DIPLOMATIE - Obama en Thaïlande pour sa première visite depuis sa réélection

Le président Barack Obama a atterri hier à Bangkok, pour sa première étape d'une tournée asiatique. Il a été reçu avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton par le roi Bhumibol Adulyadej, avant de s'entretenir avec la Première ministre Yingluck Shinawatra. Il doit se diriger aujourd'hui en Birmanie à qui il a demandé de poursuivre les réformes, rejetant les critiques de ceux qui jugent prématuré son soutien au régime

Barack Obama (photo DR)

Le président fraîchement réélu est arrivé en début d'après-midi en Thaïlande après 19 heures de vol. Après une brève visite du Wat Pho, l'un des plus beaux temples de la capitale, il a été reçu avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton par le roi Bhumibol Adulyadej, plus ancien monarque en exercice dans le monde, révéré par beaucoup de ses sujets et considéré, à 84 ans, comme l'un des piliers de l'unité du pays.

Il s'est ensuite entretenu avec la Première ministre Yingluck Shinawatra, notamment de la lutte contre le trafic de stupéfiants et le terrorisme, mais aussi le Partenariat Trans-Pacifique (Trans Pacific Partnership - TPP), les Etat-Unis lorgnant très clairement sur la croissance insolente de la région. La Thaïlande est un partenaire historique qui avait offert des éléphants à Abraham Lincoln pendant la Guerre civile américaine.
Le coup d'Etat militaire de 2006 avait conduit les Américains à suspendre pendant un an les relations militaires avec Bangkok, qui dataient de l'époque de la guerre de Corée.

-- Renforcer les liens militaires dans la région face aux ambitions chinoises
Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta avait précédé Barack Obama et Hillary Clinton en Thaïlande jeudi, pour renforcer les liens militaires dans une région, désormais centrale pour la politique étrangère des Etats-Unis face aux ambitions chinoises. Leon Panetta a ainsi promis de maintenir une présence durable en Asie-Pacifique, selon une déclaration commune américano-thaïlandaise adoptée jeudi, qui souligne le rôle de leader régional de la Thaïlande.
Le dernier texte commun entre les deux pays date de 1962, lorsque Washington promettait à Bangkok de l'aider à se protéger contre une agression communiste.
Washington cherche à contrebalancer l'influence de Pékin, qui a des différends territoriaux avec ses voisins japonais et d'Asie du sud-est sur des archipels en mer de Chine, menaçant ainsi la sécurité des routes maritimes internationales.
Les liens militaires avec la Thaïlande datent de l'époque de la guerre de Corée dans les années 1950 mais avaient été suspendus pendant un an après le coup d'Etat de 2006.
Nous avons une excellente coopération opérationnelle avec les Thaïlandais et ce que nous essayons de faire est de retrouver l'aspect stratégique, a indiqué un cadre du Pentagone sous couvert de l'anonymat.
Les bases aériennes et les ports en Thaïlande sont vitaux pour le réseau militaire américain en Asie, et le Pentagone mène chaque année des exercices militaires avec Bangkok, dont l'opération Cobra Gold qui a impliqué l'an dernier 13.000 soldats de 24 pays.
Pour la première fois, la Birmanie pourrait être invitée en tant qu'observateur de cette opération l'an prochain, nouveau signe du rapprochement entre Naypyidaw et Washington.

Mais l'atmosphère est aujourd'hui excellente. "Les alliés constituent la pierre angulaire de nos efforts de rééquilibrage en Asie", a expliqué Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité du président, notant que ce rééquilibrage asiatique constituerait "une partie cruciale du second mandat du président et en fin de compte son héritage en matière de politique étrangère".
Les bases aériennes et ports de Thaïlande sont vitaux pour le réseau militaire américain, et le Pentagone y mène chaque année des exercices, dont l'opération "Cobra Gold" qui a impliqué l'an dernier 13.000 soldats de 24 pays.
Pour la première fois, la Birmanie pourrait y être invitée en tant qu'observateur l'an prochain, un signe parmi d'autres du rapprochement entre les Etats-Unis et ce pays asiatique.

Visite historique en Birmanie
Le chef de l'Etat va devenir le premier président américain en exercice à se rendre à Rangoun, l'ancienne capitale d'un pays il n'y pas si longtemps honni pour la dureté de son régime militaire et désormais engagé dans un authentique processus de démocratisation.
Un rendez-vous avec l'Histoire que certains groupes de défense des droits de l'Homme jugent prématuré, mais qu'Obama a défendu, expliquant que sa visite ne constituait pas un blanc-seing au gouvernement du président Thein Sein.
Si le pouvoir a montré une "volonté claire de mener de nouvelles réformes" politiques, "je ne pense pas que quiconque soit dans l'illusion que la Birmanie y soit déjà parvenue" , a-t-il relevé. Le président américain a estimé que sa visite était une manière de "reconnaître qu'il se passe quelque chose (...) que personne n'avait imaginé".
A Rangoun, Obama doit rencontrer son homologue Thein Sein, qui a multiplié les réformes depuis la dissolution de la junte en mars 2011, et l'opposante Aung San Suu Kyi, dont le nouveau statut de députée est l'un des symboles des changements spectaculaires en cours.
Il prononcera ensuite un discours à l'université de Rangoun, haut-lieu des mouvements étudiants à l'origine notamment des émeutes de 1988. La dure répression qui avait suivi avait entraîné l'isolement international de la Birmanie pendant deux décennies.

Barack Obama doit se rendre lundi soir à Phnom Penh au terme de sa courte étape birmane, pour assister au sommet de l'Asie de l'Est. Avant de rentrer aux Etats-Unis où l'attend un agenda intérieur particulièrement chargé.
Lors de son premier mandat, Obama a fait de l'Asie-Pacifique le "pivot" de sa diplomatie, supposant une plus grande coopération militaire avec ses alliés de la région et un redéploiement de la plus grande partie de la flotte américaine vers l'Océan pacifique d'ici 2020.
Il a donc logiquement choisi l'Asie du sud-est pour son premier voyage depuis sa réélection, et son cinquième sur le continent depuis sa prise de fonction en 2009, dans un contexte tendu par les ambitions territoriales chinoises.

Lire aussi l'article d'Asie-Info.fr L’escale d’Obama en Thaïlande : renforcer les points de repère et aussi Un faux Obama visite une fausse Thaïlande

(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) lundi 19 novembre 2012

Bangkok
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