Bangkok

BIRMANIE - Aung San Suu Kyi demande le soutien de l'Inde pour la démocratie

L'ex-dissidente birmane devenue chef de l'opposition, Aung San Suu Kyi, est arrivée mardi en Inde, pour la première fois depuis 25 ans, un pays où elle a vécu enfant, lorsque sa mère y était ambassadrice, puis étudiante dans les années 60. Elle a demandé mercredi le soutien de l'Inde sur le chemin de la démocratie en Birmanie

Aung San Suu Kyi, a demandé mercredi le soutien de l'Inde sur le chemin de la démocratie en Birmanie, déclarant avoir été "attristée" que New Delhi se soit un temps "éloignée", lors d'un discours devant le Nehru Memorial Fund, à New Delhi. "J'ai été attristée que l'Inde se soit éloignée de nous lors de nos moments difficiles (...). Mais j'ai toujours eu foi dans la relation durable entre nos deux pays, sur la base de l'amitié durable entre nos deux peuples", a déclaré l'ex-dissidente birmane devenue chef de l'opposition.

Suu Kyi, aujourd'hui députée, est arrivée mardi en Inde, pour la première fois depuis 25 ans, un pays où elle a vécu enfant, lorsque sa mère y était ambassadrice, puis étudiante dans les années 60.

Longtemps alliée sans réserve de Suu Kyi, l'Inde, qui partage 1.640 km de frontière avec la Birmanie, s'était rapprochée de la junte dans les années 1990, notamment sur des questions de sécurité et d'énergie. "L'amitié entre des pays devrait être basée sur l'amitié entre les peuples et non sur l'amitié entre les gouvernements", a ajouté la prix Nobel de la paix.

Après un long développement sur l'amitié entre son père, le général Aung San, considéré comme un héros de l'indépendance de la Birmanie, et Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de l'Inde indépendante, elle a jugé que son pays n'avait "pas encore atteint l'objectif de la démocratie". "J'espère que le peuple indien sera à nos côtés sur le chemin qu'il a pu parcourir de nombreuses années avant nous", a-t-elle plaidé.

Avant son discours, introduit par Sonia Gandhi, la chef du parti du Congrès, au pouvoir, Aung San Suu Kyi s'était entretenue avec le Premier ministre, Manmohan Singh. Ce dernier a salué son "indomptable courage" et assuré que l'Inde soutenait sa lutte pour la démocratie, dans une claire volonté de restaurer des relations distendues avec l'ex-dissidente.

"Tous nos voeux sont avec vous, ainsi que dans votre lutte pour la démocratie. Nous vous admirons pour l'indomptable courage dont vous avez fait preuve", a dit M. Singh.

Après avoir rencontré Suu Kyi à Rangoun en mai dernier et l'avoir invitée à se rendre en Inde, Manmohan Singh avait affirmé que l'Inde était "très fière des relations de longue date avec elle et les membres de sa famille".

Lors de sa visite --la première d'un Premier ministre indien en 25 ans-- visant à renforcer les liens commerciaux pour contrer l'influence croissance de la Chine, les deux gouvernements avaient signé douze accords couvrant notamment les domaines du transport et de la sécurité.

La chef de l'opposition, élue députée en avril, a exhorté New Delhi à conserver un oeil critique sur les réformes en cours.

"Un excès d'optimisme n'aide pas, parce qu'alors vous fermez les yeux sur ce qui ne va pas (...). Nous ne sommes qu'au début du chemin vers la démocratie", avait-t-elle prévenu dans un entretien au quotidien The Hindu, avant sa visite.

En 2010, Washington avait dénoncé le silence de New Delhi sur les violations des droits de l'Homme en Birmanie.

La libération de Suu Kyi la plaçant au coeur du jeu politique, la fin du régime militaire l'an dernier, la mise en place de réformes par le président Thein Sein, et les perspectives d'élections nationales en 2015 ont changé la donne et mis fin au statut de paria de la Birmanie aux yeux de l'occident.

Le président américain Barack Obama doit s'y rendre la semaine prochaine. Aung San Suu Kyi a par ailleurs reconnu l'intérêt du milieu des affaires à exploiter les opportunités dans son pays mais elle a estimé que "les investissements doivent être faits dans la bonne direction".

Lors de sa visite de quatre jours en Inde, elle doit visiter le parlement dans la capitale fédérale, passer en revue des projets de développement ruraux dans l'Etat de l'Andhra Pradesh (sud-est) et se rendre à Bangalore (sud) où elle visitera notamment l'Institut des sciences.

Elle se rendra vendredi à l'université Lady Shri Ram de New Delhi dont elle est diplômée en sciences politiques.

(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 15 novembre 2012

 

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