LAOS – Un rapport sénatorial optimiste pour le futur du pays

Après s’être rendu au Laos en début d’année, un groupe interparlementaire d’amitié a publié en mai un rapport qui loue l’ouverture progressive du pays. La présidente du groupe et vice-présidente du Sénat, la socialiste Catherine Tasca, revient sur les grands axes de cette publication : la politique, l’économie, le tourisme et les échanges franco-laotiens

Une réunion de travail Laos-Thaïlande sur le tourisme organisée en 2010 à Vientiane (photo Pierre Queffélec)

Mi-juin, Choummaly Sayasone, président du Laos, et Thongsing Thammavong, Premier ministre, étaient reconduits dans leur fonction pour cinq ans. Dirigé par le Parti populaire révolutionnaire Lao, parti communiste laotien et seule formation politique autorisée dans le pays depuis 1975, le Laos ne connaît pas le pluralisme politique. "Néanmoins, les parlementaires, au contact de leurs électeurs, usent de plus en plus de leur liberté d’interpellation du gouvernement, en particulier lors des séances de questions au gouvernement," nuance Catherine Tasca, vice-présidente du Sénat et présidente du groupe interparlementaire d’amitié France – Cambodge et Laos. En avril 2009, un décret a autorisé l’établissement au Laos d’associations de droit local à but non-lucratif dans tous les secteurs du développement en dehors de l’appareil partisan. Une avancée indéniable pour le développement de la société civile laotienne parmi laquelle certaines associations, notamment travaillant dans le domaine du social, de la santé et de la promotion du droit des femmes, sont aidées par un co-financement des autorités françaises.

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Luang Prabang, un patrimoine exceptionnel à préserver

Le tourisme est l’un des axes principaux de développement choisis par le gouvernement laotien, annonce le rapport. "Le secteur touristique au Laos est un secteur en devenir qui doit faire l’objet d’une politique volontariste ciblée, cela afin de développer les infrastructures d’accueil et de transport tout en protégeant le patrimoine, estime Catherine Tasca. Le cas de la ville de Luang Prabang en est à ce titre un exemple." Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1995, la capitale de l’ancien royaume du million d’éléphants (Lan Xang) est menacée par des projets de développement économique comme la construction d’un nouvel aéroport et d’une nouvelle ville sur la rive droite du Mékong. L’âme de Luang Prabang est également mise en péril par le développement rapide du nombre de touristes. La France s’est notamment investie depuis 2005 dans un projet de coopération, entre la province de Luang Prabang et la région française du Centre, appelé Eco-vallée de la Nam Khan. Ce projet de décentralisation a pour objectif principal le désengorgement de la ville de Luang Prabang grâce au développement du bassin versant de la rivière Nam Khan. Cet essor est censé se réaliser notamment du fait d’une meilleure alimentation en eau potable et électrification des zones rurales, tout en gardant à l’esprit la protection de l’environnement. Ce projet Eco-vallée de la Nam Khan fait partie des centaines de programmes éco-touristes mis en place par le gouvernement laotien.

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Un pays pauvre malgré une croissance forte
Comme son puissant voisin chinois, le Laos a pris la voie de l’économie de marché. Le pays développe ses relations économiques et commerciales tant avec ses voisins au sein de l’ASEAN qu’avec l’Europe. Fort de ressources naturelles très prisées, le Laos attire les investissements étrangers. Selon les chiffres officiels recueillis par l’AFP en mai dernier, ceux-ci sont passés de 51 millions de dollars en 2001 à 13,6 milliards en 2010. Malgré une croissance moyenne de 7,9% ces cinq dernières années, le Laos reste pourtant l’un des derniers Pays les Moins Avancés (PMA) d’Asie. "Le gouvernement local se trouve confronté à certains défis qu’il doit relever, notamment la lutte contre la corruption et les politiques commerciales offensives de la Chine, de la Thaïlande et du Vietnam", explique la vice-présidente du Sénat. Si certains experts craignent que le Laos ne se fasse vider de ses ressources naturelles par ses voisins tandis que son industrie nationale n’est pas encore en place pour les exploiter, Catherine Tasca reste optimiste : "Le Laos peut tirer avantage de sa position géographique centrale et du développement des infrastructures de communication en Asie du Sud-Est pour construire un appareil de production et créer sa propre valeur ajoutée dans une région qui connaît l’un des taux de croissance les plus importants au niveau mondial, anticipe-t-elle. Et d’autres secteurs économiques sont en plein développement comme le secteur bancaire, la distribution, mais aussi l’agro-alimentaire."

La France, premier partenaire économique européen
Le rapport souligne aussi que la France est aujourd’hui le premier partenaire économique européen du Laos. La coopération économique avec le Laos couvre trois domaines essentiels : la santé, l’agriculture, et le développement urbain et patrimonial, grâce à la présence de quelques grandes entreprises et d’une centaine de PME. Bénéficiant de l’appui de la nouvelle Chambre européenne de Commerce et d’Industrie au Laos créée le 31 mars, qui intègre la chambre française, les PME tricolores opèrent en grande majorité dans l’hôtellerie et le tourisme, la production de café, de fleurs et dans le secteur industriel. "Ce partenariat économique est soutenu également par  la présence d’une communauté française active, forte d’environ 2.000 personnes," souligne Catherine Tasca. Mais pour Richard Yung, sénateur socialiste représentant les Français établis hors de France, qui a visité le Laos en 2011, le climat actuel des affaires n’est néanmoins pas suffisamment stabilisé pour permettre des échanges économiques plus importants. "Les pratiques, la législation et son application font que les investisseurs ne savent pas très bien où ils mettent les pieds, précise-t-il. Il faut souvent trouver un correspondant laotien qui nous guide, mais cela peut être dangereux."

Seulement 3% de francophones
Protectorat français jusqu’au milieu du XXe siècle, le Laos est resté pour la France un partenaire économique et culturel de premier plan mais la guerre du Vietnam puis la fermeture politique du pays ont affaibli les liens entre les deux pays. Le français était la première langue étrangère pratiquée par l’élite du pays jusqu’en 1975 mais en 2010, le nombre de francophones n’est estimé qu’à 3% de la population, indique la publication sénatoriale. Sur ce sujet-là encore, la présidente du groupe interparlementaire a bon espoir pour des améliorations, ayant ressenti durant son voyage "l’attachement du gouvernement laotien et des Laotiens au français." Catherine Tasca met aussi particulièrement en avant le travail entrepris par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), une association d’universités, qui tentent de valoriser la langue française au Laos par la création de classes bilingues et la formation des enseignants.

Si ce rapport n’a pas déclenché de réactions particulières dans le monde politique français, Catherine Tasca pense qu’il servira de support de réflexion aux autorités politiques de la France pour l’avenir de la coopération, et qu’il donnera du Laos une image de pays d’avenir pour les expatriés français.
Yann Fernandez (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mardi 30 août 2011

 

La communauté française au Laos
1.885 Français étaient enregistrés au consulat de France au 31 juillet 2011, ce qui fait de la communauté française la troisième communauté étrangère la plus représentée dans le pays derrière les Thaïlandais et les Vietnamiens.
La communauté française a connu une augmentation de plus de 80% par rapport à l'année 2004, où il n'y avait qu'un millier d'inscrits. L’ambassade de France au Laos estime à près de 2.100 personnes l’ensemble des Français en tenant compte des personnes non inscrites. D’après la Maison des Français de l’Etranger, service du ministère des Affaires étrangères et européennes, la très grande majorité d'entre eux résident dans la capitale Vientiane, le reste de la communauté se partageant principalement entre les villes de Savannakhet, Luang Prabang et Paksé.
Avec plus d’une centaine d’entreprises, la France est le pays européen le plus présent économiquement au Laos. "La mission économique de l'ambassade est en contact avec environ 130 entreprises francophones, explique Coraline Adam, attachée de presse auprès de l'ambassade de France au Laos. La majorité d'entre elles sont des entreprises unipersonnelles de petite taille, détenues par des entrepreneurs français d'origine laotienne ou par des Français établis au Laos depuis plusieurs années, et beaucoup sont présentes dans le secteur du tourisme." Des grands groupes comme EDF ou Bred-Banque Populaire y sont également déjà installés. En 2010, 45.000 touristes français sont entrés au Laos, soit une augmentation de 61% par rapport à 2004, où ils n'étaient que 28.000, selon des chiffres de l’Agence Nationale du Tourisme Lao (LNTA).


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