Édition internationale

BILLET ECO-Les limites du fédéralisme allemand?

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 février 2013

 

Un article rédigé par Bruno Amable, professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, membre de l'Institut universitaire de France, et paru dans Libération il y a quelques semaines fut assez peu commenté malgré son intérêt. De quoi s'agit-il? La Bavière et la Hesse ont décidé de porter plainte devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe afin de contester le mécanisme de péréquation qui régit les transferts de ressources des Länder riches vers les régions pauvres. En clair moins de solidarité entre régions, alors que le mécanisme de solidarité est dans la Loi fondamentale.

" Uniformité des conditions de vie. "
Principe essentiel au sein de la République Fédérale, la péréquation est constituée de trois éléments principaux: Le premier, la péréquation au sens strict, se fonde sur des comparaisons de recettes d'impôts ; le deuxième repose sur les recettes de TVA et le troisième est composé de subventions financées par le budget fédéral. En 2012, 10 des 16 Länder allemands recevaient de l'argent du reste du pays, tandis que 6 étaient des contributeurs nets dont la Bavière (pour 5,6 milliards d'euros) et la Hesse (pour 2,2 milliards d'euros). B. Amable indique que " les principales régions bénéficiaires sont situées dans la partie orientale du pays, notamment Berlin (6 milliards d'euros dont 3,5 de transferts inter-régionaux) ou la Saxe (5,8 milliards d'euros dont 3,3 de transferts inter-régionaux). La Bavière, autrefois région pauvre et agricole, a été bénéficiaire nette continûment de 1950 à 1986. La réunification, en ajoutant six nouveaux Länder pauvres, a évidemment modifié les équilibres. "

Europe fédérale?
Quid donc du fédéralisme, dont on nous bassine les oreilles à tout bout de champ, pour régler la crise dans laquelle le vieux continent est empêtré? Pour l'auteur, " ce type de querelle entre régions riches et pauvres donne un avant-goût de ce que pourrait être l'Europe fédérale dont certains rêvent comme solution à la crise de l'euro ". Ce qui veut dire que les Bavarois veulent qu'on applique à Berlin ou à Brême les mesures d'austérité que l'Europe fait subir à la Grèce ou au Portugal!! Classique conflit entre régions riches et régions pauvres, mais on voit bien, à travers ce petit exemple, que le fédéralisme, présenté comme la solution à tout, ne sauve pas les peuples, et au final, les hiérarchise. Si l'Europe veut plus de populisme, plus de partis extrêmes à ses portes, elle est sur la bonne voie! A bon entendeur...

Amine Cassim (lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 28 février 2013

 

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Publié le 28 février 2013, mis à jour le 27 février 2013
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