Alger

ABDELMALEK SELLAL- "L’exploitation du gaz de schiste n’est pas dans notre programme"

 

Le gouvernement d'Abdelmalek semble avoir cédé devant la mobilisation  anti-gaz de schiste des populations du sud du pays.

Le gouvernement algérien a finalement cédé face à une importante mobilisation de la population des villes du sud du pays contre l’exploitation de cette énergie non conventionnelle. "L’exploitation du gaz de schiste n’est pas dans le programme du gouvernement. Elle n’est pas à l’ordre du jour. La loi est claire. L’octroi des licences d’exploitation doit être validé par le conseil des ministres. Et jusqu’à présent aucune licence d’exploitation n’a été délivrée", a affirmé le premier ministre, Abdelmalek Sellal qui a été l’invité, hier soir, de l’émission Hiwar Essaa (Le débat de l’heure) de la télévision nationale (ENTV). Devant l'ampleur prise par le mouvement anti-gaz de schiste au sud, M.Sellal a tenté, pendant plus de 30 minutes, à rassurer l’opinion. Selon lui, les puits de la discorde qui ont été creusés par la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, dans le bassin d’Ahnit, près d’In Salah "sont destinés aux études". "Les deux puits sont pour l’expérimentation afin d’évaluer les réserves algériennes en matière de gaz de schiste. Nous arrêterons l’opération après la réalisation du deuxième puits. Ensuite les études vont durer au minimum quatre ans", a-t-il précisé. Et au Premier ministre d’affirmer que l’exploitation de ce gaz non conventionnel ne pourrait intervenir avant 2022 ou bien 2030, délai estimé pour l’épuisement des réserves actuelles du gaz conventionnel.

"Je le dis et je le répète : Il n’y a pas d’exploitation de gaz de schiste. Ce n’est pas dans le programme du gouvernement. Mais Sonatrach doit acquérir les techniques d’exploitation du gaz de schiste. Nous ne maitrisons pas la technologie. Jusqu’à 2022, nous lancerons des études pour connaître nos réserves exactes de gaz de schiste. Nous allons même réaliser un institut pour le gaz de schiste qui sera implanté à In Salah", a-t-il insisté.

Un gouvernement de dialogue

Interrogé sur les craintes exprimées par les protestataires sur le risque de pollution de la nappe phréatique, le premier ministre a assuré que cette question est aussi une préoccupation de son gouvernement. "Pour nous et pour tous les algériens, l’eau est plus chère que le gaz. La nappe phréatique sera protégée. Même pour les deux puits en question, Sonatrach a récupéré les eaux utilisées dans la fracturation , a-t-il soutenu. Et d’ajouter: "nous sommes un gouvernement de dialogue. Nous n’avons aucun complexe. Le dialogue doit se poursuivre avec tous. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. On doit répondre à leurs interrogations. Mais on ne doit pas cacher la vérité".

Ce qui ne l’a pas empêché de justifier l’intérêt de son gouvernement pour le gaz de schiste dont l’exploitation, a-t-il dit, est déjà en cours dans 10 pays, tout en brandissant l’argument de l’augmentation substantielle de la consommation nationale en gaz. "Nous consommons beaucoup de gaz. Ce qui veut dire que le niveau de vie a augmenté en Algérie. Nos efforts vont à l’exploitation des hydrocarbures conventionnels. Mais nous pensons aux futures générations. On doit se préparer. Nos réserves nationales d’hydrocarbures ne suffiront pas au-delà de 2027", a-t-il averti.

Simple recul tactique alors du gouvernement sur cette lancinante question de l’exploitation du gaz de schiste ? Apparemment, oui.

Amar Chaabane (www.lepetitjournal.com/alger) Jeudi 22 janvier 2015

 
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