ECONOMIE - La Crise de l’Euro vue par un expatrié français à Hanovre

Olivier Bompas vit en Allemagne depuis 8 ans. A la tête d’une entreprise spécialisée dans l’achat d’actifs bancaires en difficulté, nous avons eu envie de connaître son avis, en tant qu’expert financier, sur la crise qui sévit en Europe depuis plusieurs années. Européen convaincu, il nous donne sa vision de l’avenir de l’Europe tant financière que politique.

"La crise, mais quelle crise ?"
Il n’y a pas aujourd’hui 1 crise, mais 4 crises qui se superposent : la crise financière et économique, la crise de la dette publique, la crise écologique et la crise de l’Europe.

La crise économique provient d’un problème de répartition des richesses et d’une explosion des inégalités depuis le début des années 80 : à cause d’un secteur financier hypertrophié, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent.
Pour compenser la perte du pouvoir d’achat des populations, les états dépensent plus qu’ils n’encaissent et vivent donc au-dessus de leurs moyens. C’est la crise de la dette : publique, lorsque ce sont les Etats qui s’endettent ou privée, lorsque ce sont les ménages.
Révélée par la crise de la dette, apparaît la crise de l’Europe. Les Etats s’aperçoivent qu’avoir la même monnaie entraîne une solidarité qu’ils ne sont pas encore prêts à assumer et l’Europe se retrouve déstabilisée.
A tout cela, s’ajoute une crise écologique qui détruit l’illusion d’une croissance perpétuelle, et dont chacun est conscient sans que personne ne cherche activement à la résoudre.

Ces crises sont liées les unes aux autres, et pourtant, la résolution de l’une n’entraînera pas nécessairement la résolution des autres.

"Ce n’est pas raisonnable, il faut que cela s’arrête"
Olivier est pessimiste en ce qui concerne la crise de la dette. Selon lui, les dettes ne sont pas remboursables car personne ne voudra les rembourser. Il est probable que les pays fassent défaut les uns après les autres. Que se passera-t-il dans ce cas ? "Personne ne le sait, mais il faut tourner la page et repartir de l’avant. Pour le moment, on se contente de déplacer la dette d’une entité juridique à une autre, pourtant il faudra bien que des personnes physiques la paie ! La crise s’arrêtera le jour où ces personnes auront perdu de l’argent : soit nos enfants qui paieront donc deux fois – pour eux et pour nous -, soit les détenteurs de la dette via un défaut ou de l’inflation. Certains pays essaient de s’en sortir, surtout en Europe, mais l’austérité n’est pas la solution : elle mène à la récession et les populations ne l’accepteront pas pour toujours.

La situation actuelle est potentiellement plus grave que la crise de 1929 car il n’y a aucune éclaircie en vue : aucune réforme structurelle du système financier n’a abouti, et la dette continue d’augmenter tous les jours. Pourtant, cette crise dure déjà depuis 5 ans !"

"L’Europe politique va ressortir grandie"
Néanmoins, Olivier voit une lueur d’espoir quant à la crise européenne. "L’Europe n’est pas une puissance déclinante et il y a une véritable volonté de maintenir cette entité, peut-être pas dans sa forme et son périmètre actuels, mais plus intégrée, plus solidaire. Evidemment, cela nécessite des compromis: pour les pays du Nord, dont l’Allemagne, cela signifie accepter de donner – et non prêter – leur argent. Pour les pays du Sud, dont la France, cela signifie accepter de perdre de leur souveraineté, notamment la maîtrise de leur budget." Beaucoup de chemin a déjà été parcouru au cours des trois dernières années et des réformes, inacceptables il y a encore quelques années, sont à présent discutées ou mises en place par les gouvernements. De nombreuses autres idées sont évoquées pour aller plus loin dans la construction d’une entité politique européenne, comme par exemple : un président européen élu démocratiquement, un impôt européen pour tous les ressortissants, un dividende universel - soit le versement inconditionnel d'un revenu à chaque citoyen européen -, une plus grande uniformisation sociale, etc… Même si ces projets ne résolvent pas le problème des dettes existantes, ils dessinent une Europe plus homogène et plus solidaire.

"Au bout de 5 ans de crise économique, tout le monde en a marre. Mais si il y a un moment où il faut s’intéresser à l’Europe, c’est maintenant".

Myriam GRADWOHL (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) Vendredi 26 octobre 2012

Note : Pour en savoir plus sur la construction européenne et le parlement européen, Olivier nous recommande la visite du Parlementarium à Bruxelles (http://www.europarl.europa.eu/visiting/fr/parlamentarium)

Source Image : histgeo.ac-aix-marseille.fr

Berlin

DOSSIER SALAIRE MINIMUM - Des conséquences encore floues pour le salaire minimum allemand

Le 3 juillet dernier, le Bundestag a adopté la loi sur le salaire minimum. A partir du 1er janvier 2015, les Allemands seront rémunérés au minimum 8,50 euros de l'heure. Une véritable avancée pour le pays et pour la grande coalition d'Angela Merkel. L'Allemagne est maintenant le 21ème pays européen sur 28 appliquant la rémunération plancher. En France pourtant, le gouvernement envisageait, il y a encore peu de temps, de baisser le salaire…
Actualité Allemagne

DOSSIER SALAIRE MINIMUM - Des conséquences encore floues pour le salaire minimum allemand

Le 3 juillet dernier, le Bundestag a adopté la loi sur le salaire minimum. A partir du 1er janvier 2015, les Allemands seront rémunérés au minimum 8,50 euros de l'heure. Une véritable avancée pour le pays et pour la grande coalition d'Angela Merkel. L'Allemagne est maintenant le 21ème pays européen sur 28 appliquant la rémunération plancher. En France pourtant, le gouvernement envisageait, il y a encore peu de temps, de baisser le salaire minimum. Alors qu'est ce que cette mesure va changer pour l'Allemagne et ses habitants ? Et où en est la France ?
A la une

FRANÇAIS À L'ÉTRANGER – Quand les entreprises protègent leurs salariés

Certains travaillent au large du Libéria sur des plateformes pétrolières, d’autres sont basés en Afghanistan pour le compte d’ONG ou encore dans des zones reculées de l’Inde pour gérer l’exploitation de centres de production. Tous sont des expatriés. Ils vivent dans des situations parfois extrêmes. Leurs employeurs en sont conscients et bien souvent font appel à des prestataires extérieurs pour assurer leur sécurité. Rencontre avec International…
France/Monde
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

FRANÇAIS À L'ÉTRANGER – Quand les entreprises protègent leurs salariés

Certains travaillent au large du Libéria sur des plateformes pétrolières, d’autres sont basés en Afghanistan pour le compte d’ONG ou encore dans des zones reculées de l’Inde pour gérer l’exploitation de centres de production. Tous sont des expatriés. Ils vivent dans des situations parfois extrêmes. Leurs employeurs en sont conscients et bien souvent font appel à des prestataires extérieurs pour assurer leur sécurité. Rencontre avec International SOS & Control Risks
Expat - Politique

TELEVISION - Thierry Mariani dans la peau d’un handicapé

Ce soir, lundi 15 décembre, Direct 8 diffusera le premier épisode de sa nouvelle émission d’immersion intitulée Politiques Undercover. Une sorte de « Vis ma vie » à la sauce politique dont le but est de mettre un responsable politique dans la peau d’un Français lambda pour lui faire vivre les difficultés quotidiennes de millions de citoyens. Le député UMP de la 11ème circonscription des Français établis hors de France, Thierry Mariani, a testé les transports parisiens en fauteuil roulant. 

PRELEVEMENTS SOCIAUX DES NON-RESIDENTS - Comment faire pour espérer être remboursés ?

Votés en 2012, les prélèvements sociaux (CSG-CRDS) sur les plus-values et revenus immobiliers pour les contribuables français non résidents ont été reconduits dans la loi de finances 2015. La Commission Européenne a ouvert une procédure d’infraction contre la France sur la conformité au droit européen de ces prélèvements. En cas d'issue favorable, attendue début 2015, comment espérer un remboursement rétroactif ?
Magazine
Les trophées
Francophonie

FRANCOPHONIE – LE XVe Sommet à Dakar

Le 15e Sommet de la Francophonie se déroule à Dakar du 29 au 30 novembre. Les chefs d’État et de gouvernement de l’OIF se réunissent pour définir les prochaines orientations de la Francophonie, statuer sur l’admission de nouveaux pays membres et élire le prochain Secrétaire général de la Francophonie. Invité de France 24, RFI et TV5 Monde, François Hollande a tenu à rappeler que la France était "au service de la francophonie".