Barcelone

PASCALE DE SCHUYTER HUALPA – Rencontre avec la nouvelle directrice de l'IFB

Après plus de 20 ans passés dans le réseau des Alliances françaises, en poste en France et dans divers pays, Pascale de Schuyter Hualpa est arrivée début septembre à Barcelone à la direction de l'Institut français. Un nouveau défi professionnel qu'elle vit avec beaucoup d'enthousiasme. Elle souhaite faire de l'Institut un lieu de rencontres ouvert et ancré dans son contexte local. Rencontre.

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Pascale de Schuyter Hualpa (photo DR) : J'ai débuté ma carrière dans l'enseignement primaire, puis comme enseignante dans des secteurs spécialisés comme les hôpitaux parisiens. Ensuite, j'ai eu la chance d’exercer des fonctions de direction dans le réseau des Alliances françaises, puisque j'y ai consacré plus de 15 années de ma carrière. J'ai travaillé principalement en Amérique latine, au Pérou, au Mexique et au Brésil. Mais j'ai également été en poste à Bruxelles, toujours en Alliance française, ce qui a affiné ma vision sur le potentiel, la nécessité et parfois la complexité de travailler au sein de l'Europe, Bruxelles étant au cœur de la réalité européenne.
Ensuite et durant 5 années à Paris, j’ai dirigé l'Alliance française Paris Ile de France, un établissement majeur, qui compte entre 10.000 et 12.000 étudiants par an et quelques 160 salariés. J'ai également travaillé quelques années au ministère des Affaires étrangères pour la coopération internationale, ce qui m'a donné une vision plus politique, plus stratégique de mon métier.
D’autre part, s’est instaurée une réelle correspondance entre ma vie privée et ma vie professionnelle, très tournée vers l'Autre, vers l'extérieur, vers le multiculturel, le plurilinguisme. Après de très belles années à Paris dans cette magnifique maison, j'avais envie de retrouver cette altérité que je suis venue chercher en Catalogne.

Comment percevez-vous Barcelone ?
En Catalogne je découvre tout particulièrement Barcelone. J'ai eu un véritable coup de foudre la première fois que je suis venue ici. J'ai eu l'impression, les premières minutes, d'arriver à Rio avec le soleil, la plage, le port et cette belle ville.
Sur le plan architectural, Barcelone est beaucoup plus riche encore. Je suis fascinée par la ville, et j'ai toujours le nez en l'air à observer les façades (ce qui me vaut quelques accidents). La ville est passionnante, elle me raconte des histoires. En plus j'ai toujours voulu vivre en bord de mer, mon vœu est enfin exaucé.
Je trouve que Barcelone est une ville qui met en éveil. Pour moi c'est la pluralité, c'est très cosmopolite, un peu comme Bruxelles. C'est un point de rencontre.

Comment abordez-vous votre prise de fonctions à l'Institut français ?
C'est un défi professionnel de passer du monde des Alliances françaises au monde des Instituts français.
Je suis cependant intimement convaincue que la mission est la même. Nous sommes un seul et même réseau culturel français à l'étranger. J'ai une conviction profondément ancrée : que l'on soit dans une ambassade, dans un Institut, dans une Alliance française ou dans un Lycée français à l'étranger, nous œuvrons ensemble et pour la même mission. Nous sommes tous acteurs de la coopération entre deux ou plusieurs pays, promoteurs de la diversité et du respect de l'autre sous toutes ses formes : politique, culturelle, religieuse…
L'intérêt de travailler dans le réseau culturel français, c'est de concrétiser ces belles idées. Cela signifie permettre à des personnes d'accéder au plurilinguisme, qui est une des clés de notre société, et avoir toujours le regard sur l'Autre à travers la culture. L'Autre représente ce qui fascine, ce qui intéresse, car j’estime que le "moi" se définit en fonction de l'existence de l'Autre. Je pense d'ailleurs que si beaucoup de Français vivent à l'étranger, c'est que finalement ils souhaitent aussi se redéfinir en regardant les autres.

Comment percevez-vous l'Institut français de Barcelone dans son environnement ?
Il y a des dimensions humaines dans toute institution, à l'extérieur comme à l'intérieur. Je souhaite que l'Institut français soit un incubateur de rencontres, de talents, de découvertes, et pas seulement un endroit où l'on passe.
J'accorde beaucoup d'importance à la construction d'un projet d'établissement sur un mode assez collaboratif, c’est-à-dire en impliquant les acteurs en interne à l'Institut.
Mon objectif dans les premiers mois est de projeter l'équipe vers ce que va être l'IFB de demain. Nous vivons dans un contexte externe, il faut être en éveil pour voir en quoi on peut accompagner les changements, l'histoire d'une ville, d'un pays. Et pour cela il est nécessaire d’avoir des axes stratégiques.
Un de mes objectifs est de faire une programmation la plus riche possible qui réponde le mieux aux attentes des publics et en même temps qui arrive parfois à les surprendre, à les déconcerter, les interroger.
Mon rêve serait que de jeunes artistes puissent être découverts ici, s’exprimer pour la première fois à l’Institut français. C'est une des missions que j'aimerais remplir ici.

Quels sont vos projets et vos principaux axes d'intervention pour vos premiers mois de fonction ? Avez-vous une sensibilité particulière vis-à-vis de la programmation culturelle ?
Je n'ai pas de sensibilité particulière, ce que je souhaite c'est mieux comprendre la vision qu'ont les habitants de Barcelone de la culture et entendre leurs attentes par rapport à l'Institut, répondre à leurs besoins. Je serai très à l'écoute des propositions.
Je souhaite aller à la rencontre de tous les publics avec une attention particulière pour les jeunes publics et celui des entreprises.
Le public des enfants et des adolescents est très important pour moi, c'est un fil conducteur dans ma vie professionnelle. Les jeunes publics sont les graines du futur francophone, ce sont les francophones et les citoyens européens de demain, et plus on les accompagne dans leur apprentissage des langues et dans l'approche de la culture de l'Autre, plus on aura des chances de les ouvrir à plus de tolérance.
Il y a un autre soutien au développement aussi bien du côté français que catalan, c'est d'avoir des professionnels de plus en plus bilingues. Cela passe par de la formation continue, soutenue par les entreprises et les autorités.
Dans les prochains mois nous envisagerons à l’Institut français une évolution de l'offre de cours et de l'offre de services pour mieux s'adapter aux besoins professionnels et personnels.
D'autre part, nous adapterons la communication afin de mieux s'adapter aux outils actuels, de renforcer les réseaux sociaux, d’avoir des supports de communication qui soient en rapport avec le message. Le support de communication lui-aussi doit porter le même message de l'Autre, de la diversité, et j'aimerais y mettre une touche d'humour, de créativité, établir une communication de proximité.

Quelle continuité allez-vous donner aux actions de votre prédécesseur Yannick Rascouët ?
Yannick Rascouët s'est fortement investi dans l'IFB et notamment dans les partenariats culturels. Il y a toujours une forme de respect du travail de la personne à qui vous succédez. Dans le réseau culturel, nous travaillons sur de l'humain et avec de l'humain, il est impossible de déposséder des gens qui travaillent dans l'institution de leurs histoires. Nous poursuivrons les politiques de partenariats qui ont été instaurées, et en particulier le partenariat culturel. Je dois dire que j'ai été très bien accueillie par les partenaires actuels et potentiels. Ici c'est bouillonnant culturellement, et parfois complexe à gérer, il y tellement d'évènements ! Pour faire se rencontrer l'événement et son public, ce n'est pas toujours évident.
L’IFB continuera de promouvoir la littérature, avec notamment les rencontres avec des auteurs.
Le cinéma reste une priorité. C'est un axe évident, car l’IFB dispose une des salles les mieux équipées de la ville.
De plus, je souhaite introduire en 2016 un cycle d'opéra. L'idée est de présenter un opéra par mois, accompagné éventuellement d’une conférence.
Barcelone possède l’un des plus bel opéra du monde, c’est une belle opportunité d’accompagner le public d’un tel trésor à l'Institut.

Comment envisagez-vous le rapport de l'Institut avec la communauté française, même si ce n'est pas votre premier public ?
Il n'y a pas de premier ou second public. L'Institut est aussi un espace d'accueil des citoyens français et de tous les francophones. J'ai envie que les Français viennent ici et qu'ils y trouvent un espace de convivialité. Pour cela nous avons déjà la médiathèque qui est bien fréquentée, et sur laquelle nous allons travailler pour la rendre encore plus attrayante. Pourquoi ne pas créer d'autres rencontres, avec des associations locales. L'association des Amis de l'Alsace a, par exemple, organisé ces jours-ci des évènements en hommage à Albert Schweitzer ; j'aimerais beaucoup que d'autres régions de France viennent présenter leurs atouts à travers l'Institut français : l’objectif est également d'organiser des moments de convivialité.
Je suis ouverte à toute proposition, je ne sais pas si tout sera envisageable, mais il faut que ce bâtiment pétille d’activités, qu'il soit une maison vivante.

Comment se passe la rentrée ?
Les effectifs sont stables. Nous sentons que les jeunes publics vont à la rencontre de l'Institut français pour l'apprentissage de la langue, souvent encouragés par les parents. Du coup l'accueil des jeunes va devenir l’une de mes priorités : en accompagnant encore plus intensivement la formation des professeurs et en créant de nouveaux espaces plus adaptés pour les jeunes publics. Il y a parallèlement une réflexion à engager : comment proposer une offre de cours et des services qui fassent que des enfants scolarisés dans le système éducatif catalan trouvent un complément de formation en français à l'Institut ? Je souhaite souligner aussi les efforts conséquents qui sont faits en Catalogne, par les autorités catalanes et françaises, en faveur de la coopération éducative et linguistique : je pense notamment au succès croissant du Bachibac.
L'IFB continuera de s’engager sur cette voie de la coopération élargie à tous les secteurs d’activités couverts par sa mission.

Propos recueillis par Perrine LAFFON (lepetitjournal.com – Espagne) Mardi 27 octobre 2015
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