PORTRAIT - Bouddhisme et boxe française : même combat

Un champion de boxe française affirme la suprématie de son art au royaume de la boxe thaïlandaise. Pour ce croisé du développement personnel, adepte du bouddhisme, les vertus éducatives font toute la différence

Plusieurs fois champion en Savate et en Kick Boxing, Dominique Fontanarosa voit avant tout la boxe comme un vecteur d'éducation (Photo Meeporn Oeawpanich)

"Pédagogie et psychologie me passionnent autant que le sport proprement dit", avoue Dominique Fontanarosa, un champion du monde de Boxe qui dispense des cours de savate (ou boxe française;voir encadré) à l’Alliance et au Lycée Français International de Bangkok. À 44 ans, ce Corse de Grenoble cumule les titres mondiaux, tant en savate qu’en kick boxing. Fort cette expérience au plus haut niveau, il met l’accent sur le sens de son enseignement. "Le sport est un outil. Il ne s’agit pas d’apprendre à des enfants à se battre dans une cour d’école mais à se maîtriser". Arts martiaux et maîtrise de soi : les cyniques sourient déjà de cette vérité établie… Mais gare aux apparences !

Un champion du monde critique la boxe thaïlandaise
Dominique connait et critique sans ménagement l’envers du décor de la boxe thailandaïse. "Mon séjour en Thaïlande a confirmé la valeur de tout ce que j’ai appris en boxe française. Ici, la muay thaï (boxe thaïlandaise NDRL) est un moyen de gagner sa vie. Son enseignement est empirique, sans méthodologie structurée". Selon lui les entraîneurs thaïlandais ne corrigent pas vraiment les individus et n’inculquent pas la stratégie. Une athlète thaïlandaise (voir notre article du 11 octobre 2007 Chompoo ou la passion thaïe de la boxe française) l’a compris et fait désormais confiance au champion français qui résume : "Pour eux c’est un business. Pour nous la savate est éducative".
La notion d’éducation revient comme une obsession chez ce professionnel des sports de combat qui pratiquait par ailleurs le bouddhisme avant d’arriver en Thaïlande. "Le sport de combat, c’est la construction de l’individu par lui-même. Le bouddhisme c’est la connaissance de soi par soi-même". Ainsi il concilie son accomplissement sportif et sa vie spirituelle. La cohérence est cardinale pour Dominique. Elle prémunit contre les comportements hypocrites qu’il abhorre.

Un regard curieux et des yeux doux
En harmonie avec lui-même, le champion expatrié parle peu et observe beaucoup. Au-delà des rings de boxe, il pose un regard pénétrant sur la société thaïlandaise. Un coup de cœur pour l’humanité des habitants du nord-est rural (Isaan), "ceux qui n’ont rien et partagent tout". Il goûte moins la vie sociale à Bangkok qui lui apparaît cloisonnée. "Je trouve qu’il est difficile de se faire des amis thaïlandais. Et chez les Thaïs eux-mêmes je ne vois pas beaucoup de relations amicales". Ses observations vont parfois à l’encontre des idées reçues. Il se dit ainsi choqué par "l’agressivité qui est dans l’air". Et s’il risque l’analyse, c’est encore le pédagogue qui prend le dessus pour incriminer rigidités et conservatisme du système éducatif local.

L’homme ne mâche pas plus ses mots qu’il ne marchande son engagement. Il a débarqué en Thaïlande le 30 mai 2005 avec une délégation de champions français pour un séjour éclair de dix jours. Invité par le Ministère thaïlandais des Sports, le groupe doit réaliser des exhibitions à l’occasion des Jeux Asiatiques de la Jeunesse. Mais le reste de l’équipe est finalement reparti sans lui ! Exceptionnellement Dominique a baissé la garde… K.O. face au charme d’une déléguée du Ministère des Sports venue l’accueillir à l’aéroport. Trois années ont passé et le mariage avec Nancy est à l’affiche. Le pays du sourire a tout de même le dernier mot.
Erik Dezeux (www.lepetitjournal.com - Bangkok) jeudi 21 février 2008

Vos rendez-vous avec Dominique Fontanarosa à Bangkok
Dominique Fontanarosa enseigne la savate au lycée français. Depuis 2002 cette appellation remplace officiellement le terme "boxe française". C’est aussi depuis cette date que les élèves du secondaire peuvent choisir la discipline comme option au baccalauréat.
Son enseignement est accessible à un public plus large grâce aux
sessions proposées par l’Alliance Française de Bangkok. Les personnes intéressées par une simple remise en forme ou un entretien physique sont bien venues. Pour ceux qui privilégient l’aspect cosmopolite de la vie d’expatrié à Bangkok une visite au Bangkok Fight Club s’impose. Des aficionados issus de 17 pays différents s’y côtoient pour pratiquer une gamme variée de sports de combats. Dominique enseigne boxe française et anglaise.

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