JEAN-CLAUDE MAILLY - Le Secrétaire Général de FO à Madrid à l'occasion de la grève générale du 14N

Le secrétaire général de Force ouvrière s'est rendu hier à Madrid sur invitation des syndicats espagnols, dont l'UGT, avec qui FO noue des liens historiques. Une petite délégation de Français l'accompagnait. Surpris par le climat hostile dans lequel s'est déroulée cette grève générale, Jean-Claude Mailly a affirmé que la France n'était "pas à l'abri d'une extension de cette logique d'austérité" et de ses conséquences "suicidaires"

(Photo lepetitjournal.com)

lepetitjournal.com : Pourquoi vous êtes vous joint aux manifestations espagnoles ?
Jean-Claude Mailly :
D'abord parce qu'à Force ouvrière, nous avons des relations historiques avec l'UGT : nous avons par exemple hébergé ses membres à Paris quand l'Espagne était sous le régime de Franco. De mon côté, ce n'est pas la première fois que je me rends à Madrid. Et puis il faut savoir aussi que cette journée de grève générale espagnole s'inscrit dans un cadre européen. Force ouvrière tenait ainsi à apporter son soutien.

Pourquoi ne pas vous être mobilisé en France ?

En France, la crise n'est pas de la même ampleur. Ici aujourd'hui (mercredi ndlr), c'est une journée de grève générale, c'est à dire que les syndicats ont appelé les salariés du privé et du public à cesser toute activité de travail pendant 24 heures. C'est considérable ! En France, la mobilisation ne consistait qu'en la distribution de tracts par les organisations syndicales et un défilé commun à Paris. Cela fait longtemps que l'on n'a pas fait d'appel de ce type chez nous : si ma mémoire est bonne, la dernière grève générale remonte à 1995 (c'est la seconde en moins d'un an en Espagne).

Comment se matérialise concrètement votre soutien aux Espagnols ?

Je suis arrivé à Madrid avec une petite délégation de Français. Ce matin (mercredi ndlr), nous nous sommes rendus sur des piquets de grève, comme devant El Cortés Inglés et Telefonica. Nous avons rencontré les manifestants espagnols, pu échanger. Puis je me suis entretenu avec mes homologues de l'UGT, la CCCO et de la CGT, avant la conférence de presse de la mi-journée. En soirée, nous allons nous joindre au cortège intersyndical dans les rues de Madrid.

Malgré cet aller-retour express, comment percevez-vous cette journée de mobilisation générale ?
C'est une réussite. La mobilisation est plus forte que lors de la précédente journée de grève générale. Ce qui me frappe, c'est le déploiement policier assez impressionnant mis en place par le gouvernement. On sent un climat lourd, d'anxiété, voire d'insécurité. Pour dire franchement, ça fait drôle.

Pensez-vous que la France peut être concernée à l'avenir à son tour ?

La situation que vivent les Espagnols est critique, dramatique. J'espère qu'on ne la vivra pas, mais je n'en suis pas sûr. L'Europe s'est engagée dans une politique d'austérité à tout-va imposant à chaque État de réduire sa dette publique. En Espagne et dans le sud de l'Europe globalement, cela s'est concrétisé par une chute de la croissance puis une récession économique, une baisse des recettes fiscales et de sévères coupes budgétaires. La France n'est pas à l'abri d'une extension de cette logique. Je continue à penser que cette logique globale d'austérité est suicidaire socialement, économiquement et démocratiquement.
Propos recueillis par Damien LEMAÎTRE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 14 novembre 2012


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