INTERVIEW - Métropoles du monde, le monde selon Fifax... à Barcelone

Il y a une vingtaine d'années, Philippe Vermeulen, alias Fifax, prend ses pinceaux pour la première fois. Aucune formation académique, le seul BEPC en poche, ce créateur de contrées urbaines expose METROPOLIS jusqu'au 3 août à la prestigieuse Sala Pares de Barcelone, la plus ancienne galerie d'art d'Espagne

Lepetitjournal.com : Tes peintures ressemblent parfois à des planches de BD. Aimes-tu raconter des histoires à travers la peinture ?
Fifax : Quand j'étais jeune, j'ai été inspiré par des auteurs comme Jules Verne. En lisant vingt-mille lieues sous les mers, j'essayais de peindre le Nautilus en suivant les descriptions. Depuis, j'ai illustré des albums de Jules Verne à la Pléiade, un rêve d'enfant... Mes peintures sont réalistes mais irréelles. Je glisse des détails, des clins d'oeil de ma propre vie, mais je ne les mets pas en avant. Il faut dire qu'en 20 ans, les tableaux ont rythmé ma vie...

METROPOLIS... la ville, irréelle et folle ?
Mes paysages pourraient exister, mais je les ai inventés. Il s'agit de réalisme irréel. J'ai un peu le comportement d'un architecte. Par exemple, je me dis "c'est dommage que cet immeuble n'ait pas 20 étages en plus", alors je les rajoute.

Tes voyages sont très liés à ton travail. Quelle est ta première passion ?
Je ne sais pas si je peins pour voyager ou si c'est le contraire. Vous l'aurez remarqué, New-York m'inspire particulièrement. Lorsque je découvre une ville, il faut que je m'en imprègne avant de pouvoir la dessiner. J'attends un déclic. J'aime aussi aller où c'est interdit. A Paris, je monte avec les ramoneurs. Pour la "Grande lessive" (à Barcelone), je suis monté sur les échafaudages des ouvriers. Lorsque j'entre dans un bâtiment, si l'on ne m'arrête pas, je monte au dernier étage.

Que t'inspire Barcelone ? (certaines peintures de l'exposition sont des vues de la ville)

Cette ville est assez représentative de mon travail, elle m'inspire. C'est un mélange architectural qui n'a rien d'homogène. On peut voir une église gothique dans un quartier moderniste. J'aime aussi son côté baroque et rococo. Tout est TROP, et j'aime cette pointe d'audace, qui existe aussi dans mes tableaux. Le minimalisme m'ennuie, je n'aime pas la demi-mesure.

La Sala Parès, en 135 ans, a vu des artistes tels que Picasso ou Miro. Aujourd'hui, c'est ton tour, est-ce que tu en es fier ?
Je suis content d'exposer dans cette galerie historique. D'autant plus que très peu d'artistes étrangers l'ont fait. Ma chance, ce sont les rencontres que j'ai faites. D'ailleurs, je voyage au fil de mes rencontres. Et ma plus grande fierté, c'est de voir les enfants de ceux qui m'ont acheté des tableaux il y a 20 ans devenus adultes, m'en acheter à leur tour.

Que t'apporte la peinture ?
Peindre m'a permis de garder mon âme d'enfant. Venant d'une famille modeste, la seule façon de m'échapper de mon univers était d'en créer un autre. Aujourd'hui, je m'amuse et je plais autant aux vrais gamins qu'aux grands enfants. L'avantage d'être peintre, c'est qu'on te demande de rester ce que tu es. Mais en contrepartie, le peintre effectue un travail de moine. Des heures de solitude, pour rencontrer le public deux ou trois fois par an, lors des expositions.

Propos recueillis par Lucie BARRAS (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 19 juillet 2012

METROPOLIS
Jusqu'au 3 août
Sala Parés, Calle Petritxol, 5

Barcelone
Actualité Espagne

DES CHÂTEAUX EN ESPAGNE – Douze forteresses à découvrir

chateau espagne
Alcazars, Alhambras, castels et citadelles… Des châteaux, en Espagne, il y a de toutes sortes. Des constructions du Moyen-Age aux vestiges de l’époque arabe, en passant par les forteresses de la Reconquista ou les palais royaux… Ce n’est pas le choix qui manque Lepetitjournal.com en a sélectionné douze, emblématiques, qui valent le détour.
A la une
France/Monde
En direct d'Europe
Londres - Actualité

UE – Les hésitations du Royaume-Uni

La Grande Bretagne est souvent considérée comme sceptique quant au maintien de sa place dans l’Union Européenne. Depuis quelques temps, le…
Expat
Expat - Emploi

Une "French touch" pour faire du vin en Virginie

"Je devais rester un an et je ne suis jamais parti." Comme Matthieu Finot, par goût du défi, de la liberté de créer ou du pays lui-même, des vignerons français s'installent en Virginie pour faire le vin dont rêvait Thomas Jefferson, il y a deux siècles.

COACHING - Peut-on s'expatrier et changer de carrière ?

Quitte à changer de carrière, pourquoi pas aussi changer de pays ? Partir, c’est s’offrir une page blanche pour se réinventer. Le nouveau pays concrétise naturellement le virage que l’on veut prendre. L’ailleurs, c’est aussi là où votre ancienne image ne vous collera plus à la peau. Pensée magique ou pas?
Expat - Politique

EXPATRIATION – Fuite à droite, ouverture à gauche

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur "l’exil des forces vives" vient d’être adopté à l’Assemblée à une courte majorité. Toutefois, le débat demeure entre la droite et la gauche pour savoir ce que représente aujourd’hui l’expatriation des Français dans le monde. Entre "un atout dans la mondialisation" pour le PS et la nécessité de "refaire de la France une terre de réussite" pour l’UMP, chacun campe sur ses positions
Magazine
Les trophées

TROPHEES 2014 – Les sept lauréats ont été récompensés au Quai d’Orsay

La cérémonie des Trophées des Français de l’étranger, organisée par lepetitjournal.com, s’est déroulée ce jeudi 6 mars, dans le cadre prestigieux du Ministère des Affaires étrangères. Devant leurs proches, les élus, les partenaires et la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret, les sept lauréats ont été récompensés pour leur parcours d’exception.