Bangkok

VIVRE EN THAILANDE - Pour le meilleur et pour le pire

Accident de la route, agression, incarcération, escroquerie, banqueroute, on n’est jamais à l’abri d’un coup dur, pas même au pays des milles sourires. Chaque mois, des expatriés ou touristes se trouvent en grande détresse, souvent pour des problèmes assez communs, mais qui, à l’étranger, peuvent prendre des proportions graves. Et puis il est vrai que, derrière ses charmes, la Thaïlande peut aussi cacher des pièges redoutables

Derrière l’image idyllique des cartes postales et de certains documentaires racoleurs vantant un El Dorado où il suffit de vouloir jouir de la vie pour décrocher les fruits du bonheur, un séjour touristique ou une installation en Thaïlande mal préparée peut vite tourner au cauchemar. Si le royaume aux milles sourires offre il est vrai une qualité de vie très attractive et de nombreuses opportunités professionnelles et d’investissement, il n’en reste pas moins qu’il peut aussi présenter des pièges redoutables. A cela s'ajoute le fait que, d’une manière générale, dès lors que l’on se trouve à l’étranger, les choses sont forcément plus compliquées qu’à la maison.

L’accident, le drame le plus commun

"Des accidents de la route, des gens qui se tuent à scooter à Phuket, il y en a tous les jours. En cause, l’état des routes qui n'est pas très bon, une circulation dangereuse, le manque d’attention, le fait de rouler à droite et non à gauche et cette impression que l'on peut faire ce que l’on veut comme louer un scooter sans permis, sans assurance, sans casque. Chaque année, quatre ou cinq Français se tuent sur les routes sur l’île" expliquait Claude de Crissey, consul honoraire de France à Phuket suite à l’histoire d’un jeune français qui se retrouvait dans le coma avec une note d’hôpital de près de 80.000 euros.

Relire : Sofiane, dans le coma et sans assurance, un drame trop commun

Pour Pierre Barbier, président de l'Association de la Bienfaisance en Thaïlande (AFBT), ce genre de situation touche le plus souvent les touristes qui, pour économiser quelques euros, préfèrent ne pas souscrire à une assurance voyage ou rapatriement. Une erreur qui peut vite coûter cher. “Les gens pensent que se faire soigner en Thaïlande cela ne coûte pas cher, c’est vrai pour une simple visite chez le médecin mais pas en cas d’hospitalisation” explique-t-il.

Le Chef de la section consulaire française en Thaïlande, Luc Speybrouck, soulignait dans une interview accordée l'an dernier au Petitjournal.com que l’absence d’assurance faisait partie des principaux problèmes rencontrés par l’ambassade, provoquant des difficultés administratives et financières en cas d’accident ou de litiges lors de la location d’un scooter, d’une moto ou d’un jet-ski. L'ambassade rappelle d'ailleurs sur son site Internet l’importance de vérifier que le loueur est assuré ou d’avoir sa propre assurance ainsi que de faire un état des lieux du véhicule en prenant des photos.

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SOIREE BEAUJOLAIS NOUVEAU AU PROFIT DE LA BIENFAISANCE

La soirée du Beaujolais Nouveau à Bangkok, qui aura lieu le samedi 19 novembre de 18h30 à 22h30 dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur de France, est organisée chaque année au profit de l’Association Française de Bienfaisance de Thaïlande (AFBT). Animée par une équipe de bénévoles, L’AFBT oeuvre au service de Français et/ou de leurs familles, résidents ou de passage dans le Royaume, et se trouvant dans une situation de détresse, de misère ou d’indigence.

Manque de préparation

De son côté, l’AFBT reçoit environ cinq demandes par mois de personnes en difficulté, généralement financière, souvent des personnes peu préparées. “Il s'agit souvent de personnes en total décalage, qui ne parlent pas anglais, encore moins thaïlandais, qui n’ont aucune notion du pays, du contexte, elles pensent que la vie est plus facile ici qu’en France. La majorité des cas que nous traitons sont des retraités ou des gens en situation précaire qui ne peuvent faire face à la moindre difficulté financière”, précise Pierre Barbier.

Et les situations où l'on peut se trouver en difficulté sont nombreuses que ce soit à cause d'amendes pour dépassement de visa, hospitalisation pour des personnes qui, bien que cotisant à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE), doivent avancer les frais d’hôpitaux, des personnes qui se trouvent en conflit avec leur assurance, etc. Un cas de figure classique est celui ou celle qui a ses biens immobiliers et son entreprise au nom de son épouse -ou époux- thaïlandaise dont il se sépare brutalement.

Lire aussi: REPORTAGE - Quand la Thaïlande se cabre, des Occidentaux échouent sur le pavé

Il n'est pas rare non plus de voir arriver des "aventuriers" qui lâchent tout pour s'installer en Thaïlande avec leur petit bas de laine après y avoir passé quelques jours de vacances.

En septembre dernier, la presse belge relatait l'histoire d'une famille belge coincée dans le royaume depuis un an pour dépassement de visa. Arrivée en Thaïlande en 2012 avec 4.000 euros, le couple et leur enfant -non scolarisé- se sont retrouvés sans argent et dans l'impossibilité de payer les amendes dues au dépassement de leur visa. 

“Il y a une naïveté de la part des étrangers qui viennent s’installer ici” déplore Pierre Barbier citant comme exemple ceux qui arrivent au royaume avec trois fois rien et pensent pouvoir faire du business facilement ou encore ceux qui investissent sans précautions dans des programmes immobiliers ou financiers opaques. L’appel de l’argent facile et d’une retraite dorée au soleil fait oublier le sens critique à certains.

Il y a aussi le jeune entrepreneur qui a investi tout ce qu’il avait et qui, face à l'imprévu, ne peut plus payer la moindre de ses créances au risque de perdre son business. “Dans ce genre de situation, la Bienfaisance peut aider en avançant un peu d’argent, parce que sans cela, cette personne allait mettre la clé sous la porte alors que ce n’était qu’un problème de liquidité à un moment donné”, explique Pierre Barbier.

Des risques ignorés ou sous-estimés

Il faut aussi bien prendre conscience que la Thaïlande a des lois et que ces dernières peuvent être très sévères comme celles punissant le lèse-majesté (jusqu’à 15 ans par chef d’accusation) ou encore la détention de drogue (prison à vie voire peine de mort).

En avril dernier, trois françaises ont été arrêtées à Pai en possession de 34 grammes d’héroïne, une drogue de catégorie 1 et qui peut mener jusqu’à la peine de mort en Thaïlande.

Coralie de Vaulchier, Française expatriée en Thaïlande, visite les détenus dans les prisons de Bangkok, dans une interview accordée au Petitjournal.com, elle revenait sur les risques des peines en Thaïlande, principalement en ce qui concerne la drogue et surtout la méconnaissance des étrangers sur les peines qu’ils risquent au Pays du sourire. “Il y a eu un jeune qui était en vacances, le deuxième jour de son séjour, il est allé acheter de la drogue à un endroit qu’on appelle “la fontaine” du côté de Chiang Mai. Là-bas, on peut tout acheter et souvent on se fait prendre par la police sur le chemin du retour. Il était là pour quinze jours, il en a pris pour vingt ans! Souvent les prisonniers sont surpris de la lourdeur de leur peine et me disent : “oui mais en France je n’aurais pas eu autant”. Il ne faut pas oublier qu’on est en Thaïlande et que pour certains délits, ils ne rigolent pas, surtout avec la drogue. Si on achète ou que l’on consomme, on prend un risque comme lorsqu’on joue au casino, on peut tout perdre”.

Les guides traditionnels de voyage mentionnent aussi la liste des arnaques les plus courantes. Et Pierre Barbier de conclure : “si on est blindé au niveau organisationnel, qu’on s’est renseigné sur le pays, qu’on a une assurance, rien ne peut vraiment arriver si ce n’est les cas imprévus comme un accident”.

Catherine VANESSE (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) jeudi 10 novembre 2016

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