la vie publique et de nos institutions.

Ensuite, il me parait aujourd’hui indispensable de tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des Français de métropole et de l’étranger. J’ai été très surpris en découvrant les interviews des autres candidats que ceux-ci ne proposent à aucun moment d’agir pour la sécurité de nos compatriotes.

Ce n’est pas le seul sujet à mettre sur la table, mais cela reste quand même une priorité dont il faut se préoccuper. Nous ne pouvons continuer à pleurer nos morts sans agir. Je souhaite dès le lendemain de cette élection, si le sort des urnes m’est favorable, mettre en place une véritable vigilance citoyenne qui consiste à permettre à l’ensemble des Français de devenir, en plus de nos services de police, de gendarmerie et de nos militaires, garant de leur propre sécurité et de celle de leurs voisins.

Nous devons faire face à une très grande menace et il nous faudra pour cela faire preuve d’imagination. Mais ces actions doivent s’accompagner d’une diplomatie responsable qui jusque-là n’a cessé de mettre en danger les Français en faisant de la France le pays le plus guerrier de ce monde.

L’Etat Islamique représente sans doute l’horreur la plus absolue et certainement le nazisme du 21ème siècle. Contrairement aux accusations dont j’ai pu être victime de la part de candidats en mal de notoriété et en manque d’imagination, je souhaite que puisse être mises en place des mesures urgentes et efficaces pour mettre fin à ces crimes odieux. J’ai passé une grande partie de ma vie à lutter contre le terrorisme, y compris ces cinq dernières années en qualité de député, je ne m’arrêterai pas tant que la menace ne sera pas stoppée, je suis déterminé !

Propos recueillis par Hélène BOYÉ (www.lepetitjournal.com/Beyrouth) jeudi 1er juin 2017

Retrouvez la liste complète de tous les candidats de la 10eme circonscription des Français de l'étranger ICI : 10ème circonscription - Afrique de l'ouest, Moyen-Orient

Lire aussi les interview des autres candidats :
NOÉMIE POTIER (UPR) - "Je veillerai à l'équité du traitement des Français de l'étranger"
GUSTAVE FAYARD - "Nous avons une candidature indépendante des grands partis" 
STÉPHANE SAKOSCHEK (FN) - "Défendre les Français de l'étranger"
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WILLIAM GUERAICHE (La France insoumise) – « Parler au nom de ceux à qui on ne donne jamais la parole » 
FRANCK MERIAU (MDP) – Les Français de l’Etranger sont « un peu oubliés » 
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