SIESTA – Dormir plus pour produire plus

Et si le remède face à la crise était… de faire la sieste ?! Dans un récent ouvrage, le docteur Estivill, spécialiste de la médecine du sommeil, souligne les vertus de cette tradition "made in Spain"

(Photo lepetitjournal.com)

Il est 15 heures, fin du repas. Les tapas abondaient et le vin était excellent. En sortant de cette Cerveceria, le métabolisme digestif se met en marche et la chaleur est accablante. La fatigue ralentit la démarche et alourdit les paupières. Et pourtant… il faut retourner au travail. Répondre au téléphone, veiller l’écran d’ordinateur, envoyer des mails, répondre au téléphone… pendant 5 heures. Mais même les trois cafés post-comida n’y feront rien : les gestes seront lents et le résultat du travail peu productif. Comme la fin de la journée sera salutaire !

Les salariés japonais et les astronautes de la NASA font la sieste

Et si dans ce cas, la personne avait fait une petite sieste avant de retourner travailler, quelle aurait été la conséquence ? Une augmentation de sa productivité entre 10 et 12%. C’est prouvé scientifiquement, et c’est ce qui explique pourquoi des salariés d’une entreprise de voiture au Japon ont du temps pour faire la sieste ! Dans son dernier ouvrage, "Que no et facin perdre el son" ("Que cela ne t’empêche pas de dormir"), le docteur Estivill, directeur de la clinique éponyme à Barcelone, explique qu’en 24 heures, il y a deux moments où le cerveau a besoin de dormir : la nuit, et 6 à 8 heures après le réveil. C’est pour ça qu’il faut faire la sieste à la moitié de sa journée de travail, c’est un besoin biologique. Faire la sieste, cela permet de d’accroître l’activité du cerveau, notamment la concentration, donc d’augmenter l’efficience du travail. Selon une étude réalisée en 2007 par Nasaka A. y Oikonomou E., le temps idéal pour une sieste serait compris entre 20 et 30 minutes. A la NASA, cette théorie a été mise en pratique : après une intense matinée de travail, les astronautes de l’agence spatiale américaine font une sieste d’exactement 26 minutes, afin de "reprendre des forces".

La sieste espagnole ? Un cliché !

Certains disent que la "siesta" ou "cabezita" ("piquer du nez" en français) fut instaurée en Espagne par San Benito de Nursia, plus connu sous le nom de San Benito de Abad. Il aurait imposé la "hora sexta", qui correspond à midi, aux frères de son monastère. Alors l’Espagne, bastion traditionnelle de la sieste, est-elle la championne de la productivité ? Pas si sûr. La sieste, selon une étude de la Fondation de l’Education pour la Santé (FUNDADEPS), ne fait plus partie des habitudes et du mode de vie des Espagnols. Seuls 16,2% d’entre eux la feraient quotidiennement. Une tendance confirmée par Michèle Rodriguez, psychanalyste et psychothérapeute installée à Barcelone. Interrogée sur les conséquences de la sieste, présentée comme "pratique espagnole", elle répond : "La sieste, c'est un lieu commun ! Les gens n'ont pas un créneau sieste au cours de leur journée de travail". La sieste en Espagne ? Une coutume devenue cliché.

Arnaud ROY (www.lepetitjournal.com - Espagne)  Mercredi 7 novembre 2012

Barcelone
Actualité Espagne
A la une

VIVRE EN FAMILLE - Une association française prix Balzan pour l'humanité

L’association française "Vivre en Famille" a reçu le prix Balzan pour l’humanité, la paix et la fraternité entre les peuples, au Palazzo del Quirinale, en présence de Giorgio Napolitano, président de la République italienne. Une reconnaissance pour cette ONG qui se bat pour les adoptions d’enfants handicapés, mais aussi pour garantir des lieux d’accueil, des écoles et des centres de soins en Afrique.
France/Monde
En direct d'Europe
Turin - actualité italie

BANLIEUES – Le malaise italien

Le mois de novembre a été marqué par de fortes tensions à la périphérie de quelques grandes villes italiennes. L’agitation, amplement…
Expat
Expat - Emploi

COACHING - Partir pour mieux revenir

"Je me sens seul comme au milieu de l’océan". Je suis à l’autre bout du téléphone et je peux ressentir toute la détresse de Patrick, 40 ans. En quinze ans, il s’est construit l’une des plus belles réputations de décorateur en Espagne, les clients se battent littéralement pour avoir ses services, et pourtant il a cette terrible impression d’être arrivé en bout de course. "Je veux arriver à prendre un virage que je n’arrive pas à négocier seul. Ce virage est un nouveau challenge professionnel qui me redonnera l’envie de me lever le matin".
Expat - Politique

MARC VILLARD – "L’AFE doit se concentrer sur l’essentiel"

Marc Vilard, premier président élu de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE), a aujourd’hui la lourde tache d’élaborer les règles de fonctionnement de la nouvelle assemblée. En pleine réflexion sur les rôles de chacun au sein de l’institution, ses priorités n’en demeurent pas moins centrées sur les préoccupations au quotidien des Français de l’étranger

JACKY DEROMEDI – Des chantiers de Singapour au Sénat

Jacqueline Deromedi, que les Français de Singapour connaissent bien, vient d’être élue sénateur. Le parcours de cette femme entrepreneur, engagée et élégante, qui n’a pas vraiment cherché à faire carrière dans la politique, détonne au Palais du Luxembourg
Magazine
Les trophées

TROPHEES 2014 – Les sept lauréats ont été récompensés au Quai d’Orsay

La cérémonie des Trophées des Français de l’étranger, organisée par lepetitjournal.com, s’est déroulée ce jeudi 6 mars, dans le cadre prestigieux du Ministère des Affaires étrangères. Devant leurs proches, les élus, les partenaires et la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret, les sept lauréats ont été récompensés pour leur parcours d’exception.
Francophonie

LANGUE FRANÇAISE – Le monde compte 274 millions de francophones

La francophonie progresse dans le monde. C’est la conclusion du second rapport quadriannuel de l’OIF sur l’usage de la langue française dans le monde, présenté au siège de l’organisation à Paris mercredi 5 novembre. En 4 ans, le nombre de francophones a augmenté de près de 25%. Le français est aujourd’hui la seconde langue la plus étudiée dans le monde. D’ici 2060, les francophones pourraient être 767 millions à travers le monde, ce qui constitue un formidable potentiel économique et culturel. Encore faut-il soutenir cette dynamique, prévient l’OIF.