Barcelone

CATALOGNE - Le bloc indépendantiste se resserre pour réaliser le référendum

Suite à l'annonce de l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de la région, les séparatistes resserrent leurs rangs. Le gouvernement catalan fait désormais le ménage dans son équipe pour ne garder que les "vrais" indépendantistes pour le projet de mise en place de ce vote. 

Le président de la Generalitat de Catalunya, Carles Puigdemont, a convoqué l'ensemble de la presse vendredi afin de s'exprimer sur la mise en place du référendum et surtout sur les mouvements réalisés au sein du gouvernement catalan en vue de cet événement. Les membres du gouvernement qui ne seraient pas tout à fait convaincus de la légitimité de ce vote seront écartés. Et la première tête était déjà tombée. En effet les déclarations de Puigdemont de vendredi intervenaient suite au départ du conseiller régional aux Entreprises Jordi Baiget, qui a été remercié de ses services après avoir mis en doute la viabilité du référendum catalan. Baiget avait déclaré à un journal local "L’État espagnol a tant de force que nous ne pourrons probablement pas organiser le référendum". Le lendemain, le président Puigdemont annonçait la cessation des foncions de Jordi Baiget.

Le gouvernement catalan pour le référendum est formé
Jeudi soir, le président catalan a réuni ses conseillers afin de définir la liste de ceux qui participeraient à la dernière phase du projet de réalisation du référendum. Ceux qui n'ont pas accepté les termes du projet ont du quitter le gouvernement. Ainsi le lendemain Puigdemont a annoncé le départ de Neus Munté, la porte-parole du gouvernement, du conseiller de l'Intérieur Jordi Jané, et de la conseillère à l'Enseignement Meritxell Ruiz. La peur des représailles de l'État espagnol a surement joué un rôle dans le départ de ces conseillers ; rappelons qu'ils encourent des peines d'inéligibilité politique et des lourdes amendes. Ces trois postes sont en effet des fonctions clés pour le référendum : le premier est un soutien direct du président, le second est responsable de la police locale qui devra assurer la sécurité le jour du référendum, et le troisième est responsable des écoles qui devraient accueillir les urnes de ce vote illégal.  Les trois postes ont été attribués à des membres prêts à accepter les risques et conséquences personnelles de l'organisation du référendum : respectivement Jordi Turull, Joaquim Forn et Clara Ponsatí.

Que se passera-t-il en cas de oui? Et en cas de non?
Le président catalan, entouré de son équipe, a confirme la volonté du "govern" de réaliser le référendum d'indépendance de la Catalogne le 1er octobre prochain, et cela sans l'accord de l'État espagnol. L'interrogation pèse toujours sur la manière dont l'Espagne va réagir le jour du référendum : le gouvernement de Rajoy va-t-il rentrer dans un rapport de force pour empêcher le vote, forces de sécurité sur le terrain ? Ou bien va-t-il le laisser se dérouler pour ensuite l'annuler et sanctionner les organisateurs?
Le président catalan a assuré que si le "Oui" était majoritaire au référendum, la mission de son gouvernement aura alors touché à sa fin et ce dernier sera dissout ; l'indépendance serait alors "immédatement proclamée", et serait engagée une nouvelle étape de séparation de l'État espagnol avec le lancement de la "constitution d'une République catalane".
Dans tous les cas, la fin du gouvernement de Puigdemont est annoncée pour le 1er octobre. Car en cas de "non" majoritaire des Catalans au référendum proposé, le gouvernement catalan sera dissout et de nouvelles élections seront alors convoquées, dans l'objectif du constituer un nouveau gouvernement régional autonome. 

L'Europe confirme sa position
Suite aux dernières déclarations du gouvernement catalan et à la mise en marche du référendum, le dialogue est rompu avec l'État espagnol qui grince des dents, tout en essayant d'éviter les polémiques. Madrid a reçu du soutien de la part de l'Union européenne ; le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rappelé la position de l'UE sur le référendum catalan, en réponse à la question d'une euro-députée vendredi  : "Si une partie du territoire d'un État membre de l'UE cesse de faire partie de cet État pour se convertir en un État indépendant, les traités européens cessent de s'appliquer à ce "nouvel État"". En cas d'indépendance, la Catalogne sortirait donc des accord européens.
De son côté, le président espagnol Mariano Rajoy a qualifié les derniers agissements du gouvernement catalan de "purge de ceux qui doutent au bénéfice du triomphe du radicalisme". 

Perrine LAFFON (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 17 juillet 2017
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