GRÈVE GÉNÉRALE - 14N : forte mobilisation attendue aussi en Catalogne

La capitale n'a pas le monopole de la grève. En Catalogne aussi des actions d'envergure sont prévues ce mercredi. Mais c'est leur multiplicité et leur caractère alternatif qui intrigue. Par effet domino, la campagne électorale d'Artur Mas est largement remaniée

(Photo archives lepetitjournal.com)

L'UGT et la CCOO sonneront une nouvelle fois la charge. Les deux principaux syndicats de travailleurs de Catalogne comme d'Espagne ont appelé à un grand rassemblement unitaire ce mercredi à 18 heures, plaza de Cataluna, dans le centre-ville de Barcelone, pour lutter contre "les coupes budgétaires du gouvernement" qui mettent à mal "notre système de cohésion et de justice sociale". Après le 29 mars, première grève générale sous l'ère Rajoy, les deux organes de défense des travailleurs insistent cette fois sur le caractère "exceptionnel" d'une "première grève générale européenne" : vingt-trois pays vont en effet se manifester comme un seul homme. Une forte mobilisation est pressentie. La manifestation du 29 mars s'était mal terminée à Barcelone, avec une série d'affrontements entre manifestants et forces de police, à la suite de tentatives de sabotages du métro, de blocage de voies de circulation et d'attaques d'agences bancaires par une frange d'extrémistes radicaux.

Multiplicité des manifestants citoyennes
En marge du cortège traditionnel, des autres appels à la mobilisation ont aussi été lancés par la CGT, aux Jardinets de Gràcia, à 18 heures. En milieu de journée, le collectif Iaioflautas, les grand-pères qui prônent la désobéissance civile, a donné rendez-vous à ses partisans à 12 heures, plaça Urquinaona. Le collectif AcampadaBCN, lui, a compilé une série d'assemblées publiques et de rassemblements tout au long de la journée : devant des centres commerciaux, des hôpitaux, sur les places publiques. Des réunions de travail sont également prévues, avec un grand buffet qui clôturera la journée de manifestations. Si l'on sort du cadre d'organisations bien rodées, on s'étonnera du foisonnement d'initiatives locales, qu'un collectif a recensé sur une carte interactive (image ci-contre).
On apprend ainsi qu'un cortège de cyclo-manifestants défilera dans les rues dès 8 heures ou qu'une Flashmob (mobilisation éclair à tendance musicale) aura lieu devant une agence de l'opérateur de téléphonie espagnole...

Le meeting d'Artur Mas à Vic annulé
A cause de cet agenda contestataire bien rempli, les déplacements de campagne des principaux candidats aux élections régionales de Catalogne sont largement perturbés. Premier concerné : Artur Mas, le président du gouvernement de la Generalitat sortant. Le candidat de CiU a choisi, hier, de suspendre ses actes publics afin que le mouvement de grève se déroule en "totale normalité". En clair, que ses actions et ses déclarations ne couvrent pas la journée d'expression générale des travailleurs, des chômeurs et des retraités catalans -et vice versa. Son meeting à Vic, au Nord de Barcelone, a ainsi été annulé. La grève générale en Catalogne aura au moins eu le mérite de faire taire les hommes politiques, diront les sceptiques.

INFOS PRATIQUES
> Les transports les plus touchés. En Espagne, un TGV sur cinq circulera mercredi, un train de banlieue sur trois et une rame de bus et de métro sur trois, aux heures de pointe (6 h 30 - 9 h 30 et 16 h 30 - 20 h 30). Le secteur aérien est aussi très concerné : Iberia, principale compagnie espagnole, a déjà annoncé la suppression de 350 de ses vols. Sur le territoire intérieur, seul un vol sur dix sera assuré. Les liaisons européennes, une sur cinq ; extra-européennes, 40 %, et inter-insulaires (Baléares et Canaries), une sur deux. À Barcelone, le service de navette Aerobus fonctionnera à moitié, avec une rotation assurée sur deux tout au long de la journée. Le trafic maritime sera également à l'arrêt : il n'y aura que trois aller-retour entre la péninsule et les Baléares, un vers Melilla, un vers les Canaries et deux vers Ceuta. Des débrayages importants parmi le personnel de chaque mode de transport sont également attendus : à la Renfe par exemple, un employé sur dix sera à son poste pour renseigner les voyageurs et vendre des billets.
> L'enseignement également paralysé. En Catalogne, les garderies seront tenues par une personne sur trois. Dans les écoles primaires, il n'y aura qu'un enseignant pour six classes. Même constat à Madrid, avec le directeur de l'établissement et un autre membre de la direction qui seront réquisitionnés pour tenir chaque établissement scolaire. Globalement en Espagne, la majorité des syndicats de l'école publique ont exprimé leur soutien à cette journée de grève et appelé à une large mobilisation, du personnel mais aussi des syndicats d'étudiants. Les associations de parents d'élèves sont plus partagées.
> La santé au régime strict. Tous les services d'urgence fonctionneront normalement en Catalogne. A Madrid, les unités d'oncologie, de soins palliatifs, de protection SIDA et de transports d'organe tourneront à leur régime minimum, avec 35 % du service assuré. Des difficultés sont à prévoir dans les hôpitaux publics d'Espagne, durement touchés cette année par des coupes budgétaires.

Arnaud ROY et Damien LEMAITRE (www.lepetitjournal.com - Espagne)  Mardi 13 novembre 2012
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