Berlin

BÉTON – Le premier fanzine de bande-dessinées franco-allemand à qui l'on souhaite longue vie !

De nombreux projets franco-allemands existent dans différents domaines mais concernant celui de la bande-dessinée, cela était resté, jusqu' au mois de janvier 2015, au stade de projets éphémères ou de simples workshops. C'est d'ailleurs grâce à ces ateliers que Laetitia Graffart a eu l'idée de développer ce concept en une véritable aventure, nommée Béton, qui a très bien démarré et se poursuit actuellement avec la sortie du quatrième numéro, célébrée ce vendredi à la librairie franco-allemande-anglaise, Raum B dès 19h. Avec une parution trimestrielle, ce fanzine de bande-dessinée franco-allemande réunit une vingtaine d'auteurs aussi bien français qu'allemands autour d'un thème généraliste que chacun des auteurs est libre de développer selon son inspiration. Drôles, intéressants et didactiques, les numéros de Béton montent, à chaque publication, d'un cran en terme qualitatif et le projet vient tout juste de se constituer en association, ce qui leur permettra, espérons-le, de décrocher des financement publics afin de permettre au fanzine de s'inscrire dans le temps. Pour mieux comprendre comment cette aventure a commencé et ce qu'elle représente, www.lepetitjournal.com/Berlin a rencontré celle qui mène ce projet à bout de bras, Laetitia, ainsi qu'un des dessinateurs, Stéphane Hirelemann, travaillant également pour la revue AAARG ! .


Comment l'idée de réaliser une bande-dessinée à plusieurs mains et en franco-allemand est-elle née ?
Laetitia – Je suis à l'origine de ce projet mais l'idée a été inspirée par un projet auquel j'ai eu l'occasion de participer. Tous les ans à Leipzig, le deutsch-französisches Forum junger Kunst de Bayreuth organise un atelier franco-allemand de bande-dessinée et, durant dix jours, il y a des workshops autour du dessin. J'avais trouvé cette formule très intéressante et j'ai eu envie de développer ce concept, sachant que je connaissais déjà de nombreux dessinateurs français et allemands. Nous avons donc commencé ce projet de fanzine de bande-dessinées franco-allemandes, Béton, à Berlin, puis au fur et à mesure, des participants de toute l'Allemagne et de France se sont manifestés.

Dans le premier numéro, les styles et niveaux sont assez variables, comment les collaborateurs ont-il été choisis ?
Lætitia – Pour le premier numéro, j'ai fait appel à mes connaissances dans le monde de la bande-dessinée afin que le projet puisse voir le jour et certains auteurs ont accepté avant-tout pour le soutenir. C'est ce qui explique que les styles et niveaux sont effectivement très variés. Mais au fur et à mesure des éditions, les niveaux se sont élevés puisque, dès la sortie du premier numéro, j'ai commencé à recevoir de plus en plus de demandes de collaborations, qui n'ont malheureusement pas pu toutes être retenues.

Comment procèdes-tu, justement, pour la sélection des auteurs-dessinateurs ?
Lætitia – Pour certains, la sélection se fait naturellement puisque nous avons choisi un rythme trimestriel, ce qui est assez soutenu pour ceux dont ce n'est pas du tout le métier. Pour ceux qui m'envoient leurs candidatures et que je ne connais pas, je demande à voir leur travail avant de leur donner une réponse. De ce fait, même si je ne suis pas pour, je vais devoir commencer à être sélective car je ne peux pas accepter toutes les candidatures. Mais je ne limiterai pas mes choix aux styles, car ce serait trop subjectif mais plus en fonction de la qualité des dessins. Nous nous sommes constitués en association et nous allons certainement constituer également un comité de lectures afin d'être plusieurs à décider.

Stéphane - C'est difficile de tracer une frontière claire entre professionnels et amateurs. Dans ce domaine, c'est assez compliqué de gagner sa vie, de ce fait de nombreux dessinateurs pratiquent cette activité à côté d'un autre travail mais cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas bons, bien au contraire.

 

Laetitia, lors de la présentation de Béton sur un festival de bédés à Hambourg

 

Vous en êtes à votre quatrième numéro et il est vrai qu'une évolution est notable tant en terme de qualité des dessins qu'en terme d'épaisseur du fanzine, comptez-vous continuer à faire évoluer le projet vers plus de collaborations?
Lætitia – Nous acceptons toujours des nouvelles candidatures mais je pense que nous allons rester sur le format qui sort actuellement, que ce soit au niveau du nombre ou du prix du fanzine. Mise à part pour notre numéro spécial anniversaire qui sortira en début d'année 2016 et qui sera, bien évidemment, différent des autres, avec des invités surprises. Pour les autres numéros à venir, nous souhaitons maintenir le prix à 7 euros, car les lecteurs payent rarement plus pour un magazine de ce type.

Ce n'est pas un projet qui permet de gagner beaucoup d'argent, voire pas du tout, quelle est la motivation générale à réaliser un tel travail sans rémunération à la clé ?
Lætitia – Initialement, Béton a été créé pour permettre aux dessinateurs qui le souhaitent d'avoir une autre visibilité que leurs propres productions. Étant donné que je travaille comme indépendante dans le domaine de la diffusion pour différentes maisons d'éditions, je suis sur la plupart des festivals et salons de bande-dessinée et ai accumulé de nombreux contacts. Cela me permet de proposer une diffusion intéressante du travail des artistes sur des stands, que ce soit dans le cadre de la présentation de Béton ou en exposant leurs fanzines. Je me suis également occupée de la distribution dans différentes librairies à Berlin et en France, j'ai contacté différents Instituts, comme celui français ou le Goethe et poursuit ainsi ce long travail de communication.

Stéphane – C'est vrai que c'est beaucoup plus simple quand un artiste et dessinateur n'a pas à se préoccuper de ce qui concerne la diffusion. Une personne, qui fonctionne seule et en auto-édition, est obligée d'avoir plusieurs casquettes, ce qui demande beaucoup de temps et d'énergie qui ne sont donc pas consacrés à la production. Travailler avec une personne comme Lætitia facilite fortement le travail. A cela s'ajoute la difficulté pour un auteur isolé de convaincre des grosses structures de s'intéresser à son projet, le fait d'être en collectif permet d'attirer plus aisément l'attention des distributeurs.

En tant que dessinateur professionnel, peux-tu nous dire, Stéphane, comment tu perçois ta participation à un projet tel que celui de Béton ?
Stéphane - A partir du moment où un dessinateur travaille pour un fanzine, il a une marge de liberté qui est assez intéressante. Il n'y a pas une ligne éditoriale qui impose des critères et qui est, avant-tout, dirigée par rapport aux nombres de lecteurs et aux contraintes économiques, en général. Cela laisse beaucoup de place à la créativité.

Laetitia - Oui. Et c'est justement pour cela que je ne ferai pas de sélection par rapport à mes goûts. Lorsque j'ai refusé des planches, c'est avant tout parce qu'elles ont été envoyées après la date finale ou parce qu'elles dépassaient le nombre de pages imposées par le format.

 

 

Vous expliquez, dans votre édito, choisir le thème des prochains numéros en choisissant un mot au hasard dans le dictionnaire...Est-ce vraiment ainsi ?
Laetitia – Originellement c'était ainsi. Mais je me suis vite rendue compte que ça ne pouvait pas toujours fonctionner car si le mot est complètement tordu, cela impose une contrainte assez difficile à respecter. Maintenant, nous choisissons deux ou trois mots et sélectionnons celui qui nous inspire le plus. Le thème est un fil rouge mais ne doit pas être un fil de fer barbelé (rires). J'ai demandé aux auteurs si cette façon de travailler leur convenait et ils m'ont tous répondu que oui.

Stéphane - Il faut voir cela comme une béquille, un point de départ sur lequel se reposer.


La France est souvent réputée pour ses productions et auteurs de bande-dessinée, mais nous entendons moins parler de l'Allemagne à ce sujet. Dans Béton, on retrouve aussi bien des dessinateurs français qu' allemands, la production est-elle tout aussi importante outre-Rhin ?
Laetitia – J'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreux jeunes auteurs allemands de bande-dessinée dont la plupart ont participé à un ou plusieurs numéros de Béton, comme Point, Tine et bien d'autres...Les dessinateurs allemands sont, au contraire, très motivés et actifs. La bande-dessinée est moins développée en Allemagne qu'en France, c'est un fait, mais depuis quelques années, ce domaine artistique est en plein boom grâce à de nombreux auteurs talentueux. C'est d'ailleurs pour cela que je trouvais dommage qu'ils soient pas connus en France. Il faut aussi ajouter que l' Histoire allemande a beaucoup impacté sur cette forme d'expression qui a été largement dénigrée.

Stéphane - Au sein de l'espace franco-belge, plusieurs grands succès ont permis la création d'une économie autour de la bande-dessinée et ce n'est pas trop le cas en Allemagne. J'ai remarqué aussi qu'ici la culture du « Comics à l'américaine », avec ses supers héros, était beaucoup plus développée que la bande-dessinée comme on l'a connaît en France ou en Belgique.

Qui dessine les couvertures ?
Laetitia – Ce sont les auteurs collaborant au projet et j'essaye de respecter une alternance entre un dessinateur français et un dessinateur allemand. La première a été réalisée par Stéphane, par exemple.

Comment se présente la suite de l'aventure Béton ?
Laetitia – Même si pour le moment, ça ne rapporte pas d'argent, je suis vraiment attachée à ce projet et je souhaite le poursuivre, tout en continuant mes autres activités. Pour le 5e numéro, qui sera celui anniversaire, nous prévoyons des collaborations surprises avec des auteurs et nous voulons également de présenter notre fanzine au festival d'Angoulême 2016 lors duquel nous serons présents. Nous organiserons, également, une grande exposition autour de ce numéro spécial. La prochaine étape, et pas des moindres, sera aussi de trouver des financements pour pouvoir poursuivre cette aventure et essayer de trouver un modèle économique viable, même si cela peut paraître contradictoire avec l'esprit de Béton….

Vous organisez une soirée ce vendredi à la librairie Raum B pour la sortie du 4e numéro, pouvez-vous décrire ce qu'il va s'y dérouler ?
Laetitia – Nous présenterons les originaux dans le cadre d'une exposition qui restera ensuite accrochée pendant quelque temps. C'est d'ailleurs très intéressant de comprendre l'envers du décors, les étapes du travail des dessinateurs mais aussi de la création du fanzine. Il y aura également de la musique avec une jam session et, comme à chaque parution, il y aura de quoi boire, manger et ce sera l'occasion de rencontrer les auteurs !


Propos recueillis par Anaïs Gontier (wwww.lepetitjournal.com/Berlin) mercredi 14 octobre 2015


Savoir plus :

http://betoncomiczine.tumblr.com/

Soirée de sortie du 4e numéro au Raum B, ce vendredi à 19h, entrée libre :

https://www.facebook.com/events/1650129765271686/

Point de vente du fanzine Béton à Berlin :

Neurotitan, Modern Graphics et Raum B

 
Berlin

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